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Triple éclipse solaire : l’Espagne et les Canaries dans l’ombre de la Lune

Un trio astronomique exceptionnel pour l’Espagne

Le Soleil se pare de ses plus beaux atours pour recevoir un triple étreinte de la Lune dans les années à venir. Cependant, cette année, la rencontre traditionnelle entre les deux astres pourra être contemplée depuis un endroit très inhabituel : l’Espagne. En effet, les éclipses solaires totales évitent la zone géographique espagnole depuis un siècle. C’est pourquoi, face à l’ampleur de l’événement, les différents centres et institutions scientifiques espagnols se mobilisent pour accueillir comme il se doit cet incroyable phénomène naturel.

Les trois rendez-vous marqués au calendrier

Trois dates sont à retenir : le 12 août 2026, le 2 août 2027 et le 26 janvier 2028. Les deux premières seront des éclipses totales et la dernière sera annulaire – la Lune passe devant le Soleil mais apparaît plus petite et ne le couvre pas complètement. Pour la première date, le phénomène astronomique sera visible dans sa totalité dans des localités du nord de l’Espagne continentale comme La Corogne, Pampelune ou Burgos. L’événement se produira peu avant la tombée de la nuit.

À Tenerife, un « grand croquet » partiel

À Tenerife, la Lune ne parviendra pas à couvrir entièrement le Soleil, mais on pourra apercevoir un important « croquet » de notre satellite sur l’astre roi, il s’agira donc d’une éclipse partielle. Des dizaines d’activités de vulgarisation et scientifiques sont prévues pour cette journée. Comme le souligne Eva Villaver, sous-directrice de l’Institut d’Astrophysique des Canaries (IAC), « c’est une occasion unique pour que les gens observent le Soleil et se familiarisent, en même temps, avec le quotidien de la science ».

Une mobilisation nationale et éducative

La Commission Nationale de l’Éclipse – dans laquelle sont représentées des associations astronomiques, des centres de recherche en astrophysique et le gouvernement espagnol – est responsable de leur coordination et de leur réalisation. Depuis les Canaries, l’astrophysicienne et vulgarisatrice de l’IAC, Nayra Rodríguez, qui fait également partie de la Commission, prépare plusieurs activités pour ce rendez-vous. « Nous sommes sur le point de lancer une formation ouverte au format Moodle destinée aux enseignants pour qu’ils puissent, à leur tour, présenter les contenus à leurs élèves », explique Rodríguez. Cette formation de cinq semaines se fera via l’Institut National des Technologies Éducatives et de la Formation des Enseignants (INTEF).

Parallèlement, la Commission élabore des ressources pédagogiques accessibles à tous les enseignants du pays pour faciliter les séances éducatives. « Nous préparons un site web, qui sortira probablement en février, nous aurons des ressources de vulgarisation et éducatives sur le soleil et les éclipses, ainsi que des contenus, des ateliers et des activités réalisables en classe », insiste Rodríguez. L’objectif final de ces activités est « d’impliquer les gens qui ne le sont généralement pas dans ce type d’événements astronomiques », souligne Villaver.

Le projet NATE : une coopération scientifique entre jeunes

L’Institut d’Astrophysique des Canaries prévoit également diverses activités. Outre l’organisation d’une journée à l’Observatoire du Teide pour profiter de l’éclipse partiel avec un groupe de passionnés d’astronomie, une équipe prévoit de se rendre à Palencia l’été prochain. Cependant, l’initiative qui les enthousiasme le plus est le projet NATE (North African Total Eclipse). « Nous allons former cinq élèves des Canaries et du Maroc pour qu’ils apprennent la science à travers ces observations du Soleil », indique Rodríguez. Les jeunes voyageront cette année à Palencia, aux côtés des scientifiques de l’IAC, pour apprendre les notions de base sur les éclipses et l’utilisation des outils permettant d’obtenir des données pertinentes pendant la minute que dure l’éclipse total.

En 2027, forts de ces connaissances, ces mêmes élèves se rendront au Maroc pour étudier de première main l’éclipse solaire. Concrètement, le projet, réalisé en collaboration avec l’Université Mohammed VI Polytechnique (UM6P) du Maroc, guidera les élèves pour qu’ils apprennent à effectuer un « suivi de l’état de la couronne solaire en chacun de ses points ». En d’autres termes, il s’agit d’analyser des données sur « la variabilité de la couronne solaire à l’échelle de quelques minutes ». La couronne solaire est la partie externe de l’astre roi et c’est aussi là que se génère une importante activité magnétique. Les résultats obtenus pourraient donner lieu à une publication scientifique.

L’éclipse totale de 2027, encore plus spectaculaire

Ce travail se fera lors du prochain rendez-vous de ce calendrier astronomique inhabituel. Le 2 août 2027, la Lune repassera devant le Soleil, mais cette fois, la totalité sera visible depuis le sud de l’Espagne (y compris Ceuta et Melilla, Cadix, Malaga, Grenade et Almería) et le Maroc. Les chercheurs s’attendent à ce qu’il soit encore plus spectaculaire que celui de 2026. En effet, ce phénomène se produira en pleine journée, vers 10h50 du matin, ce qui provoquera une tombée de la nuit plus brutale que dans le cas de 2026. L’éclipse de l’été 2026 se produisant peu avant le crépuscule, l’effet de surprise pourrait être réduit.

Le final en anneau de feu en 2028

Le dernier des éclipses aura lieu le 26 janvier 2028, soit exactement dans deux ans à partir d’aujourd’hui. Dans ce cas, il s’agira d’une éclipse solaire annulaire, ce qui signifie que la Lune ne sera pas assez grande pour couvrir la totalité de notre étoile. La bande d’annularité traversera la péninsule du sud-ouest au nord-est, couvrant une grande partie du territoire national : elle pourra être observée dans presque toute l’Andalousie, la partie sud de l’Estrémadure, Castille-La Manche, certaines zones de la Communauté de Madrid, l’Aragon, Murcie, la Communauté Valencienne, une partie de la Catalogne et les îles les plus occidentales des Baléares. L’éclipse aura lieu en fin d’après-midi, peu avant le coucher du soleil, donc l’élévation du Soleil sera basse et rendra son observation difficile.

Avec cet éclipse se termine la triade des éclipses ibériques. Et il faudra attendre un autre quart de siècle pour que l’Espagne puisse à nouveau contempler un éclipse similaire, en 2053.

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