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Gran Canaria : un parc aquatique prévu dans une zone à haut risque d’inondation

Un projet de parc aquatique dans le lit d’un barranco

La Fédération écologiste Ben Magec tire la sonnette d’alarme. Le site où est planifié le parc aquatique Siam Park, dans le ravin (barranco) de El Veril, sur la commune de San Bartolomé de Tirajana à Gran Canaria, est une zone officiellement déclarée inondable. L’organisation, qui a participé à la phase de suggestions et de réclamations concernant le document du « Deuxième Plan de Modernisation, d’Amélioration et d’Augmentation de la Compétitivité de El Veril », estime que le projet présente de graves dangers.

Une évaluation environnementale jugée défaillante

Dans un communiqué, Ben Magec considère que le document soumis à enquête publique concernant l’évaluation environnementale du plan, présenté par le ministère de la Politique territoriale, de la Cohésion territoriale et des Eaux du gouvernement des Canaries, « manque d’une analyse réelle et objective des alternatives ». Elle omet notamment l’alternative zéro (ne rien faire) et minimise les valeurs naturelles et culturelles du site. La fédération estime ainsi que la procédure présente des carences juridiques dans la délimitation du domaine public et dans la classification urbanistique du sol.

Pour Ben Magec, ce document ne constitue qu’une « reconsidération purement formelle » du plan précédent, annulé par la justice, sans aborder de manière substantielle les éléments centraux qui avaient motivé son recours.

Un risque historique d’inondations sous-estimé

Plusieurs risques majeurs sont pointés du doigt concernant la construction dans le lit public du Barranco de Buenavista-El Cañizo-La Maleza. Premièrement, l’organisation rappelle que la zone a historiquement subi de graves inondations, avec d’importants dégâts matériels et humains, notamment lors des crues de 2000, 2001 et 2002.

Ben Magec juge que les études fournies dans le dossier minimisent le risque réel d’inondation. Elles omettraient de prendre en compte les événements extrêmes récents et les tendances liées au changement climatique, qui ont accru la fréquence et l’intensité des pluies torrentielles dans l’archipel. « La canalisation proposée, loin de résoudre le problème, peut aggraver la situation en concentrant les débits et en augmentant la vitesse du flux, ce qui accroît le risque en aval », précise le communiqué, ajoutant que tout cela « compromet la sécurité des personnes et des biens ».

Des conclusions en contradiction avec les données

Le dossier reconnaît pourtant que la zone constitue une « Zone de Risque Potentiel Significatif d’Inondation (ARPSI-42) ». Cependant, Ben Magec souligne la contradiction avec les conclusions du Document Initial Stratégique (DIE), qui affirment qu’« on ne prévoit pas d’incidence possible du changement climatique sur les épisodes d’inondation pendant le cycle de planification ». Une position qualifiée de « téméraire à la lumière des données pluviométriques récentes et de l’expérience accumulée sur l’île ».

Un projet privé déguisé en intérêt public ?

L’organisation écologiste va plus loin en affirmant que l’objectif réel du plan est « l’implantation du parc aquatique privé, déguisé sous des dénominations génériques comme “parc botanique” ou “parc environnemental” ». Elle accuse : « Une proposition privée parfaitement définie et prédéterminée par l’entité commerciale LORO PARQUE, S.A, comme le sait et le constate le gouvernement des Canaries. »

Cette situation démontrerait, selon Ben Magec, « un manque de transparence et une véritable évaluation des alternatives, ainsi qu’une subordination de l’intérêt public à des intérêts privés », en contradiction avec les lois sur l’évaluation environnementale et sur le sol et les espaces naturels protégés des Canaries.

Des carences techniques et une demande de retrait

La fédération critique également le fait que la solution proposée se limite à la canalisation du ravin et à des rapports sectoriels, sans analyse détaillée de l’efficacité des mesures de prévention et d’adaptation au changement climatique. Elle relève aussi l’absence de délimitation préalable du domaine public hydraulique et l’absence d’évaluation adéquate des effets cumulatifs de l’urbanisation sur la capacité de drainage naturel.

Enfin, Ben Magec dénonce un projet « camouflé » incluant plus de 470 lits touristiques nouveaux. « L’occupation du lit d’un cours d’eau pour une activité de loisir et d’hébergement à grande affluence est contraire aux principes de prévention et de précaution », estime-t-elle.

Face à ces « vices substantiels » dans la procédure d’évaluation environnementale stratégique, la Fédération écologiste Ben Magec demande le retrait complet du document et la suspension ou l’annulation de la procédure jusqu’à la régularisation effective du dossier, pour le respect de la légalité en vigueur.

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