Un refus catégorique et inexplicable à l’aéroport de Gran Canaria
Le 2 mai 2025, l’Aéroport de Gran Canaria baignait dans son agitation habituelle, un ballet réglé de chariots, de valises et de voix qui s’entrecroisent. Au milieu de ce mouvement, un passager se présentait au comptoir d’embarquement du vol EZY6676 d’easyJet à destination de Birmingham. Muni de son billet et de sa carte d’identité polonaise (DNI) parfaitement valide, ainsi que d’une résidence légale préétablie au Royaume-Uni dans le cadre de l’EU Settlement Scheme, il allait vivre un épisode qui a eu des conséquences juridiques pour la compagnie aérienne.
« Aucune compagnie ne l’accepterait aujourd’hui »
Selon son témoignage, étayé par des preuves documentaires et audiovisuelles, l’agent de Menzies Aviation qui l’a accueilli lui a immédiatement barré la route. Sans même consulter sa documentation, sans vérifier dans une base de données et sans demander l’avis d’un supérieur, elle lui a affirmé que ce document n’était pas valable pour voyager au Royaume-Uni et que, de fait, « aucune compagnie aérienne ne l’accepterait ce jour-là ». Le passager a insisté, demandant qu’elle vérifie le DNI, qu’elle appelle un responsable ou qu’elle révise la procédure. La négative a été aussi catégorique qu’inexplicable. Aucun embarquement, aucun dialogue, aucune vérification technique ne serait possible.
Un droit légal bafoué
Pourtant, le voyageur avait parfaitement le droit d’utiliser sa carte d’identité nationale pour entrer au Royaume-Uni grâce à son statut sous l’EU Settlement Scheme – une exception valable au moins jusqu’au 31 décembre 2025. Malgré cela, l’employée, selon les preuves, a refusé de vérifier sa situation ou de consulter un superviseur. La démonstration la plus flagrante de l’erreur est survenue quelques heures plus tard : sans avoir modifié un seul document, le même passager a pu s’envoler vers le Royaume-Uni avec une autre compagnie aérienne, sans le moindre obstacle.
EasyJet reconnue responsable et condamnée à indemniser
Cet incident, révélant une incohérence grave dans l’application de la réglementation migratoire par le personnel au sol, a donné lieu à une réclamation formelle auprès du Gouvernement des Canaries. Le cas a ensuite été transmis à l’ADR Aviation, le service britannique de résolution des litiges aériens. Le 6 novembre 2025, cet organisme de régulation a rendu une décision légalement contraignante : easyJet est responsable des faits et devra dédommager financièrement le passager, en plus de faire face à d’éventuelles sanctions supplémentaires.
Menzies Aviation dans le silence
De son côté, Menzies Aviation, la société en charge de la gestion au sol pour easyJet ce jour-là, n’a pas répondu à la réclamation qui lui a été adressée il y a plus de six mois. Ce silence pourrait constituer une violation de la législation sur la consommation ainsi que de ses propres engagements en matière de service client.


