Un message clair de Madrid aux Canaries
Les Canaries n’auront pas la cogestion aéroportuaire. C’est le message que lance le ministère des Transports, dirigé par Óscar Puente, au gouvernement de Fernando Clavijo, afin de tempérer les attentes suscitées par la réunion bilatérale prévue le 10 avril. Cette rencontre avait été annoncée mardi par le vice-conseiller et porte-parole de l’exécutif régional, Alfonso Cabello.
Collaboration oui, cogestion non
Les sources du ministère consultées confirment néanmoins une ouverture à la collaboration entre les administrations sur des sujets comme la planification aéroportuaire, la connectivité, la qualité de service ou les politiques environnementales. Elles résument la position ainsi : « Collaboration, oui ; cogestion, non, parce que c’est ce que permet la loi. » Le ministère maintient qu’Aena doit conserver sa pleine capacité d’action en tant que gestionnaire des aéroports.
Le précédent basque au cœur du désaccord
Le gouvernement canarien brandit l’article 161 du Statut d’autonomie pour exiger de l’État une gestion conjointe des aéroports de l’archipel avec Aena. Il s’appuie également sur l’accord signé entre le ministère des Transports et le gouvernement du Pays basque. Cependant, Madrid rétorque qu’avec le Pays basque, « on n’a pas pacté une cogestion aéroportuaire réelle, mais un instrument de coordination institutionnelle dans le cadre légal en vigueur. »
Un cadre strict de collaboration proposé
Les sources ministérielles insistent : avec les Canaries, « on pourrait établir un instrument de collaboration, de coordination et de participation en matière aéroportuaire » pour favoriser le bon fonctionnement et le développement de cette activité sur le territoire. Mais cela doit se faire dans les limites juridiques et de compétences actuelles, dans le but de contribuer à « l’implication interinstitutionnelle et à une plus grande compétitivité du système aéroportuaire » dans l’archipel, tout en respectant les prérogatives de chaque institution.
Une ligne rouge infranchissable
Alors qu’Alfonso Cabello insistait mardi, après le Conseil de gouvernement, sur le fait que l’accord avec le Pays basque constituait bien une cogestion, le ministère de Óscar Puente contredit cette interprétation. Il souligne que « le document convenu avec le Pays basque n’implique pas une altération du réseau des aéroports d’intérêt général d’Aena ou un traitement singulier » pour les aéroports de ce territoire. Il permettrait simplement d’améliorer les synergies locales et la complémentarité avec les autres infrastructures de transport. Le message adressé au gouvernement canarien est sans équivoque : « C’est dans cette même ligne qu’on peut avancer dans d’autres territoires, mais pas au-delà. »


