Une agression d’une extrême violence requalifiée
Le Tribunal Supremo espagnol a rendu un arrêt définitif établissant que l’agression subie par une femme de la part de son ex-compagnon à Fuerteventura constitue bien une tentative d’homicide, et non un simple délit de blessures comme l’avait précédemment estimé le Tribunal Supérieur de Justice des Canaries (TSJC). La plus haute juridiction confirme ainsi la condamnation à 14 ans de prison prononcée en première instance par l’Audience Provinciale, une peine que le tribunal régional avait réduite à six ans et demi.
Les faits : une attaque préméditée et acharnée
La sentence rappelle les circonstances particulièrement graves des faits. L’accusé, qui avait entretenu une relation de trois ans avec la victime jusqu’au début de l’année 2021, l’a agressée de manière sournoise et violente. Dissimulant son identité sous une perruque, un masque et une capuche, il a poignardé à plusieurs reprises son ex-compagne avec un couteau en différentes parties du corps. L’attaque n’a pris fin que grâce à l’intervention d’une personne qui a réussi à le maîtriser. Pendant qu’il la frappait, l’agresseur répétait des phrases telles que “Je vais te tuer” ou “Tu as ruiné ma vie”.
Des blessures graves et une longue convalescence
Résultat de cette violence : la victime a subi de multiples plaies et coupures aux mains et au thorax, ainsi que des hématomes et des excoriations compatibles avec l’usage d’une arme blanche. Son rétablissement a nécessité 63 jours de soins, dont 33 ont entraîné un préjudice léger dans sa qualité de vie et 30 un préjudice modéré, attestant de la gravité des séquelles physiques et psychologiques.
Un long parcours judiciaire jusqu’au verdict final
Le parcours judiciaire a été complexe. Après la condamnation initiale pour tentative d’assassinat par l’Audience Provinciale, le TSJC avait partiellement fait droit au recours de l’accusé quelques mois plus tard. Il avait alors révoqué le premier verdict, requalifiant les faits en délit de blessures et réduisant considérablement la peine. La victime s’était pourvue en cassation devant le Tribunal Supremo.
En janvier 2025, la haute cour a annulé la sentence du TSJC, estimant qu’elle présentait de graves défauts, et a renvoyé l’affaire pour un nouveau jugement. En mars de cette année, le tribunal régional a finalement rejeté le recours du prévenu et confirmé la peine de 14 ans de prison ainsi que le versement d’une indemnisation à la victime. L’accusé a de nouveau formé un pourvoi en cassation, conduisant à l’arrêt définitif rendu aujourd’hui.
Ce dernier prononcé du Tribunal Supremo réaffirme sans équivoque la nature de l’acte : il s’agit bien d’une tentative d’assassinat avec les circonstances aggravantes retenues, mettant un point final à cette longue procédure et rétablissant la sévérité de la peine initiale.


