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Tenerife : Le PSOE dénonce l’exclusion des experts du plan du Teide

Une commission de suivi sous le feu des critiques

Le Cabildo (conseil insulaire) de Tenerife a exclu les scientifiques, les environnementalistes et d’autres groupes extérieurs au gouvernement de coalition (CC et PP) de la commission technique de suivi pour le développement du Plan Rector de Uso y Gestión (PRUG) du parc national du Teide. Le Groupe Socialiste réclame la présence dans cet organe nouvellement créé de l’opposition politique, dont le PSOE est la force majoritaire avec 11 conseillers, ainsi que de tous les acteurs impliqués dans le document.

Les trois objectifs centraux de l’opposition socialiste

Les socialistes avancent trois objectifs principaux. Premièrement, délégitimer le PRUG approuvé, estimant qu’il “ne naît pas du consensus scientifique, social ou environnemental nécessaire pour un espace classé au Patrimoine Mondial”. Deuxièmement, “exiger un nouveau Plan alternatif”, basé sur une “durabilité réelle, le contrôle de la capacité d’accueil et un aval technique”. Enfin, “corriger la conception institutionnelle” de la Commission Insulaire du Teide, qui “exclut actuellement des acteurs clés de la gestion du parc”.

L’exclusion des connaisseurs du parc pointée du doigt

Le point critique mis en avant par les socialistes est “l’exclusion de ceux qui gèrent et connaissent le parc”. En ce sens, “en sont exclus les collectifs scientifiques, universitaires, de conservation, de randonneurs et les entités directement liées à la gestion et à l’utilisation du parc”. Pour le PSOE, “l’esprit même du Plan Rector est bafoué dans la pratique, lui qui reconnaît dans son programme 7.5 la nécessité de coordination institutionnelle et de relation avec l’environnement”.

Une motion déposée en séance plénière

Le Groupe Socialiste a porté sa proposition en séance plénière par une motion. Celle-ci rejette le nouveau Plan du Teide, approuvé par le Décret 182/2025 du 1er décembre, car il “n’a pas été le résultat d’un processus de consensus” et, par conséquent, “ne bénéficie pas du soutien de la communauté scientifique, universitaire, environnementale et des randonneurs, ni même du directeur conservateur du parc national [Manuel Durbán]”. La proposition demande que le Cabildo de Tenerife exhorte le Gouvernement des Canaries à “élaborer et approuver un PRUG alternatif pour le parc national du Teide” qui jouisse du “soutien social, scientifique et environnemental de l’île de Tenerife”.

Une demande de participation élargie

Le PSOE demande également la modification de la Commission Insulaire de Suivi et de Coordination créée le 27 octobre dernier pour la mise en œuvre du Plan Rector du Teide. L’objectif est d'”y permettre la participation de tous les partis politiques représentés dans l’hémicycle de la Corporation Insulaire”, ainsi que des “collectifs ou associations ayant des intérêts dans la gestion du Parc National”. De plus, le PSOE exige que le Cabildo s’engage à “abandonner la politique propagande basée sur de fausses annonces et des idées sans fondement technique” pour commencer à gérer le parc “avec la rigueur que mérite notre lieu le plus emblématique”.

Un contexte de défis non relevés

Le Groupe Socialiste inscrit sa motion dans un contexte structurel préoccupant : “Plus de 5 millions de visiteurs annuels prévus, un modèle de gestion ancré dans des schémas dépassés, ou le rejet répété par CC, PP et Vox d’outils comme l’écotaxe finale ou le contrôle effectif de la capacité d’accueil”. Pour le PSOE, “le nouveau PRUG n’affronte pas ces défis”, mais “consolide une exploitation intensive du parc en ignorant les avertissements de la communauté scientifique”.

Le point de vue d’un conseiller socialiste

Javier Rodríguez Medina, conseiller du PSOE et ancien responsable du domaine du Milieu Naturel lors du mandat précédent, considère “indécent” ce qui se fait au Teide et le fait qu’un lieu si emblématique pour Tenerife “soit malmené de façon si virulente”. Il estime que le Plan Rector de Uso y Gestión “était appelé à être le document sur lequel s’appuyer pour une nouvelle stratégie de mobilité et de visites”, mais qu’il “est devenu tout le contraire”, un “boulet pour le Parc National du Teide lui-même”.

Il approfondit l’idée que le plan “représente un élément de discorde qui n’a servi qu’à rassembler toutes les sensibilités opposées à ce document”. Il énumère : “les randonneurs, les visiteurs, le secteur audiovisuel, le directeur conservateur lui-même qui ne s’est pas prononcé en sa faveur, ou les environnementalistes”. En résumé, “ils ont réussi à rassembler toutes les sensibilités contre ce document et, de plus, ils ont commis l’erreur de ne pas savoir écouter par orgueil”.

Une commission jugée fermée et un symbole fort

Concernant la commission, le conseiller socialiste argumente : “Ils ont créé une commission interne du Cabildo pour la mise en œuvre du nouveau Plan et n’ont tenu compte d’aucune autre sensibilité”, c’est-à-dire “ni collectifs, ni associations, ni clubs, ni fédérations, absolument personne”. Pire, “il n’y a même pas le Parti Socialiste, pourtant le plus représenté dans l’Hémicycle”. “Ils ne veulent pas entendre d’opinions contraires et c’est un symptôme d’orgueil”, assène Javier Rodríguez.

Il ajoute que “cette commission de suivi devrait être présidée par Rosa Dávila en tant que présidente du Cabildo”, mais qu'”elle a préféré déléguer au vice-président et conseiller à la présidence, José Miguel Ruano”. “Pour nous, c’est dramatique”, résume le porte-parole environnement du PSOE au Cabildo. À ses yeux, “si la présidente a le temps d’inaugurer la crèche de Noël mais ne le consacre pas au Teide, notre lieu le plus prestigieux et à la plus grande valeur environnementale, à quoi sert-elle ?”. Rodríguez Medina conclut que “c’est extrêmement grave et nous considérons que cela revient à dévaluer et maltraiter le parc national”.

Une impugnation politique du modèle de gouvernance

Au final, le PSOE cherche à “forcer un virage profond dans la gestion du Parc National du Teide”, en remettant en cause “tant le contenu” du nouveau Plan Rector approuvé par le Gouvernement des Canaries que “la forme” dont le Cabildo le met en œuvre. La motion “n’est pas seulement technique, c’est une impugnation politique du modèle de gouvernance choisi par Rosa Dávila et son gouvernement”. L’hypothétique accord prévoit de “transmettre” la motion au Gouvernement des Canaries, aux mairies de l’île et aux autres institutions faisant partie du Conseil d’Administration du Parc National du Teide.

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