Une échéance cruciale et des chiffres qui divergent
Les îles Canaries affirment qu’il ne reste plus que 65 mineurs migrants non accompagnés en attente d’un transfert vers l’Espagne continentale via le mécanisme ordinaire. Ce dispositif a été conçu pour relocaliser les jeunes qui se trouvaient déjà dans l’archipel avant la déclaration de la contingence migratoire. Le délai fixé par le décret royal pour finaliser ces relocalisations – avec pour objectif de réduire le nombre de jeunes hébergés dans les centres canariens à 2 211 – expire dans moins d’un mois, le 19 mars prochain. Mais tandis que la communauté autonome réduit ce chiffre à 65, l’État le porte à 469.
Le point de vue de l’État après la réunion de coordination
C’est ce qu’a affirmé le ministre de la Politique territoriale et de la Mémoire démocratique, Ángel Víctor Torres, ce mercredi à l’issue de la réunion de coordination sur la relocalisation des mineurs non accompagnés qui s’est tenue à Ceuta. Plus d’un millier de mineurs – 1 019 précisément – ont été réinstallés depuis les Canaries, Ceuta et Melilla vers d’autres communautés autonomes, a-t-il déclaré. Selon ses précisions, ces transferts ont été effectués dans le cadre de la réforme de la loi sur les étrangers et pour se conformer à l’arrêt du Tribunal suprême, qui oblige à transférer les demandeurs d’asile en provenance des Canaries : 440 se trouvent déjà sur le continent et 116 autres restent dans des centres d’État de l’archipel pour des raisons d’intégration sociale.
D’où vient l’écart entre les administrations ?
Le gouvernement des Canaries soutient qu’il existe 394 dossiers en attente de résolution – auxquels s’ajoutent 123 autres encore en attente de l’accord de lancement. Ainsi, sur les 469 mineurs que le ministre considère comme étant en attente de transfert, seuls 65 peuvent effectivement être déplacés. Les autres, maintient l’exécutif régional, sont toujours dans l’attente d’une décision administrative. Depuis le début des transferts de mineurs vers le continent, les désaccords entre les administrations ont été constants.
Un taux d’exécution bien inférieur à celui de Ceuta et Melilla
Dans le cas des Canaries, Ángel Víctor Torres a situé le niveau d’exécution des décisions à 30,10 %. En contraste, Ceuta dépasse les 70 % de conformité, avec 320 mineurs déjà transférés, tandis que Melilla atteint les 90 %, après la relocalisation de 57 jeunes. De leur côté, les autorités canariennes rappellent que la situation n’est pas comparable à celle des villes autonomes – également déclarées en contingence –, car dans l’archipel, la communauté a dû prendre en charge à elle seule plus de cinq mille mineurs.


