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Canaries : accélération des tests d’âge pour les mineurs migrants

Canaries : le gouvernement accélère la machine

Les Canaries appuient sur l’accélérateur. L’exécutif régional a choisi de simplifier et d’accélérer les tests de détermination de l’âge des mineurs migrants non accompagnés qui arrivent sur les côtes de l’archipel. La procédure, qui se pratiquait jusqu’à présent presque in extremis, sera désormais résolue en environ sept jours, contre un mois habituellement requis dans des conditions normales.

Un objectif clair : accélérer les transferts vers le continent

L’objectif ? Accélérer les transferts vers l’Espagne continentale via la voie expresse – prévue par la situation de contingence migratoire en vigueur depuis le 29 août, qui établit que tout mineur doit être relocalisé dans un délai maximum de 15 jours – et s’assurer que les places dans les centres d’accueil sont bien occupées par des garçons effectivement mineurs. Cette mesure est adoptée dans un contexte de tensions persistantes entre le gouvernement central et le gouvernement régional. La communauté autonome soutient que l’État « manque systématiquement à ses obligations » envers les îles.

La situation, en plus d’être marquée par une urgence migratoire, « l’est aussi par une urgence humanitaire », a averti le porte-parole Alfonso Cabello à l’issue du Conseil de gouvernement. Dans ce contexte, les examens médicaux, pratiqués sur les jeunes dès qu’ils posent le pied dans l’archipel, ont été une source constante de friction entre les deux administrations.

Une voie expresse qui semble déjà enlisée

Malgré les avancées, le mécanisme express semble s’être enlisé et, pour l’instant, il n’est pas efficace. Les 15 jours prévus, dénonce le gouvernement canarien, se sont transformés en moyenne en un mois et demi. Et bien que depuis la déclaration de la contingence migratoire, plus de 200 nouveaux mineurs soient arrivés, à peine 51 transferts ont été effectués.

À cela s’ajoute que, depuis septembre, 53 transferts ont été réalisés par la voie ordinaire – mécanisme prévu pour les jeunes qui se trouvaient dans l’archipel avant la déclaration de contingence –, et on estime qu’au cours de la semaine prochaine, 23 autres mineurs voyageront vers leurs nouvelles communautés d’accueil. Le chiffre reste insuffisant.

Le point de blocage : les sous-délégations du gouvernement

Le problème de la voie expresse, soutient l’exécutif régional, réside dans les sous-délégations du gouvernement, qui sont responsables de proposer les transferts, d’inscrire les mineurs au Registre des Mineurs Étrangers Non Accompagnés et de déterminer dans quelle communauté autonome ils seront relocalisés. « Nous avons fait part de notre inquiétude au ministère de la Jeunesse et de l’Enfance concernant ce type de problèmes », indique la directrice générale de la Protection de l’Enfance et des Familles du gouvernement des Canaries, Sandra Rodríguez, en allusion aux difficultés déjà détectées dans la procédure expresse.

La communauté autonome soutient que les sous-délégations appliquent une « procédure administrative commune » qui introduit des obstacles et ralentit les transferts. Dans la pratique, cela entraîne un retard pouvant aller jusqu’à dix jours. La situation se complique encore plus si l’on considère que le décret royal établit que les tests de détermination de l’âge doivent être réalisés par la communauté de destination.

Un tableau loin d’être encourageant

Le panorama est loin d’être encourageant. Le réseau d’accueil de l’archipel prend actuellement en charge 4 471 mineurs migrants non accompagnés, tandis que le traitement des dossiers avance progressivement. Jeudi, la Délégation du gouvernement aux Canaries a clôturé 295 dossiers de mineurs, auxquels s’ajoutent 117 autres classés en raison de la majorité atteinte par le migrant ou d’un rapport négatif du parquet.

L’importance cruciale des tests d’âge

Dans ce contexte, les tests de détermination de l’âge traînent également d’importantes difficultés. Près de quatre jeunes sur dix classés comme « mineurs douteux » – ceux dont l’âge suscite des doutes – s’avèrent être majeurs après les examens médicaux. Concrètement, 37,64 % ont plus de 18 ans. Ce chiffre, obtenu par analyse osseuse et autres évaluations physiques, implique que, jusqu’à ce que leur âge réel soit déterminé, les jeunes sont considérés comme mineurs sur le plan légal et restent sous la tutelle temporaire des Canaries.

Cela fait de l’exécutif régional le responsable direct de leurs soins, de leur protection, de leur alimentation et de leur hébergement. Dans un territoire déjà sous tension en raison de la pression migratoire, l’importance de ces tests est démultipliée.

Comment se déroule la détermination de l’âge ?

La détermination de l’âge repose sur une série d’examens médicaux qui incluent un examen physique général (avec une attention particulière au développement thoracique), une radiographie de la main et une orthopantomographie dentaire. Lorsque les doutes persistent, une tomodensitométrie axiale de la clavicule peut être demandée pour affiner le diagnostic et ainsi obtenir une plus grande précision dans le résultat final.

Cependant, le processus de détermination de l’âge commence au parquet, où les démarches sont formalisées. Après cette étape, une première radiographie est pratiquée sur l’adolescent – habituellement du poignet, bien que cela puisse aussi être de la mâchoire. Avec ces images, un rapport est élaboré et ensuite révisé par un médecin légiste. Après l’évaluation de l’expert, l’avis est renvoyé, une nouvelle fois, au parquet, qui notifie enfin la décision au jeune concerné par cette procédure.

Pendant la réalisation des examens médicaux et jusqu’à l’obtention d’un résultat final déterminant si la personne concernée est mineure ou majeure, les garçons restent dans les centres d’accueil du gouvernement canarien ou sont orientés vers des ressources gérées par l’ONG Accem.

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