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Les Parcs Nationaux canariens enregistrent une baisse de fréquentation historique

Une première baisse en cinq ans pour les joyaux naturels des Canaries

Le Teide, Timanfaya, Garajonay et La Caldera de Taburiente ont reçu l’année dernière un total de 8,2 millions de visiteurs, soit 166 750 de moins que l’année précédente. Les Parcs Nationaux des Canaries ont ainsi réduit, pour la première fois en cinq ans, la pression anthropique qui, dans des cas comme celui de Las Cañadas del Teide, est l’une des circonstances menaçant d’un effondrement imminent son écosystème. La communauté scientifique considère cette baisse comme “porteuse d’espoir”, mais rappelle que cette réduction, d’à peine 2%, doit se poursuivre et être bien plus importante pour éviter la dégradation de ces joyaux naturels de l’Archipel.

Le Teide, un géant sous pression extrême

Comme le révèlent les données actualisées fournies par le ministère de la Transition écologique pour l’année 2025, cette baisse de visiteurs s’est particulièrement fait sentir au Teide qui, après avoir supporté la pression de 5,1 millions de personnes en une seule année, a perdu 129 444 visiteurs. Néanmoins, et malgré cette diminution, le fragile écosystème du Teide continue de supporter chaque jour la visite de 14 000 personnes, une affluence qui atteint son pic maximum en août, lorsque plus de 15 000 personnes peuvent transiter chaque jour sur les flancs du grand volcan. De fait, à ce jour, le Teide est aussi visité que les quatre Parcs Nationaux des Canaries il y a dix ans. “C’est le Parc National le plus visité d’Espagne et l’un des plus fréquentés au monde”, rappelle l’ingénieur forestier Jaime Coello.

Des chiffres toujours “démesurés”

Pour le directeur de la Fondation Telesforo Bravo-Juan Coello, ces chiffres – aussi diminués soient-ils – restent “démesurés”. Selon Coello, une réduction très sensible de l’affluence serait nécessaire pour diminuer l’impact que ces visites, conjuguées aux effets du changement climatique et des espèces invasives, génèrent sur cet écosystème de haute montagne. Pour le délégué du Conseil supérieur de la recherche scientifique (CSIC) aux Canaries, Manuel Nogales, la baisse de la pression anthropique sur le Parc National du Teide est une bonne nouvelle, mais il estime aussi que le volume de visiteurs quotidiens reste “trop élevé”. Bien qu’aucun expert ne saurait donner un chiffre précis du nombre de visites optimales pour le Teide – ce qui nécessiterait une étude sur sa capacité de charge –, Coello avancerait que ce chiffre devrait au moins être réduit de moitié. Dans une interview à Canarias Radio, l’actuel directeur du Parc National du Teide, José Luis Esquivel, a d’ailleurs averti que le nombre de visiteurs quotidiens devait être réduit au moins de moitié. “Avec la moitié, nous serions dans une meilleure situation”, a-t-il affirmé.

Timanfaya et Garajonay, des dynamiques contrastées

Le Parc National de Timanfaya, à Lanzarote, est le deuxième plus visité des Canaries. La route des volcans a accueilli 1,4 million de personnes. Ce célèbre itinéraire perd ainsi des visiteurs pour la deuxième année consécutive, avec 88 500 visites en moins cette dernière année, ce qui porte le total à 226 000 de moins qu’en 2023 depuis 2024. De fait, Timanfaya n’a pas retrouvé les chiffres d’affluence d’avant la pandémie, lorsqu’il recevait 1,6 million de visites. “Ce parc prépare son nouveau Plan directeur d’utilisation et de gestion (PRUG)”, révèle Nogales, qui insiste sur le fait que l’un des défis de cette nouvelle directive est “d’organiser les visites”. Car si Lanzarote a été pionnière pour limiter l’accès des véhicules privés à son Parc National, elle ne l’a pas fait pour les entrées. “Le bus est très bien, mais à l’entrée, de longues files d’attente se forment et nuisent à la qualité de la visite”, insiste Nogales.

Le troisième parc le plus visité est celui de Garajonay, à La Gomera, qui voit son affluence augmenter cette année, bien que dans une moindre proportion que les années précédentes. Concrètement, en 2025, il a reçu 1,3 million de visiteurs, soit 14 000 de plus que l’année précédente. “Ce qui surprend, c’est à quel point il se rapproche déjà des chiffres de Timanfaya”, souligne Nogales, qui insiste sur la bonne gestion dont bénéficie Garajonay. “Cette année, ils veulent soumettre le PRUG à consultation publique et c’est très bien, il est très ambitieux et constitue un modèle à suivre”, souligne-t-il.

Une fréquentation globale supérieure à l’ère pré-pandémique

À Garajonay et au Teide, non seulement les chiffres d’avant la pandémie ont été retrouvés, mais aujourd’hui, ils sont plus visités qu’avant l’éclatement de la crise du coronavirus. Le Teide reçoit 600 000 personnes de plus par an, ce qui représente une augmentation de l’affluence de 1 800 personnes supplémentaires par jour. Garajonay reçoit aujourd’hui 300 000 personnes de plus par an, ce qui correspond à 950 de plus par jour.

Pour sa part, La Caldera de Taburiente, à La Palma, gagne 37 000 visiteurs et frôle les chiffres pré-pandémiques. En 2025, ce Parc National a accueilli 401 117 visiteurs, soit le chiffre le plus élevé depuis 2019. “Le fait qu’il soit le moins visité nous invite à réfléchir à la gestion de la mobilité”, souligne Coello. Pour le directeur de la Fondation Telesforo Bravo, c’est précisément la facilité à pénétrer dans le parc en véhicule privé qui explique ces fluctuations de chiffres. Rappelons que l’accès au cœur de la Caldera de Taburiente est difficile et doit, pratiquement, se faire à pied.

La clé : une gestion intelligente de la mobilité

Pour cette raison, Coello défend que le modèle à suivre pour améliorer la santé des Parcs Nationaux – et particulièrement celle du Teide – réside dans la gestion de la mobilité. “C’est là que l’on peut le plus diminuer la pression”, insiste l’ingénieur forestier. À son avis, la solution optimale pour obtenir un nombre moindre de visites au point culminant de l’Espagne serait d’organiser le flux de visiteurs avec quatre pôles d’échanges : à Guía de Isora, Vilaflor, La Orotava et La Esperanza. “Ce serait bien plus efficace que de tout centraliser au Portillo Alto”, insiste-t-il.

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