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Les Canaries, moteur économique de l’Espagne grâce au tourisme

L’archipel canarien, champion de la croissance économique en Espagne

L’économie des îles Canaries restera plus robuste que celle de l’Espagne dans son ensemble. Si la forte dépendance de l’archipel au secteur touristique est souvent perçue comme un inconvénient, c’est en réalité ce même facteur qui dynamise ses principaux indicateurs macroéconomiques. En termes de Produit Intérieur Brut (PIB), le tourisme explique pourquoi les Canaries présenteront cette année la plus forte croissance économique, dépassant largement la moyenne nationale de 2,9%. Plus précisément, le PIB de l’archipel progressera de 3,5% en 2025 et de 2% en 2026, se maintenant ainsi parmi les régions connaissant la plus forte hausse, selon le dernier rapport publié par la Fondation des Caisses d’Épargne (Funcas).

Tourisme : le moteur et le talon d’Achille

Les Canaries font partie des quatre seules régions, avec les Baléares, l’Andalousie et Madrid, où le PIB croîtra au-dessus de la moyenne espagnole. Les Baléares, qui affichent également une croissance de 3,5%, partagent cette haute dépendance au tourisme. Le poids de cette activité s’est clairement manifesté pendant la pandémie, lorsque la fermeture des frontières a fait pratiquement disparaître toute activité dans les deux archipels espagnols. Le PIB canarien s’était alors contracté de 18,8% par rapport à l’année précédente. Après le retour en masse des visiteurs étrangers une fois le pire de la crise sanitaire passé, il a rebondi pour se hisser aux premières places, aux côtés des Baléares, avec une croissance de 8,6%.

L’archipel a pour habitude de figurer en queue de peloton des classements socio-économiques. Aux dernières places des rankings nationaux, souvent aux côtés de l’Andalousie et de l’Estrémadure, les Canaries affichent les scores les plus bas en matière de revenu par habitant, de salaires, de productivité ou d’investissement en Recherche, Développement et innovation (R+D+i). Bien qu’il reste un long chemin à parcourir pour atteindre ne serait-ce que la moyenne espagnole sur ces aspects, il est frappant de voir l’archipel quitter ses positions habituelles pour se hisser en tête de la croissance économique.

Vers une stabilisation du flux touristique

Le tourisme est l’un des grands responsables à la fois des faibles classements socio-économiques et de la robustesse économique actuelle. Et bien que la croissance constante de ce secteur commence à tendre vers une stabilisation, les Canaries enregistreront la plus forte hausse économique du pays, à 3,5%, à la clôture de 2025. Le taux de croissance du nombre de touristes est désormais inférieur de moitié à celui enregistré l’année dernière. Les dernières données de l’Institut Canarien de la Statistique (Istac) indiquent qu’en octobre de cette année, 34 717 touristes de plus sont arrivés par rapport au même mois de 2024, un chiffre bien inférieur aux 110 157 visiteurs supplémentaires enregistrés entre octobre 2023 et 2024.

Cela signifie que les arrivées de visiteurs étrangers continuent d’augmenter en glissement annuel, mais à un rythme plus modéré, rapprochant les îles d’un tourisme de plus en plus stable et générant moins de titres évoquant des « chiffres records » ou les « meilleures données depuis avant la pandémie ».

Diversification et perspectives pour 2026

Par ailleurs, l’activité industrielle progresse modestement – conformément à l’indice de production industrielle – même si l’augmentation du nombre d’affiliés dans le secteur est supérieure à la moyenne nationale et que des signes d’un engagement en faveur de la diversification économique sont perceptibles. Concernant la construction, les permis de construire délivrés et les appels d’offres, tout comme l’emploi dans le secteur, justifient une avancée relativement importante, même dans un contexte de crise du logement et de renchérissement des terrains.

Quant aux prévisions pour l’année prochaine 2026, le rapport de Funcas calcule un ralentissement dans toutes les régions. Le tassement du tourisme, la modération de l’industrie et l’épuisement des fonds européens entraîneront une croissance moindre sur l’ensemble du pays, où Madrid (2,3%), l’Andalousie (2,1%), les Baléares (2,1%), les Canaries (2%) et la Catalogne (2%) resteront en tête. Elles seront également les seules communautés autonomes avec des taux supérieurs à la moyenne nationale prévue par la Fondation, de 1,9%. Ainsi, les Canaries deviendront la quatrième autonomie en termes de croissance.

La raison de cette perte de places dans le classement – bien que la performance reste positive – est l’arrivée de touristes, bien inférieure à celle observée ces dernières années. Dans le même temps, l’activité dans le secteur de la construction, au vu de l’évolution récente des permis et des appels d’offres, continuera de croître à un rythme supérieur à la moyenne nationale. En outre, le taux de chômage devrait s’établir à 11,7% en moyenne annuelle, soit le meilleur résultat depuis 2007.

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