Une grève illimitée pour un statut propre
Le CESM (Confédération Espagnole des Syndicats Médicaux) Canaries s’est joint à l’appel national à la grève hebdomadaire illimitée, exigeant un Statut Propre pour le corps médical et des médecins titulaires. Le syndicat a toutefois qualifié les services minimums imposés d'”abusifs”. Les professionnels de santé ont convoqué deux rassemblements mercredi prochain, entre 11h00 et 12h00, devant la Sous-délégation du gouvernement à Santa Cruz de Tenerife et devant le siège de la Délégation du gouvernement à Las Palmas de Gran Canaria.
Sur les autres îles de l’archipel, des concentrations auront lieu aux portes des hôpitinsulaires et des centres de santé, entre 11h00 et 11h15, jeudi et vendredi.
Des accords non respectés et des revendications essentielles
Le CESM Canaries rappelle à la conseillère à la Santé, Esther Monzón, et au président du gouvernement des Canaries, Fernando Clavijo, que la mobilisation dans l’archipel est également motivée par leur manque de sensibilité face à la demande d’un statut propre et par l’absence totale d’engagement à respecter, à ce jour, les accords de fin de grève de 2023. Le syndicat souligne que toute amélioration obtenue lors des négociations avec le ministère espagnol de la Santé devra être appliquée directement par la Consejería de Sanidad (Département de la Santé) dans l’archipel.
Ils insistent donc sur le caractère non négociable de leurs demandes : l’alignement de la carrière professionnelle sur la moyenne des trois meilleures communautés autonomes d’Espagne pour toutes les catégories du Service Canarien de la Santé (SCS), un système de mutation ouvert et permanent opérationnel à partir de janvier 2026, et une amélioration salariale des heures de garde pour les médecins résidents et les spécialistes. “Ces demandes sont essentielles pour éviter la fuite des cerveaux et garantir l’avenir de la santé publique aux Canaries”, expliquent-ils.
Un mouvement national coordonné sans précédent
À l’échelle nationale, les arrêts de travail sont prévus de ce lundi à vendredi, comme l’a annoncé le Comité de Grève, formé par le CESM, le Syndicat Médical Andalou (SMA), Metges de Catalunya (MC), l’Association des Médecins et Titulaires Supérieurs de Madrid (AMYTS), le Syndicat Médique d’Euskadi (SME) et le Syndicat des Facultatif de Galice Indépendants (O’MEGA). Il s’agit de la première action coordonnée de ces organisations, qui expriment depuis un certain temps leur mécontentement concernant l’orientation du futur Statut Cadre, la norme qui régit les conditions de travail des professionnels du Système National de Santé (SNS).
Le 26 janvier dernier, le ministère de la Santé et les syndicats SATSE-FSES, FSS-CCOO, UGT et CSIF ont annoncé être parvenus à un accord pour approuver le texte de l’avant-projet de loi du Statut Cadre. Cependant, le Comité de Grève médical a manifesté son rejet de cet accord, qui inclut pourtant un chapitre spécifique dédié au corps médical, et a confirmé qu’il poursuivrait son calendrier de mobilisations. Ce samedi, une manifestation nationale est prévue à Madrid.
Un conflit qui s’enlise et des gardes au cœur des tensions
Selon le Comité de Grève, le cadre des négociations n’a pas permis une véritable discussion des revendications syndicales de la profession médicale, l’accord ayant été adopté malgré l’opposition du seul syndicat professionnel de médecins titulaires présent à la table (le CESM). Concernant le chapitre propre aux médecins, le Comité a indiqué qu’il ne réglementait de manière spécifique que les gardes, et non les conditions de travail des professionnels dans leur ensemble, et que la question des gardes avait été traitée de manière très insuffisante et discriminatoire.
La ministre de la Santé, Mónica García, a à plusieurs reprises rejeté l’élaboration d’une norme exclusive pour les médecins, estimant qu’elle briserait la cohésion et générerait des inégalités au sein du SNS. Face à l’appel à la grève, elle a envoyé la semaine dernière une lettre au Comité de Grève, les invitant à recourir aux initiatives parlementaires ou à négocier directement avec les communautés autonomes.
En réponse, les syndicats médicaux ont défendu la grève nationale comme une “dernière option” après des années de dégradation des conditions. “Les professionnels voient leur quotidien se détériorer jour après jour avec des listes d’attente interminables, une surcharge de travail due à des journées de 24 heures qui empêchent toute conciliation, des pertes de rémunération et des entraves à la libre pratique, ce qui pousse beaucoup à quitter le Système National de Santé”, ont-ils dénoncé.
Un calendrier de mobilisations jusqu’en juin
La grève médicale de la semaine prochaine sera la première des cinq que le Comité a prévues jusqu’au mois de juin. Les suivantes sont programmées pour les semaines du 27 au 30 avril, du 18 au 22 mai et du 15 au 19 juin. Des rassemblements sont confirmés tout au long de la semaine dans la plupart des régions espagnoles, dont les Canaries.


