« Appelez la police, s’il vous plaît » : l’appel à l’aide d’une employée d’hôpital
« Appelez la police, s’il vous plaît ». C’est la demande d’aide qu’une auxiliaire administrative de l’Hôpital Universitaire Materno Infantil de Canarias a dû lancer à la patiente qu’elle assistait par téléphone. Son objectif : tenter de mettre fin à l’agression sexuelle qu’elle venait de subir de la part d’un collègue de bureau. Ces faits, survenus le 8 février 2023, figurent dans la plainte déposée par la victime et sont actuellement instruits par le tribunal d’instruction numéro 6 de Las Palmas de Gran Canaria.
Un climat de travail dégradé et des commentaires sexistes
L’employée avait déjà noté, depuis le début de son exercice dans l’établissement, une familiarité excessive de la part de l’administratif L.B.F. Ce dernier leur montrait fréquemment, à elle et à une autre collègue, des mèmes et des photos de ses animaux de compagnie. Il tenait également des commentaires machistes et sexistes sur le lieu de travail, tels que « ici il faut porter une jupe », « où vas-tu te changer ? » ou « les femmes doivent être à la maison ». Mais c’est à 14 heures précises, le jour des faits, que tout a basculé.
Le déroulement de l’agression présumée
La plaignante était en train d’attribuer des rendez-vous aux guichets de l’hôpital, un espace qu’elle partageait avec son agresseur présumé – qui appartenait alors au moins au service de pédiatrie – et un troisième employé. À 14h05, elle met son casque pour parler avec une patiente. La victime, représentée par le cabinet Vokse Abogados, a déclaré devant le tribunal que l’homme mis en cause s’est levé de son siège et s’est dirigé vers son bureau. Elle n’y a pas prêté une attention particulière, car un placard où elle rangeait du matériel de bureau et des effets personnels se trouvait à côté.
Cependant, lorsqu’elle s’est retournée pour poursuivre l’appel, elle a senti qu’il l’attrapait par derrière, l’immobilisant et lui causant une douleur au cou. L’auxiliaire l’aurait encouragée à continuer à parler, mais elle lui a demandé de relâcher son étreinte. Le présumé agresseur aurait profité de sa position pour lui toucher les parties intimes à au moins deux reprises, selon les éléments de la plainte.
La tentative de se libérer et l’appel désespéré à la patiente
La femme a tenté de l’arrêter, activant et désactivant le haut-parleur pour qu’il voie qu’une patiente était à l’autre bout du fil. Finalement, elle a dû projeter l’homme violemment vers l’arrière pour briser la pression qu’il exerçait sur son cou, réussissant ainsi à se libérer. C’est à ce moment-là qu’elle a demandé de l’aide à son interlocutrice et lui a indiqué qu’elle venait de subir une agression sexuelle. La patiente a mis un peu de temps à répondre, expliquant qu’elle était avec son fils, mais l’administrative l’a suppliée de lui raconter la situation et de passer l’appel aux forces de l’ordre.
Un témoin potentiel et l’absence de réaction immédiate
La victime a assuré qu’à un moment de l’agression présumée, et au moment où elle a donné le coup de coude pour se libérer, elle a vu le troisième collègue de bureau tourné vers eux avec son téléphone portable à la main. Néanmoins, lorsqu’elle a raconté les faits à la patiente, le présumé agresseur était en train de tousser bruyamment. Après les faits, ce dernier est retourné à son siège et est resté sur place encore dix minutes. Elle, après être restée seule, a décidé d’appeler le numéro de sécurité pour signaler l’agression, mais selon sa déclaration, il n’y a eu aucune intervention.
Les suites de l’agression et le changement de poste
Quelques minutes plus tard, son collègue est revenu chercher quelque chose et lui aurait demandé « qui était la putain de patiente ». La semaine suivante, l’administrative s’est rendue chez le médecin pour des douleurs au cou et une inflammation au ventre, et a raconté les événements à sa doctoresse. Le jour même, elle a demandé à son supérieur un changement de poste, qui a mis plus d’un mois à se concrétiser.


