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Tenerife : l’auditorium Adán Martín attend toujours ses réparations

Un projet enfin reçu, mais le flou persiste

Le Cabildo de Tenerife a affirmé ce vendredi qu’il engagerait les travaux de réparation de l’Auditorio Adán Martín une fois le projet transmis par l’architecte Santiago Calatrava étudié. L’institution insulaire précise avoir reçu ce document le 6 février dernier et promet de prendre les mesures conservatoires nécessaires pour éviter tout dommage à des tiers. Cependant, aucune date concrète n’est avancée pour le démarrage du chantier, alors que les dégradations, détectées pour la première fois en 2017, se sont aggravées avec les récentes pluies.

Un calendrier sans cesse repoussé

Il faut rappeler qu’en 2024, le Cabildo avait déjà annoncé qu’il recevrait le projet avant novembre de cette même année, ce qui ne s’est pas produit. Initialement, ce projet aurait dû être remis en 2023. Cependant, avec l’arrivée de Coalición Canaria à la présidence du Cabildo cette année-là, une prolongation de 18 mois a été accordée à l’architecte, retardant d’autant la résolution du conflit. La principale dispute réside dans le refus de l’architecte d’assumer le coût des réparations, estimé à 24 millions d’euros. Le communiqué diffusé ce vendredi par le Cabildo ne clarifie pas non plus cette question cruciale : qui paiera la facture, les contribuables tinerfeños ou l’architecte ?

Un coût initial déjà explosé

Il est à noter que le coût total de la construction de l’Auditorium s’est finalement avéré trois fois plus élevé que le budget initial. On est ainsi passé de 25 millions d’euros à plus de 75. Quant aux dégâts actuels, leur coût de réparation avait été estimé il y a quatre ans à environ 24 millions d’euros.

Un “pas significatif” après des années de négociations

Dans son communiqué, publié 48 heures après que le média Canarias Ahora ait diffusé de nouvelles photos de l’état du bâtiment – montrant le décollement du « trencadís » (mosaïque de fragments) sur plusieurs zones de la toiture, des infiltrations d’eau et la présence de filets de sécurité –, la corporation insulaire assure que la réception du document de l’architecte valencien « constitue une avancée pertinente dans le processus de négociation mené ces dernières années pour résoudre les problèmes détectés dans le bâtiment et pouvoir commencer les travaux nécessaires à sa réparation ». Elle ajoute que cette réception « représente un pas significatif dans une procédure que la corporation insulaire a impulsée de manière constante dans le but de parvenir à un accord permettant d’exécuter les actions nécessaires pour garantir le bon état de l’immobilier ».

Des défauts connus depuis 2017 et une procédure judiciaire en suspens

Le Cabildo souligne avoir travaillé intensément pour trouver une solution entre les parties afin d’éviter la prolongation du litige judiciaire engagé et de pouvoir aborder au plus tôt les réparations nécessaires. À ce sujet, il rappelle que ses techniciens ont détecté en 2017 des défauts sur de petites surfaces du bâtiment liés au revêtement, au « trencadís », ainsi que des infiltrations d’humidité. Après la fin de la procédure administrative correspondante, le Cabildo a exigé des responsables solidaires – l’architecte Santiago Calatrava, l’UTE (Union Temporaire d’Entreprises) chargée des travaux (intégrée par Acciona Construcción, S.A. et Dragados, S.A.) et les directeurs techniques du chantier – qu’ils procèdent à la réparation des dommages constatés.

Face à cette décision, diverses recours judiciaires ont été déposés et le juge a incité les parties en 2019 à trouver un accord pour mettre fin à la controverse. Cela a conduit en 2019 au début de négociations entre les parties dans le but d’explorer une solution consensuelle possible, si bien que la procédure judiciaire est restée suspendue pendant la durée de ces négociations. Le gouvernement insulaire de l’époque, présidé par le PSOE, avait donné un délai de 19 mois à l’architecte pour présenter son projet. Mais à l’arrivée de Rosa Dávila à la tête de la corporation, et alors que la date limite était sur le point d’expirer, celle-ci a prolongé le délai, sans explications, de 18 mois supplémentaires, reportant ainsi la réhabilitation.

L’opposition socialiste exige des comptes

Après la publication du communiqué du Cabildo, le Groupe Socialiste de la corporation a exhorté la présidente, Rosa Dávila, à exiger de Calatrava qu’il assume le coût des travaux, comme l’avait fait le PSOE durant le mandat précédent. Le groupe a également souligné que la corporation a annoncé cela à de nombreuses reprises et le refait après la publication de déclarations de son porte-parole, Aarón Afonso, évoquant les dégradations du bâtiment.

« Il est frappant que le gouvernement du Cabildo évite de mentionner l’accord que nous avons adopté au conseil de gouvernement en juin 2022, lorsque durant le mandat précédent, un délai de 19 mois a été accordé à Santiago Calatrava pour présenter le projet de réhabilitation de l’Auditorium. Ce délai s’achevait en janvier 2024 », a-t-il ajouté. « C’est pourquoi il est surprenant que la présidente du Cabildo, Rosa Dávila, prétende maintenant présenter comme un succès le fait que ce projet arrive avec plus de deux ans de retard. Ce que cette situation montre, c’est que la gestion du Cabildo sur ce dossier n’est pas assez diligente pour résoudre un problème qui affecte l’un des principaux symboles culturels de Tenerife », a indiqué Afonso.

« Si effectivement le projet a bien été présenté, ce qui correspond maintenant, c’est que le Cabildo clarifie plusieurs questions fondamentales. Premièrement, quand est-il prévu que ce projet soit définitivement approuvé », a poursuivi le porte-parole socialiste, pour qui « surtout, le plus important est de savoir quand commenceront réellement les travaux de réhabilitation de l’Auditorium de Tenerife ». « Et il est aussi indispensable de connaître quel sera le coût de ces travaux et qui devra finalement l’assumer : le Cabildo lui-même ou l’architecte responsable du projet », a estimé Afonso. Le groupe Socialiste, a-t-il ajouté, « exige de la clarté et de la responsabilité depuis le mandat précédent et nous continuons à le faire maintenant, parce que ce dont Tenerife a besoin, ce ne sont pas des annonces, mais des solutions concrètes et des délais clairs pour résoudre définitivement les problèmes de l’Auditorium ».

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