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Logement social aux Canaries : un nouveau décret jugé discriminatoire

Un durcissement des conditions d’accès au logement public

L’organisation Derecho al Techo (Droit au Toit) a vivement critiqué le nouveau projet de décret approuvé par le gouvernement des Canaries, qui durcit les conditions d’accès à un logement public. Le texte exige désormais entre dix ans de résidence continue ou quinze ans discontinue dans l’archipel pour pouvoir en bénéficier. Le collectif dénonce une mesure qui brise le principe d’égalité et pénalise les personnes disposant de moins de ressources ou celles qui ont été contraintes d’émigrer.

Des critères qualifiés d’excluants et d’aporophobes

Selon la plateforme, ce décret introduit des critères excluants présentant des « traits d’aporophobie et de xénophobie institutionnelle ». Elle estime que le droit au logement est ainsi conditionné à un parcours administratif et non plus à un besoin réel. « Il n’attaque pas le véritable problème que subissent les Canaries », soutient Derecho al Techo, pointant du doigt « la spéculation, la “touristification”, l’accumulation de logements entre les mains de fonds d’investissement et de grands propriétaires, et l’absence historique d’un parc public suffisant ».

Les Canariens de retour au pays, premières victimes ?

Parmi les interrogations soulevées par l’organisation figure le cas des Canariens ayant émigré pour chercher du travail ou se former. À leur retour, ils ne remplissent souvent pas les conditions minimales de résidence exigées. « Les pénalise-t-on pour ne pas avoir pu rester quand il n’y avait pas d’opportunités ici ? », interroge Derecho al Techo. Le collectif considère que durcir l’accès à un parc public déjà insuffisant ne constitue pas une politique du logement, mais « une opération cosmétique qui déplace la responsabilité du gouvernement vers la population la plus vulnérable ».

Une hiérarchisation des droits dénoncée

De son point de vue, cette mesure fragmente la société en établissant « une dangereuse hiérarchie des droits en fonction du temps de présence » sur le territoire. En lieu et place de ce durcissement, Derecho al Techo réclame « une extension réelle et urgente du parc public de logements » et la mise en œuvre de politiques pour affronter « la spéculation, les logements vacants et l’usage touristique non contrôlé ». L’entité conclut fermement : « Le droit au logement ne peut se transformer ni en récompense ni en outil d’exclusion. »

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