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Canaries : 100 millions pour les mineurs migrants, un financement sous tension

Un financement accueilli avec des réserves

Les îles Canaries accueillent avec une satisfaction mitigée le transfert de 100 millions d’euros approuvé par décret royal par le ministère espagnol de la Jeunesse et de l’Enfance pour la prise en charge des mineurs migrants non accompagnés dans l’archipel. Le gouvernement régional souligne que ces fonds, présentés par le ministère comme un transfert extraordinaire destiné à couvrir les dépenses de 2025, correspondent en réalité à des enveloppes déjà prévues : 50 millions pour 2025 et 50 autres pour 2026.

Une avance qui ne compense pas les efforts régionaux

“Aujourd’hui, nous avons ces 100 millions, mais combien la Communauté Autonome a-t-elle dû investir pour cette fin ?”, a interrogé la conseillère au Bien-être social, à l’Égalité, à la Jeunesse, à l’Enfance et aux Familles, Candelaria Delgado, ce mardi 16 décembre, après l’approbation de la mesure en Conseil des ministres. L’annonce intervient dans un contexte de tension budgétaire. L’enveloppe arrive en fin d’année, après que les Canaries aient déjà déboursé, selon la conseillère, près de 190 millions d’euros pour la prise en charge de ces mineurs.

Delgado a précisé que la mesure “implique que les 50 millions de l’année prochaine sont anticipés, ce qui permettra d’avoir un financement stable dès le début de l’exercice”. Cependant, au-delà de compenser les dépenses déjà assumées par la région, ces fonds seront investis pour faire face aux coûts prévisibles de l’année à venir.

La promesse non tenue de 2024

La situation est d’autant plus critique pour les Canaries que le gouvernement central, selon les critiques de la conseillère, s’était engagé en octobre 2024 à transférer 100 millions d’euros supplémentaires pour faire face à la crise migratoire. Des fonds qui “ne sont jamais arrivés”, alors qu’à l’époque, l’exécutif régional les avait qualifiés de “bouffée d’oxygène” pour un archipel assumant seul l’urgence migratoire.

Des fonds pour une prise en charge globale

Le décret royal approuvé ce mardi prévoit le financement d’investissements liés à l’hébergement, l’alimentation, l’habillement, le soutien psychosocial et juridique, les soins médicaux, l’accompagnement socio-éducatif, les services de traduction et d’identification, ainsi que la prise en charge des profils vulnérables. “De même, pourront être incluses dans cette enveloppe les actions visant à améliorer les possibilités d’insertion socio-professionnelle, l’accès au logement, l’accompagnement psychosocial et l’orientation juridique des migrants majeurs qui ne sont plus sous la tutelle des administrations publiques”, a indiqué le ministère de la Jeunesse et de l’Enfance.

Une protection pour plus de 4 500 mineurs

L’enveloppe “a pour objectif de garantir une protection adéquate des migrants mineurs en situation de délaissement qui se trouvent dans la Communauté Autonome”, a assuré le département dirigé par Sira Rego. Selon les données les plus récentes, les Canaries prennent en charge plus de 4 500 enfants et adolescents migrants non accompagnés. Dans ce contexte, Rego a souligné que son équipe avait “amélioré les mécanismes d’accueil, en multipliant l’investissement public destiné aux soins, à l’inclusion et à l’accompagnement” de ces mineurs.

Une inquiétude pour l’après-mars 2026

Ces déclarations ne suffisent pas à rassurer pleinement les autorités canariennes. L’exécutif régional a commencé à analyser le contenu du décret royal et exprime son inquiétude quant au fait que sa validité ne s’étende que jusqu’au 19 mars 2026. “Il faut voir comment nous continuons, ce qui se passe une fois ce 19 mars passé. C’est une question que nous avons mise sur la table”, a averti la conseillère Delgado.

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