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Cuna del Alma : le directeur du Littoral des Canaries entendu par la juge

Synthèse réalisée avec l’aide d’une intelligence artificielle à partir d’informations en espagnol. Source sous l’article.

L’instruction judiciaire qui enquête sur de présumées irrégularités dans la promotion du controversé projet touristique Cuna del Alma, à El Puertito de Adeje, dans le sud de Tenerife, franchit une nouvelle étape : Antonio Acosta, directeur général du Littoral du gouvernement des Canaries, a été entendu comme suspect. Ce haut responsable, nommé par Coalición Canaria, avait autorisé les travaux bien qu’un premier rapport interne les ait rejetés, invoquant l’importance du tourisme pour l’économie de l’archipel pour les défendre.

Une audition attendue devant la juge d’Arona

Antonio Acosta avait été cité en juillet dernier par la magistrate du tribunal d’instruction numéro 1 d’Arona. Devant cette même juridiction ont déjà été entendus comme suspects le chef du service d’aménagement du littoral oriental de l’exécutif régional, Valeriano Díaz, ainsi que le représentant légal et les administrateurs de la société promotrice du projet, Segunda Casa Adeje SL. Deux techniciens du service du Littoral du gouvernement des Canaries ont par ailleurs déposé en qualité de témoins.

Des infractions présumées à l’aménagement du territoire et à l’environnement

La procédure porte sur de présumés délits contre l’aménagement du territoire et l’environnement, en lien avec l’autorisation accordée à Cuna del Alma pour occuper la zone de servitude de protection du littoral, soit la bande de cent mètres à l’intérieur des terres depuis le bord de mer. Dans cet espace étaient en construction un restaurant, une piscine en plein air et un parking pour buggies, entre autres installations, jusqu’à ce que la justice ne paralyse les travaux à la demande du parquet.

Un projet de 420 villas de luxe au cœur d’un espace naturel protégé

La promotrice avait déjà obtenu de la mairie d’Adeje le permis de construire pour une grande partie de la controversée urbanisation de 420 villas de luxe projetée à El Puertito, un site naturel entouré d’espaces naturels protégés et de lieux d’intérêt géologique. Mais les travaux dans la zone de servitude, qui n’occupent que 5,25 % de la parcelle T2 du projet, soit environ 45 000 mètres carrés (le projet complet s’étendant sur près de 430 000), nécessitent une autorisation expresse de la direction générale du Littoral du gouvernement des Canaries, la réglementation étant très restrictive quant aux usages autorisés dans cette bande côtière. C’est précisément cette autorisation que la juge examine et pour laquelle elle a cité Antonio Acosta ce lundi.

Une autorisation accordée en janvier 2025 malgré un avis défavorable

Antonio Acosta a autorisé les travaux le 30 janvier 2025, au terme d’un parcours loin d’être exempt de polémiques dans les bureaux du gouvernement des Canaries. La demande initiale de Cuna del Alma avait été rejetée en première instance par un technicien autonome. Dans un rapport signé en juillet 2024, celui-ci concluait que la piscine découverte, le restaurant et le parking pour buggies pouvaient être implantés ailleurs, en dehors de la bande de protection du littoral. Il soutenait en outre que ces constructions ne rendaient pas un service nécessaire ou utile au domaine public maritime terrestre, une exigence explicitement prévue par la loi espagnole sur le littoral.

La promotrice du projet a contesté cet avis. Elle décrivait la plage d’El Puertito de Adeje comme petite et incapable de répondre à la demande estivale, affirmait que ses services étaient manifestement insuffisants et s’appuyait sur une jurisprudence qualifiant la restauration de complément permettant une meilleure jouissance du littoral. Segunda Casa Adeje estime d’ailleurs que les aménagements qu’elle propose sont utiles pour mieux servir la plage. Et l’exécutif régional n’a pas tardé à lui donner raison.

L’argument du tourisme pour justifier l’occupation du littoral

En janvier 2025, un rapport signé par le chef du service d’aménagement du littoral oriental de l’exécutif régional, Valeriano Díaz, a proposé d’accorder l’autorisation à la promotrice. Il y arguait que l’administration doit veiller à ce que les plages soient équipées et soulignait que le futur restaurant servirait tant les clients du complexe que le grand public. Le document concluait également que les arguments présentés par Segunda Casa Adeje avaient réfuté le critère exprimé par le technicien qui avait rejeté les travaux en juillet 2024. Ce rapport a été validé par le directeur général du Littoral le 30 janvier 2025.

Antonio Acosta a approuvé l’occupation des 2 400 mètres carrés de zone de servitude qu’allaient occuper les équipements de Cuna del Alma, invoquant « l’importance du tourisme pour l’économie des Canaries » et qualifiant les établissements de restauration d’édifications essentielles à la jouissance du littoral. En résumé : le gouvernement des Canaries a permis à Cuna del Alma d’occuper la bande de protection du littoral parce que cela arrangeait le tourisme.

Un recours du parquet relance l’enquête

La juge avait initialement classé la plainte déposée contre le projet par l’Association culturelle sociale écologiste Puertito Libre — qui regroupe l’Association des taxis permanents d’El Puertito, la famille Galindo, La Gaveta 20A, le Tagoror Permanent et Rebelión Científica, ainsi que des particuliers — estimant que des autorisations administratives, dont celle accordée par la direction générale du Littoral, couvraient les travaux. Mais le parquet a fait appel.

Le ministère public estime que les installations proposées par Cuna del Alma enfreignent la loi sur le littoral, en particulier l’article 47 de son règlement approuvé en 2014, qui établit que dans la bande de protection du littoral ne sont autorisés que les ouvrages, installations et activités qui, par leur nature, ne peuvent être implantés ailleurs — comme les établissements de culture marine ou les salines — ou ceux qui rendent des services nécessaires ou utiles à l’usage du domaine public maritime terrestre.

La juge a alors décidé de réactiver l’enquête et de suspendre les travaux à la demande du parquet, mais uniquement ceux qui étaient en cours sur le littoral. La magistrate a en revanche refusé de suspendre l’ensemble du projet, comme le demandaient les plaignants, sans se prononcer sur le fond du dossier et en se limitant à souligner que la procédure pénale ne porte que sur les agissements dans la zone de servitude.

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