Une réunion sans avancée pour l’audiovisuel public canarien
La réunion organisée ce mardi à Santa Cruz de Tenerife entre les représentants du personnel de la Radio Télévision Canarienne (RTVC) et le président du gouvernement régional, Fernando Clavijo, n’a pas été très fructueuse. L’atmosphère était chargée des tensions générées auparavant par des déclarations comme celles du chef de l’exécutif sur la propriété que le Gouvernement doit exercer sur la Télévision Canarienne, et il n’y a pas eu de détente. Le comité inter-centres est reparti insatisfait, n’ayant constaté aucune avancée substantielle sur les sujets qui l’inquiètent le plus, comme l’externalisation de programmes (privatisation) et la création d’une liste des postes de travail.
Les promesses du gouvernement face aux inquiétudes des salariés
Le président, accompagné du vice-conseiller à la Présidence, Alfonso Cabello – qui a la gestion directe de RTVC –, de la directrice des Relations avec les Médias, Cristina Maffiote, et du secrétaire général à la Présidence, Ceferino Marrero, a transmis aux représentants du personnel que son objectif était “de promouvoir une loi qui permette à la Radio Télévision Canarienne d’opérer normalement”, selon une source présente ayant confié à ce journal. Les représentants gouvernementaux ont également affirmé prévoir d’engager un processus de modernisation en phase avec les changements technologiques actuels, “afin que le public soutienne avec sa confiance le média public”.
La disparition inquiétante du conseil de l’information
Cependant, les actes ne suivent pas les déclarations. Des sujets aussi décisifs pour le personnel que la création d’un conseil de l’information ont été purement et simplement évincés du futur projet de Loi du Secteur Audiovisuel des Canaries. Dans l’avant-projet sorti du gouvernement, il occupait tout le chapitre 23, mais une fois transformé en projet de loi, cette disposition a disparu sans qu’aucune explication n’ait été fournie par l’exécutif. L’article disparu définissait cet organe comme celui de “la participation des professionnels de l’information (…) pour veiller à l’indépendance, à l’objectivité et à la véracité des contenus informatifs diffusés par les médias dépendant de la société prestataire du service public”.
Un projet de loi contesté par le Conseil Consultif
À cette absence criante s’ajoute la remontrance infligée par le Conseil Consultif des Canaries. Cette instance a déclaré contraire à la Constitution et à la réglementation communautaire l’un des articles de ce projet de loi, en l’occurrence celui relatif au Conseil de Contrôle de la RTVC et au mandat de la personne désignée directrice générale. Alors que le gouvernement estime qu’il s’agit d’organes qui doivent se soumettre aux majorités de chaque moment, c’est-à-dire au cycle politique de chaque législature, le Conseil Consultif considère que, conformément à la Constitution et au droit communautaire, de telles impositions “conditionnent ces organes à des majorités politiques conjoncturelles”.
Le personnel maintient la pression et ses exigences
Lors de la réunion, la représentation gouvernementale a insisté sur le fait que cette conception serait maintenue malgré l’avis défavorable du Conseil Consultif. Dans ce contexte, les représentants du personnel ont réitéré leurs exigences formulées avant la rencontre. Ils ont à nouveau réclamé la création du conseil de l’information et les corrections nécessaires dans la loi pendant son processus parlementaire, afin d’écarter totalement la possibilité que le personnel ou un département puisse être externalisé. Ils en appellent également aux forces parlementaires pour “éliminer toute ambiguïté afin de garantir un service public solide et fort”.


