Flambée des prix : les Canaries passent à l’action
Le gouvernement des Canaries a annoncé le lancement d’une inspection approfondie visant 78 stations-service réparties sur l’ensemble de l’archipel. L’objectif est de faire la lumière sur la brusque et généralisée augmentation des prix des carburants, intervenue peu après le déclenchement des hostilités en Iran. Manuel Domínguez, vice-président et ministre de l’Économie, a précisé que cette démarche fait suite à une première phase d’analyse et pourrait ouvrir la voie à des sanctions si des irrégularités venaient à être confirmées.
Des inspections ciblées sur une période clé
L’inspection consistera en une demande formelle de documents auprès de ces 78 points de vente, sélectionnés parmi les 499 stations que compte l’archipel. Les autorités cherchent à vérifier si les droits des consommateurs ont été respectés et à comprendre le mécanisme de formation des prix entre le 1ᵉʳ janvier et le 25 mai. Une date cruciale retient particulièrement l’attention : le 28 février, jour de la première attaque contre l’Iran et du blocus du détroit d’Ormuz, a expliqué David Mille, directeur général de la Consommation.
Le « prix fusée » et le « prix plume » pointés du doigt
Manuel Domínguez a souligné que la décision d’ouvrir une enquête se base sur les conclusions de rapports préliminaires, qui mettent en évidence plusieurs « dysfonctionnements » dans le secteur. Le premier est de nature structurelle : on observe ce que les économistes appellent l’effet « fusée et plume ». Concrètement, en situation d’incertitude, les prix grimpent rapidement et de façon spectaculaire en 48 à 72 heures, tandis que leur baisse est bien plus progressive, mettant entre dix et treize jours à se répercuter sur le prix final.
Le second dysfonctionnement est encore plus préoccupant : la hausse des prix a été simultanée chez tous les opérateurs. Or, dans un archipel où quatre enseignes contrôlent à elles seules 76,5 % du réseau de stations-service, cette uniformité interroge. « Les prix peuvent monter, mais en temps normal, ils fluctuent d’un opérateur à l’autre, ce qui n’a pas été le cas ici », a expliqué Domínguez. « Il est possible que les fournisseurs soient les mêmes, ce qui expliquerait un comportement similaire, mais il se peut aussi que d’autres facteurs entrent en jeu. C’est là que le doute s’installe. »
L’enquête, qui doit durer un mois, débutera dès sa publication au Bulletin officiel des Canaries. À son issue, le ministère de l’Économie devra choisir entre classer l’affaire ou, si des preuves d’entente ou d’abus de position dominante sont réunies, transmettre un dossier à l’instance de la concurrence, que ce soit au niveau régional ou national. « Si une conduite irrégulière ou un abus est avéré, nous agirons en conséquence. Nous ne laisserons pas passer une situation qui nuit aux consommateurs canariens », a fermement averti Manuel Domínguez.
Par ailleurs, le vice-président a relativisé l’impact qu’aurait la fin prochaine des aides d’urgence, comme la suppression du taux zéro du IGIC (l’équivalent canarien de la TVA) et la bonification de 99 % pour les transporteurs, prévue pour la fin du mois. Il s’est surtout félicité des « bonnes nouvelles » à l’international, notamment l’espoir d’une fin du conflit et la réouverture du détroit d’Ormuz, qui pourraient faire baisser les prix du brut. « Le prix du baril a commencé à diminuer, mais son effet ne se ressent pas encore à la pompe, ce qui nous préoccupe », a-t-il conclu.
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