greve educatrices petite enfance canaries 7 mai 2026

Écoles maternelles aux Canaries : grève ce jeudi pour des salaires décents

Une grève historique pour la petite enfance aux Canaries

Ce jeudi 7 mai, les éducatrices de la petite enfance des Canaries, en grève aux côtés de leurs collègues de toute l’Espagne, entendent faire entendre leur voix. « Nous réclamons des salaires décents et une reconnaissance de notre travail », explique Verónica Rijo, l’une des porte-parole de la plateforme créée dans l’archipel pour obtenir des améliorations dans l’éducation des enfants de 0 à 3 ans.

Des revendications précises pour un secteur en crise

Les professionnelles réclament une baisse du nombre d’enfants par adulte (ratios), la mise en place d’un binôme éducatif dans chaque classe, des ressources supplémentaires pour les élèves à besoins spécifiques (NEAE) et de meilleures conditions de travail. « Avec le Salaire minimum, on ne peut pas vivre », insiste Rijo. Et de rappeler que les structures d’accueil ne sont pas de simples garderies, mais qu’elles emploient des professionnelles spécialisées.

Où et quand se dérouleront les mobilisations

Le jeudi 7 mai, les éducatrices se rassembleront le matin à 9 heures devant la Délégation du gouvernement (place de la Feria de Las Palmas de Gran Canaria). L’après-midi, une manifestation est prévue à partir de 17 heures sur la place d’Espagne, sous le slogan « Pour nos droits, pour leur avenir ». À Tenerife, le rassemblement se tiendra devant le siège de la Présidence du gouvernement à Santa Cruz de Tenerife.

Un secteur féminin et essentiel, mais trop souvent invisibilisé

Verónica Rijo précise qu’il y a environ 260 écoles maternelles aux Canaries, toutes engagées dans ce même combat, qu’elles soient publiques ou privées. Le mouvement touche également les écoles dépendant du ministère du Bien-être social du gouvernement des Canaries, dont deux pourraient fermer l’année prochaine. Déjà, des pétitions ont été recueillies contre la fermeture de l’école Las Folías, à Zárate, et une initiative a été déposée au Parlement des Canaries pour que ces établissements passent sous la tutelle du ministère de l’Éducation. « Nous faisons beaucoup de choses qui ne sont pas reconnues. Nous enseignons et nous éduquons, et nous sommes un secteur superessentiel : c’est la base de tout », assure-t-elle.

Le secteur est également très féminisé, ce qui pose des défis spécifiques en matière de conciliation. « Je suis aussi mère et je dois concilier ma vie professionnelle et familiale », souligne Rijo. Elle réclame un calendrier scolaire adapté : « Les enfants plus âgés n’ont pas classe à Noël, ni à la mi-juin ou en juillet, alors que nous travaillons presque toute l’année. Nous n’avons qu’août, et encore, certaines écoles ne l’ont pas et répartissent les vacances différemment. Ces tout-petits ont aussi le droit de se reposer et d’avoir un calendrier scolaire ! »

La Fédération des services aux citoyens de CCOO a appelé tout le personnel du premier cycle de l’éducation infantile (0-3 ans) à se joindre à cette journée de grève contre la précarité. Dans un communiqué, le syndicat dénonce un « modèle fragmenté et inégal » des écoles maternelles aux Canaries et réclame un réseau public avec des conditions de travail décentes, rappelant que quelque 20 000 familles canariennes ont un enfant scolarisé dans ce premier cycle.

La semaine dernière, le Conseil scolaire des Canaries a souligné le déficit de scolarisation des enfants de 0 à 3 ans dans l’archipel. Selon son rapport sur la réalité éducative des Canaries, si le taux de scolarisation national des enfants de moins de deux ans atteint 73,3 %, il n’est que de 45,6 % aux Canaries, avec un taux particulièrement bas dans la province de Las Palmas (37,4 %). Le document insiste sur le rôle clé de cette étape dans le développement global de l’enfant, la prévention des difficultés d’apprentissage et la compensation des inégalités sociales, culturelles et économiques. Il propose notamment de promouvoir la création et la consolidation d’écoles maternelles de 0 à 3 ans, en coordination avec les collectivités locales, et d’étendre progressivement le réseau public, en priorisant les environnements les plus vulnérables et en garantissant l’équité d’accès.

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