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Arona : des conseillers accusés d’envoyer des mails anonymes

Un scandale politique éclate à Arona

Le principal groupe d’opposition de la municipalité touristique d’Arona, dans le sud de Tenerife, dénonce une affaire aux relents de manipulation et d’illégalité. Le Parti Socialiste (PSOE), dirigé par José Julián Mena, accuse deux conseillers de la maire Fátima Lemes (Parti Populaire) d’avoir utilisé des ordinateurs de la mairie et leur temps de travail pour envoyer des courriels anonymes critiquant violemment l’action de l’opposition socialiste.

Des emails signés par un mystérieux “Pajarito”

Les conseillers mis en cause sont Jorge Alayón Gil et Andrea Gil Álvarez. Selon les socialistes, les messages ont d’abord été envoyés depuis un compte initial inconnu, puis depuis un compte gratuit Yahoo. Contrairement aux pratiques habituelles des partis au pouvoir, qui utilisent des communiqués officiels, ces attaques ont été camouflées sous le pseudonyme générique de “Pajarito” (“Petit Oiseau”) et attribuées à des “sources anonymes”, une méthode reprise par plusieurs médias locaux.

Le contenu des messages dénoncés

Le premier email anonyme accusait deux conseillers municipaux du PSOE d’avoir pénétré dans des dépendances municipales pour, prétendument, intimider un technicien, ce que le parti nie catégoriquement. Cette dénonciation, largement diffusée, avait provoqué la colère des socialistes, qui avaient alors accusé la maire en commission d’être à l’origine de l’envoi.

Un second texte faisait allusion à un jugement condamnant la mairie d’Arona pour impayés de publicité institutionnelle, d’un montant de 36 208 euros, contractée pendant la pré-campagne électorale de 2023. Le PSOE affirme avoir une vision différente de cette affaire.

La piste des métadonnées et le silence de la mairie

Si le premier email est resté intraçable, le PSOE affirme avoir analysé le second, envoyé depuis le compte Yahoo. En traquant les métadonnées dans les systèmes informatiques municipaux, moins protégés au nom de la transparence, les socialistes auraient découvert que les deux conseillers de la maire – ou du moins des personnes portant leurs noms – étaient à l’origine de la diffusion. Les métadonnées indiqueraient clairement que “l’entreprise émettrice” est l'”Ayuntamiento de Arona” (la Mairie d’Arona).

Interrogée mercredi par le journal Canarias Ahora, l’équipe de communication du gouvernement local (coalition PP-CC-Vox) a déclaré ne pas avoir connaissance de cette situation et, après enquête, ne pouvoir fournir de réponse en l’absence de données précises. Ce jeudi, ce silence officiel demeure la seule réponse de l’exécutif municipal.

Une affaire jugée “très grave” par l’opposition

Face à ce mutisme, le PSOE maintient et renforce ses accusations. Le parti considère cette affaire comme “très grave” d’un point de vue éthique et politique, avec des aspects potentiellement illégaux. L’utilisation présumée de ressources publiques pour une campagne de dénigrement anonyme contre l’opposition jette une ombre sur les pratiques au sein de la mairie de l’une des principales destinations touristiques des Canaries.

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