Un drame familial le jour des Rois à Las Palmas
Czarina C., la citoyenne hispano-philippine assassinée, selon l’enquête, par son mari le 5 janvier à Las Palmas de Gran Canaria, laisse derrière elle cinq enfants, dont deux sont mineurs. Ils se retrouvent orphelins après le meurtre de leur mère et le suicide de son compagnon, Ricardo T. Hier, le délégué du gouvernement espagnol dans l’archipel, Anselmo Pestana, et la sous-déléguée à Las Palmas, Teresa Mayans, ont participé à un rassemblement en mémoire des deux premières victimes de violences machistes en 2026 en Espagne : María del Pilar, tuée à Jaén, et Czarina, à Las Palmas de Gran Canaria.
Un manifeste pour un engagement renouvelé contre les violences
Lors de cette concentration, un manifeste institutionnel a été lu, appelant la société à rester engagée contre ce type de crimes, qui ont arraché la vie à 1 343 femmes depuis 2003, date du début du décompte officiel. Le nombre d’enfants rendus orphelins par des violences de genre contre leur mère s’élève à deux pour l’année 2025 et à 506 depuis 2013. « Il est vrai que le nombre de victimes a diminué, mais cela reste une barbarie. C’est une barbarie que notre société ait terminé l’année dernière avec plus de 40 femmes assassinées. C’est un chiffre qui doit nous interpeller tous », a déclaré M. Pestana après la minute de silence en l’honneur de Pilar et Czarina.
Les faits tels que révélés par la justice
Le délégué n’a pas fourni plus de détails sur les faits que ceux déjà révélés par le Tribunal supérieur de justice des Canaries (TSJC), le juge en charge de l’affaire ayant décrété le secret de l’instruction. Selon les informations diffusées par le TSJC, l’enquête préliminaire indique que Czarina a vraisemblablement été assassinée par son mari, qui s’est ensuite suicidé. Les faits se sont produits au domicile du couple à Las Palmas de Gran Canaria, où leurs corps ont été découverts le jour de l’Épiphanie, après que le fils aîné de la victime eut signalé sa disparition.
« Nous attendons les résultats de l’autopsie du présumé auteur de ce meurtre. Attendons les conclusions, mais tout indique qu’il s’agit d’un cas très clair de violence de genre », a souligné M. Pestana. Le délégué du gouvernement a estimé que le crime que le mari de Czarina aurait commis « ne se répare pas » en se donnant la mort ensuite, « car il a laissé une famille brisée, avec toute la douleur et le drame que représente la perte d’une mère dans ces conditions ».
Hommages institutionnels et antécédents connus
Le Cabildo (conseil insulaire) de Gran Canaria et la mairie de Las Palmas de Gran Canaria ont également observé une minute de silence en souvenir de la victime, âgée de 43 ans, et pour condamner sa mort. L’enquête suggère que Ricardo, 35 ans, a mis fin aux jours de Czarina après que celle-ci eut quitté, quelques semaines plus tôt, le logement qu’ils partageaient rue Bernardo de la Torre pour se réfugier chez sa mère avec ses enfants.
Il y a sept mois, l’homme avait été interpellé. Le 10 juin, la Police nationale l’avait arrêté après avoir reçu des alertes pour des cris et une dispute au domicile. Deux jours plus tard, a indiqué le TSJC, la victime était passée devant le tribunal spécialisé dans les violences faites aux femmes n°1, où elle avait déclaré ne pas vouloir porter plainte, ne pas avoir peur de son mari et ne pas souhaiter d’ordonnance d’éloignement ni d’examen médico-légal. Elle avait alors affirmé n’avoir pas été agressée. L’homme avait invoqué son droit de ne pas faire de déclaration et l’affaire avait été classée.
La découverte macabre et les réactions nationales
Dans la nuit du 5 au 6 janvier, jour des Rois, son fils avait donné l’alerte après que sa mère ne s’était pas présentée au travail et ne répondait pas aux appels. En se rendant au domicile, personne n’avait ouvert la porte. Au commissariat, les agents avaient vérifié que le cas figurait dans le système Viogén en raison de cette première intervention. Le lendemain, à la première heure, la police s’est rendue au domicile, où elle a localisé les corps sans vie de la femme et de son mari, tous deux de nationalité philippine, dans le salon.
La ministre espagnole de l’Égalité, Ana Redondo García, et la déléguée du gouvernement contre les violences de genre, Carmen Martínez Perza, ont également exprimé leur condamnation absolue et leur rejet total face à ce nouveau meurtre machiste, et ont apporté leur soutien à la famille et aux amis de la victime. Toutes deux ont demandé « que tous les efforts soient faits par les institutions, les administrations et l’ensemble de la société pour intervenir à temps et éviter davantage de morts dues à ce type de violence ».
Les ressources d’aide et d’urgence
Le ministère de l’Égalité, par l’intermédiaire de la Délégation du gouvernement contre les violences de genre, rappelle que le téléphone 016, les consultations en ligne via l’adresse [email protected], le canal WhatsApp (600 000 016) et le chat en ligne accessible depuis violenciagenero.igualdad.gob.es fonctionnent 24 heures sur 24, tous les jours de la semaine.

