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Cuna del Alma : plainte contre le gouvernement des Canaries

Une plainte administrative contre le gouvernement des Canaries

Les collectifs et particuliers qui avaient porté plainte contre les promoteurs de Cuna del Alma et contre le maire d’Adeje ont annoncé qu’ils déposeront ce lundi une plainte en voie administrative contre le gouvernement des Canaries. Ils l’accusent d’avoir joué un rôle “actif et déterminant” dans les destructions environnementales et historiques, jugées irréparables, de ce projet touristique situé à Puertito de Adeje, dans le sud de Tenerife.

Une autorisation exceptionnelle vivement contestée

Selon un communiqué du collectif, la plainte vise la Direction Générale du Littoral et de la Gestion de l’Espace Maritime du gouvernement régional. Elle lui reproche d’avoir “exceptionnellement autorisé l’occupation de la bande de protection du domaine public maritime-terrestre pour des usages touristiques privés de luxe”, en justifiant cette décision par une “prétendue convenance pour le modèle touristique canarien”. Pour les plaignants (Tagoror Permanente Rotativo, Rebelión Científica Canarias, Juan Francisco Galindo, La Gaveta 20A et l’Assemblée Revendicative Canarienne-ARCAN), cette décision fait du gouvernement des Canaries un “complice nécessaire de la destruction environnementale, littorale et patrimoniale” en cours à Adeje.

Un intérêt public prévalent non démontré

Les dénonciateurs rappellent que l’occupation de la bande de protection du littoral est une “mesure tout à fait exceptionnelle” selon la réglementation du Littoral, qui ne peut se justifier qu’en présence d’un “intérêt public prévalent réel, motivé et attesté”. Or, dans ce cas, soulignent les collectifs, l’autorisation est accordée pour des “installations privées de haut standing (piscine et restaurant)”, et ce “dans l’une des communes les plus saturées touristiquement et urbanistiquement des Canaries”, où les prix du logement sont les plus élevés de l’archipel et le littoral déjà profondément artificialisé et saturé.

“Loin de répondre à l’intérêt général, cette autorisation aggrave les déséquilibres territoriaux, sociaux et environnementaux existants, approfondissant un modèle touristique prédateur largement remis en cause par la population canarienne”, ajoutent-ils.

Une “coartada” pour le tribunal ?

De l’avis des plaignants, avec ces autorisations partielles, “le gouvernement des Canaries offre au tribunal d’Arona une coartada minimale pour le classement initial d’une plainte pénale” pour de possibles délits environnementaux et urbanistiques très graves. “Une plainte que mènent des collectifs sociaux et écologistes en défense des Canaries, que le gouvernement des Canaries boycotte et trahit lâchement”, affirment-ils.

À l’instar des plaignants, le parquet a également fait appel de l’ordonnance qui a classé, en à peine quatre pages, la cause pénale. Cette enquête, ouverte en novembre, vise à déterminer si des responsables publics, des techniciens et des promoteurs de Cuna del Alma ont commis des délits contre l’aménagement du territoire et l’environnement, des faux en écriture et de la prévarication, entre autres, dans le traitement de cette initiative polémique.

Une plainte à large diffusion

La plainte collective sera présentée ce lundi devant le ministère des Travaux Publics, du Logement et de la Mobilité du gouvernement des Canaries, dont dépend directement la Direction Générale du Littoral. Elle sera également transmise à l’Agence de Protection du Milieu Naturel du gouvernement des Canaries, compétente pour paralyser les travaux ; au Cabildo (conseil insulaire) de Tenerife, car l’espace spécialement protégé de La Atalaya est affecté ; au Parlement des Canaries, pour que les députés exercent un contrôle sur le gouvernement ; et au ministère espagnol pour la Transition Écologique et le Défi Démographique (MITECO), l’affaire concernant directement l’application de la réglementation étatique fondamentale du Littoral qui n’est pas respectée.

Les collectifs signataires exigent la révision immédiate de l’autorisation accordée, l’adoption de mesures conservatoires paralysant les atteintes au littoral et au patrimoine, et la mise en cause des responsabilités administratives.

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