Offensive armée au Mali : des Canariens pris dans la tourmente à Bamako
L’armée malienne a confirmé que des groupes armés ont lancé hier, samedi, une offensive contre plusieurs casernes de la capitale, Bamako, ainsi que d’autres localités du pays, principalement dans le nord. « Les combats se poursuivent et nous exhortons la population à rester calme et vigilante », a annoncé l’état-major de l’armée malienne. « Nos forces sont actuellement à l’œuvre pour neutraliser les assaillants », a-t-il ajouté.
Un groupe d’insulaires confiné dans un hôtel
Dans la capitale malienne se trouve un groupe de Canariens qui participaient à un « Vis a Vis », un événement musical organisé par Casa África qui explore la création sur le continent voisin. Parmi eux figurent Juan Salam, programmateur musical ; Nicolás Castellano, journaliste canarien de la Cadena SER ; et Joan Tusell, responsable de la communication de Casa África. Tous se portent bien, mais restent confinés à leur hôtel par mesure de précaution, sous la surveillance constante des membres de l’ambassade d’Espagne au Mali. Des combats, ils n’ont entendu que deux explosions survenues tôt dans la matinée d’hier, samedi. Plusieurs d’entre eux prévoient de rentrer aux îles dès ce dimanche.
Revendications et prise de contrôle dans le nord
La branche d’Al-Qaïda au Sahel a revendiqué les attaques et annoncé avoir pris le contrôle de la ville stratégique septentrionale de Kidal. Le Groupe de Soutien à l’Islam et aux Musulmans (JNIM) a précisé dans un communiqué avoir visé les sièges du président, Assimi Goita, et du ministre de la Défense, Sadio Camara, ainsi que l’aéroport international de Bamako. Il a également annoncé la prise de contrôle de la ville de Mopti (centre), ainsi que de la plupart des positions militaires dans les localités de Sévaré (centre) et Gao (nord).
Une coordination entre factions armées
Le JNIM a précisé que les opérations dans le nord du pays ont été menées avec la participation de ses « partenaires » du Front de Libération de l’Azawad (FLA), qui regroupe plusieurs factions nationalistes exigeant l’indépendance de cette région située au nord du Mali. Ces dernières ont également revendiqué la prise de Kidal. Le JNIM a souligné que cette « victoire » est le fruit d’un travail coordonné avec le FLA contre l’armée malienne et ses alliés russes du Corps Africain, exprimant sa volonté d’écarter la Russie du conflit afin de construire une « relation future équilibrée et efficace ».
Le retrait français et l’engagement russe
Après le retrait, ces dernières années, des forces antiterroristes françaises et internationales du Mali, à la demande de la junte au pouvoir, la Russie s’est impliquée dans la lutte contre le djihadisme dans le pays, d’abord via le groupe de sécurité privé Wagner, puis par l’intermédiaire du Corps Africain (Africa Corps), un groupe paramilitaire étroitement dirigé par le ministère russe de la Défense.
La « bataille de la libération » selon les séparatistes
Le porte-parole du FLA, Mohamed Elmaouloud Ramadane, a été le premier à annoncer l’attaque dans le nord du pays sur sa page Facebook, avec un bref message indiquant que « la bataille de la libération a commencé » pour s’emparer de la zone de l’Azawad, qui couvre environ 60 % du territoire du pays. Quelques heures plus tard, il a annoncé la prise de Kidal. De son côté, l’état-major général des Forces armées maliennes a indiqué dans des communiqués successifs que des « groupes armés terroristes », sans les nommer, avaient tenté d’attaquer plusieurs villes du pays, mais avaient subi des « revers immédiats » face à la « réponse professionnelle » de l’armée, qui a abouti à la « neutralisation » de centaines de leurs membres.
Un Mali sous tension depuis plus d’une décennie
Depuis 2020, le Mali est gouverné par une junte militaire dans un contexte marqué par l’instabilité et la grave violence qui frappe le pays depuis plus de dix ans, en raison des séparatistes du Nord, qui revendiquent la région de l’Azawad, et des groupes djihadistes affiliés à l’État islamique et à Al-Qaïda.


