Le cauchemar des arrivées touristiques se répète
Le chaos dans l’arrivée des touristes à l’aéroport de Tenerife Sud-Reina Sofía est de retour. Les files d’attente aux contrôles de passeports et à l’extérieur de l’installation pour prendre un bus (guagua) ou un taxi sont réapparues ces derniers jours. Un problème qui affecte particulièrement les touristes en provenance de pays extérieurs à l’espace Schengen, comme les Britanniques, qui sont les plus nombreux à visiter l’île.
Une situation qualifiée de « honteuse »
José Fernando Cabrera, président du Foro Amigos del Sur de Tenerife (FAST), assure que la situation vécue surtout jeudi et vendredi derniers a été « un cauchemar ». « Aux longues files pour passer les contrôles de passeport se sont ajoutées des attentes de plus de deux heures à l’extérieur de la terminale pour prendre un transport », raconte Cabrera. Il qualifie les déficiences de l’aéroport du sud, situé dans la municipalité de Granadilla de Abona, de « honteuses » et réclame des solutions urgentes. Le président de FAST avait déjà dénoncé des problèmes similaires le 4 février et lors des mois précédents.
Le gouvernement central minimise le problème
Le ministère de l’Intérieur espagnol a attribué ces attroupements à des « incidents transitoires » sur les machines installées à Tenerife Sud l’année dernière pour renforcer les mécanismes de contrôle et éviter la sensation de chaos. Alors que les critiques ne cessent de se multiplier, le gouvernement central nie l’existence de problèmes. « Nous n’avons pas connaissance d’attroupements répétés à l’aéroport Tenerife Sud, qui fonctionne normalement », précisent des sources du ministère, avant d’ajouter : « Il n’y a eu que des retards ponctuels ».
Un contraste saisissant avec les témoignages sur le terrain
Cette réponse contraste fortement avec les messages de certains usagers affectés et avec la répétition des plaintes de la part d’organisations professionnelles et sociales comme le FAST lui-même et l’association hôtelière de la province de Tenerife (Ashotel). « Entre le manque de réponse d’Aena (gestionnaire des aéroports), face à des installations très déficientes, et celle du ministère de l’Intérieur, avec des machines de contrôle qui ne fonctionnent pas alors qu’elles marchent à Madrid, comme je l’ai vérifié à plusieurs reprises, ils causent un grand et inutile préjudice à notre destination, à notre économie et à notre société », assure José Fernando Cabrera.
Il ajoute : « À quoi nous sert la promotion de Tenerife et la participation à des salons dans le monde entier si, dès son arrivée, le touriste est maltraité de cette façon ? » « Nous en sommes arrivés à un point où les demandes d’explications sont superflues et où une intervention énergique de nos autorités est nécessaire », réclame le président du Foro Amigos del Sur de Tenerife, lui-même hôtelier sur l’île.
Des machines biométriques hors service
Sur les 36 machines de reconnaissance biométrique installées dans l’installation de Granadilla pour accélérer le contrôle des passeports, seules cinq fonctionnent actuellement, selon les plaintes relayées par les utilisateurs sur les réseaux sociaux. Cet outil fait partie du Système Européen d’Entrée et de Sortie (EES), dont le déploiement à Tenerife Sud a commencé en novembre dans le cadre de l’application d’une réglementation de l’Union européenne.

