elus canariens refoules sahara occidental maroc

Des élus canariens interdits d’entrée au Sahara Occidental par le Maroc

Une mission d’observation des droits humains avortée

Les autorités marocaines ont empêché, ce mardi, de débarquer à El Aaiún, la capitale du Sahara Occidental, la députée espagnole de Podemos Noemí Santana et le conseiller à la Solidarité Internationale du Cabildo (gouvernement insulaire) de Gran Canaria, Carmelo Ramírez. Selon un communiqué de Podemos, les deux élus, membres de la coalition Nueva Canarias, font route de retour vers l’aéroport de Gran Canaria. Leur objectif était de rencontrer des représentants sahraouis pour constater la situation sur ce territoire et les violations des droits humains qu’ils imputent au Maroc.

Dénonciation d’un “acte arbitraire” et de la “connivence” espagnole

Podemos Canarias dénonce cette action comme “une violation flagrante des droits humains, une démonstration supplémentaire de l’occupation illégale et du pillage des ressources du Sahara Occidental”. Le parti critique également “la connivence du gouvernement de Sánchez avec la monarchie marocaine et son alliance avec le trumpisme international”. Podemos affirme que sa secrétaire générale dans l’archipel a été “retenue sans explication à l’atterrissage à El Aaiún et finalement empêchée de poursuivre sa mission dans le Sahara occupé”, un acte qualifié d'”arbitraire”. “La mission avait pour objectif de documenter in situ la situation des droits humains après la dernière offensive répressive des forces marocaines dans les territoires occupés”, a ajouté le parti.

Vingt minutes de rétention dans l’avion sans justification

À son arrivée à l’aéroport de Gran Canaria, Noemí Santana a raconté avoir été retenue “pendant 20 minutes dans l’avion sans aucun type de justification par des forces d’occupation marocaines qui ne se sont à aucun moment identifiées”, malgré leurs demandes. “Nous leur avons fait savoir que certains d’entre nous sommes des représentants publics dans des institutions des Canaries et que nous arrivions simplement pour faire notre travail d’observation du respect du droit international et, surtout, des droits humains, sachant qu’ils sont bafoués chaque jour sur ce territoire, où nous avons 35 personnes qui ont été emprisonnées pour des raisons politiques”, a critiqué la députée.

Des droits “piétinés” et la promesse de revenir

Santana a assuré qu’ils déposeraient les plaintes nécessaires dans les instances compétentes, estimant que leurs droits ont été violés. “J’ai vécu en première personne comment on piétine des droits sans même descendre de l’avion”, a-t-elle déclaré, déplorant les conséquences pour “les personnes qui sont sur le territoire à lutter pour la souveraineté du Sahara, qui a été usurpée par l’envahisseur marocain”. La députée a regretté de ne pas avoir pu mener à bien son programme de rencontres avec la société civile et les activistes sahraouis, mais a garanti qu’ils retourneraient au Sahara Occidental.

Un témoignage contre “50 ans d’occupation violente”

Carmelo Ramírez, qui préside la Fédération espagnole des Institutions Solidaires avec le Peuple Sahraoui, a expliqué qu’il se rendait à El Aaiún “pour témoigner de la dénonciation de la violation des droits humains et de l’occupation illégale par le Maroc au Sahara Occidental”. “Le Maroc occupe violemment ce territoire depuis 50 ans, ne respectant pas les résolutions internationales, ne respectant pas le droit à l’autodétermination du peuple sahraoui, et en plus emprisonnant les activistes sahraouis défenseurs des droits humains”, a dénoncé le conseiller insulaire.

La version marocaine : des “activistes hostiles” sans autorisation

L’agence EFE a tenté, sans succès, d’obtenir la version des autorités marocaines. Selon le journal numérique Hespress, les autorités locales ont refusé l’entrée à El Aaiún de “trois activistes espagnols des droits humains hostiles à l’intégrité territoriale”, en référence à Santana, Ramírez et au secrétaire à la Communication de Podemos aux Canaries, Fernando Ruiz, qui les accompagnait. Hespress souligne que ces trois personnes “ont tenté d’exploiter leurs titres publics en matière de droits et leurs qualités professionnelles pour exécuter des plans de soutien aux thèses séparatistes, sans aucun permis ni coordination légale avec les autorités compétentes, en violation claire des lois en vigueur ; ce qui a obligé à traiter leur cas avec fermeté pour protéger la sécurité nationale et sauvegarder la souveraineté du Royaume”.

Un précédent avec des eurodéputés

En février dernier, les autorités marocaines avaient déjà empêché l’accès à El Aaiún d’une délégation d’eurodéputés. Le ministre marocain des Affaires étrangères de l’époque, Nasser Bourita, avait qualifié cette visite de “provocations qui n’ont aucun impact sur le Maroc”. Il avait ajouté que les visites dans le pays étaient “soumises à des procédures organisationnelles claires dans un cadre réglementé, conformément aux lois en vigueur”.

Source

Scroll to Top
Share via
Copy link