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Canaries 2025 : une crise migratoire meurtrière et des tensions politiques

Une année sous le signe de l’urgence migratoire

Les îles Canaries ont clôturé l’année 2025 profondément marquées par une crise migratoire sans trêve, ponctuée de tragédies constantes et d’un conflit politique grandissant autour de la gestion des mineurs. La route atlantique – la plus mortelle du monde – a continué de faucher des vies. À peine quelques jours après le début de l’année, 50 personnes sont mortes dans les eaux marocaines à bord d’un cayuco dont le sauvetage par Rabat a été retardé de six jours.

Une succession de drames en mer

Les morts n’ont pas cessé. En février, un cayuco a été localisé dans les Caraïbes avec 19 personnes décédées à son bord. Loin de mettre fin à cette succession de tragédies, le mois d’août a été le théâtre de ce qui constitue à ce jour la plus grande catastrophe migratoire sur la route atlantique : 143 personnes ont péri en tentant d’atteindre les Canaries à bord d’une patera partie de Mauritanie. Le drame a aussi frappé les plus vulnérables, même lorsqu’ils étaient sur le point d’atteindre leur destination. Trois fillettes et quatre femmes sont mortes après le chavirage d’un cayuco au large d’El Hierro.

La bataille politique et financière

L’agenda politique local a également été dominé par la question migratoire. Les Canaries ne reçoivent que 8 euros sur 100 provenant de l’Union européenne pour accueillir 73 migrants sur 100 qui arrivent en Espagne. Cette situation a provoqué de vives tensions au sein de l’exécutif régional. Le président Fernando Clavijo et le Parti populaire (PP) des Canaries ont critiqué la répartition de ces fonds effectuée par Madrid.

L’épineuse question des mineurs non accompagnés

Bien que le PP ait durci son discours en matière migratoire – ce qui a alerté la Coalition canarienne, traditionnellement favorable à la relocalisation des mineurs –, l’accord de gouvernement entre les deux formations a survécu. Il a même tenu après le lancement, non sans difficultés, de la répartition des mineurs non accompagnés validée par décret royal. Alors que l’exécutif présidé par Clavijo a maintes fois accusé l’État de manquer à ses obligations envers l’archipel, le gouvernement central a pointé du doigt les communautés autonomes dirigées par le PP pour leur résistance à accueillir ces jeunes.

L’intervention de la justice et les scandales

Cette bataille politique de haut niveau a nécessité l’intervention du Tribunal suprême. La haute juridiction a obligé l’État à prendre en charge plus d’un millier de mineurs demandeurs d’asile. Cet arrêt n’a pas été le dernier. Trois autres ont suivi, adressant des reproches à l’État concernant le traitement réservé aux enfants. Ces tensions institutionnelles se sont inscrites dans un contexte déjà délicat pour les îles. Neuf employés d’un centre géré par Quorum 77 – l’une des ONG recevant le plus de fonds pour la prise en charge des mineurs – ont été arrêtés.

Une baisse des arrivées aux causes controversées

Après une période de chiffres records – avec une augmentation de 17,2 % des arrivées en 2024 et après que les enregistrements de l’affaire Koldo ont révélé que le Maroc avait encouragé la vague migratoire en pleine pandémie –, l’année 2025 a enregistré une baisse sans précédent. Les administrations l’attribuent à la coopération avec les pays d’origine comme la Mauritanie. De leur côté, les organisations internationales accusent l’Espagne d’appliquer une politique d’externalisation des frontières marquée par de présumés abus, notamment l’ouverture de centres de détention pour migrants sur le territoire mauritanien.

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