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Canaries : les arrivées de migrants irréguliers en chute de 63% en 2025

Une décennie de crise migratoire marquée par un net recul

Les îles Canaries continuent de concentrer environ un dixième des entrées de migrants irréguliers dans l’Union européenne. Sur l’ensemble de l’année 2025, l’archipel a accueilli près de 17 300 personnes arrivées à bord de cayucos et de pateras, selon les données fournies par l’Agence européenne de garde-frontières et de garde-côtes (Frontex). Ce chiffre représente presque 10% des plus de 170 000 migrants ayant franchi irrégulièrement la frontière européenne. Il s’agit du nombre le plus bas enregistré depuis 2019, année qui a marqué le début de la crise migratoire sur la route atlantique, une crise qui persiste encore aujourd’hui.

Cette baisse est un indicateur clair de la réduction des arrivées dans les îles, qui ont connu une diminution de 63% par rapport à l’année précédente, un chiffre mis en avant par la police des frontières de l’UE. Par ailleurs, cette tendance à la baisse des arrivées de migrants irréguliers se reproduit sur l’ensemble des routes migratoires vers l’Europe, où les entrées ont chuté de 26% en comparaison avec l’année précédente, comme le reflète le rapport annuel de Frontex.

Mali et Senegal, principales nationalités d’origine

En ce qui concerne la provenance des migrants, les données de 2025 sont très similaires à celles de l’exercice précédent. Les nationalités qui dominent la liste des pays d’origine restent le Mali et le Sénégal, qui représentent ensemble plus de 50% des arrivées aux Canaries, avec 30,4% de migrants en provenance du Mali et 28,4% du Sénégal. La principale variation dans ce profil est l’augmentation du pourcentage de migrants guinéens, passé d’un peu plus de 6% en 2024 à près de 12% en 2025.

Selon Chris Borowski, porte-parole de Frontex, ces chiffres reflètent « une dynamique plus large en Afrique de l’Ouest et au Sahel, où des pressions persistantes continuent de déterminer les mouvements migratoires ».

Coopération renforcée et contrôles frontaliers plus stricts

Concernant la baisse des flux migratoires sur la route atlantique, Borowski explique que cette diminution est due, en grande partie, à « une coopération accrue avec les principaux pays de départ, en particulier la Mauritanie ». Il souligne également l’efficacité des contrôles frontaliers, qui se sont intensifiés et sont désormais plus stricts, ce qui a considérablement compliqué les opérations des passeurs.

Le porte-parole de Frontex met aussi en avant le rôle clé d’« une surveillance accrue et de la lutte contre les réseaux de trafic illicite ». Selon Borowski, grâce à ces mesures, « les départs ont été interrompus à la source et il est devenu plus difficile pour les passeurs d’opérer ouvertement dans les pays d’Afrique de l’Ouest ».

Surveillance aérienne depuis le Cap-Vert et prévisions prudentes pour 2026

Tout au long de l’année dernière, Frontex a également mis en œuvre des vols de surveillance aérienne depuis le Cap-Vert, une mesure qui, selon Borowski, a permis d’améliorer la capacité d’observation des mouvements migratoires le long de la côte ouest-africaine. « Nous espérons que cela nous aidera à améliorer notre vision des mouvements, favorisera la détection précoce des activités de trafic illicite et renforcera notre capacité à alerter les autorités nationales en cas d’embarcations en détresse, dans le but de sauver des vies », a expliqué Borowski.

Quant aux prévisions pour 2026, le porte-parole de Frontex se montre prudent. Bien qu’il ne se risque pas à prédire ce qui se passera dans les prochains mois, il assure que les mouvements migratoires restent très sensibles aux conditions locales. Borowski rappelle que les réseaux de trafic illicite ont une grande capacité à s’adapter rapidement aux routes qui se ferment et à chercher de nouvelles façons de poursuivre leurs activités, sans tenir compte de leur dangerosité.

Malgré les efforts pour contrôler les routes existantes, les migrants continuent de fuir des facteurs tels que l’instabilité, la pauvreté et le stress climatique qui affectent toute la région. Pour cette raison, Frontex souligne l’importance de maintenir et de resserrer les liens de coopération avec les partenaires d’Afrique de l’Ouest, car la lutte contre la migration irrégulière est un effort conjoint qui nécessite une collaboration internationale.

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