Une condamnation ferme pour la protection de la biodiversité
Le tribunal pénal numéro 3 d’Arrecife, à Lanzarote, a rendu une sentence ferme et sans appel contre un citoyen, H.H., reconnu coupable d’un délit contre la flore et la faune pour avoir pêché un spécimen d’ange de mer (Squatina squatina) en 2023. Cette espèce de requin est en danger critique d’extinction et est strictement protégée par la législation des îles Canaries, de l’Espagne, de l’Union européenne et par des conventions internationales.
Les détails de la sentence
La condamnation inclut trois ans d’interdiction spéciale d’exercer le droit de pêche et de chasse, une amende de 18 mois avec une quotité journalière de 8 euros, ainsi que le paiement des frais de justice. Cette affaire a été portée à la connaissance de la justice grâce à la dénonciation déposée en novembre 2023 par l’association environnementale canarienne ADACIS auprès du SEPRONA (Service de protection de la nature de la Garde civile) de Lanzarote. L’association avait eu connaissance de la capture et du dépeçage d’au moins un ange de mer, dont les images avaient été diffusées sur les réseaux sociaux à cette époque.
Un précédent judiciaire important
Il s’agit de la deuxième condamnation dans laquelle ADACIS intervient en tant qu’accusation particulière contre des activités de pêche illégale d’espèces marines protégées. La première avait été obtenue également en novembre 2023 contre une personne qui promouvait internationalement la pêche à Lanzarote de diverses espèces protégées de raies et de requins comme attraction touristique. Le tribunal a établi que l’accusé avait procédé, en connaissance de cause, à la capture d’un ange de mer dans les eaux de Lanzarote, une pratique interdite car contraire à de multiples réglementations de protection.
Un réseau de protection légale dense
La capture viole notamment plusieurs ordres ministériels espagnols, des règlements de l’Union européenne et le Catalogue espagnol des espèces menacées. Ces textes interdisent formellement la capture de cette espèce, qui n’est pas incluse dans la liste des espèces autorisées pour la pêche maritime de loisir.
Une victoire saluée par les défenseurs de l’environnement
ADACIS a salué cette sentence, qu’elle considère comme “un référent légal positif et d’importance pour l’ensemble de la société canarienne, de ses institutions publiques et privées, et pour la protection effective de la vulnérable biodiversité marine des îles et de ses espèces les plus menacées”. L’association souligne que les efforts, investissements et travaux de conservation promus par les administrations et les études scientifiques pour éviter l’extinction de l’ange de mer dans l’archipel “ne peuvent être mis à mal par l’attitude de personnes irresponsables qui portent atteinte à la vie de ces animaux en détruisant gravement le patrimoine naturel canarien”.
L’ange de mer, un pilier écologique et économique
L’association rappelle l’importance capitale de chaque individu : “La vie d’un seul spécimen d’ange de mer peut être décisive pour la survie de l’espèce aux Canaries. Cette espèce joue un rôle essentiel dans l’écosystème marin et côtier et contribue par sa présence à l’économie des îles via son observation dans le cadre d’activités subaquatiques récréatives organisées par de nombreux centres de plongée.”
Un appel à la mobilisation générale
ADACIS estime que cette condamnation constitue un pas de plus dans la protection indispensable de l’ange de mer et d’autres espèces marines protégées, souvent victimes de pêche furtive dans l’archipel. L’association conclut en rappelant que “lutter contre l’impunité des pratiques nuisibles pour la nature marine des îles requiert l’implication ferme des institutions publiques, privées et des citoyens eux-mêmes”. Elle encourage d’ailleurs la population à signaler aux autorités compétentes tout fait similaire constaté sur n’importe laquelle des îles.


