mesures anticrise espagne impact limite canaries

Crise Iran : Les mesures anticrise de Madrid ont un impact limité aux Canaries

Un décret-loi aux effets atténués pour l’archipel

Les îles Canaries bénéficient de certaines des mesures anticrise approuvées hier par le Conseil des ministres espagnol pour faire face aux conséquences du conflit en Iran. Cependant, ce premier décret-loi ne contient pas d’initiatives spécifiquement conçues pour l’archipel. Dans l’attente de la publication aujourd’hui au Bulletin Officiel de l’État (BOE), l’essentiel des avantages fiscaux annoncés concerne la TVA sur l’électricité, le gaz naturel ou les carburants. Ces déductions n’auront pas d’effet direct aux Canaries car le système fiscal local repose sur l’IGIC (Impôt Général Indirect Canarien), dont les taux sont différents. De plus, plusieurs des impôts concernés sont transférés à la Communauté Autonome. Ainsi, leur modulation et les éventuelles réductions dépendent du gouvernement canarien, qui prendra une décision sur ses propres mesures la semaine prochaine.

Des aides qui concernent tout de même les Canariens

Certaines mesures auront bien un impact dans l’archipel. C’est le cas de l’aide de 20 centimes par litre de carburant pour les transporteurs et les agriculteurs, de la prolongation du tarif social de l’électricité, du soutien aux familles les plus vulnérables pour éviter les coupures de services essentiels, du gel du prix maximum de la bouteille de butane ou encore du renforcement des incitations et subventions aux énergies renouvelables. Le gouvernement régional s’est montré prudent jusqu’à connaître le détail des décrets-lois lors de leur publication officielle aujourd’hui.

Des demandes spécifiques restées sans réponse concrète

Le cabinet régional avait transmis au gouvernement central, par l’intermédiaire de la députée de Coalición Canaria (CC) Cristina Valido, la nécessité de prendre en compte la situation spécifique des îles. Il demandait que les mesures soient modulées en considérant que l’archipel, en tant que région ultrapériphérique, dépend plus que les autres communautés du transport et dispose d’un système énergétique singulier. Parmi d’autres demandes figuraient des incitations temporaires sur les salaires bas et moyens pour éviter la perte de pouvoir d’achat des familles, ainsi qu’une flexibilisation de la règle de dépense aux Canaries pour destiner les fonds des excédents aux mesures anticrise.

Cristina Valido a maintenu des contacts avec des membres de l’exécutif de Pedro Sánchez pratiquement jusqu’à la veille du Conseil des ministres, mais aucune initiative propre aux Canaries n’a été concrétisée. Jusqu’au sein du gouvernement central, des divisions étaient palpables, comme l’a montré la position des responsables du parti Sumar avant la réunion. Aujourd’hui, les groupes parlementaires et les partis politiques attendent avec impatience la publication au BOE.

Une semaine décisive pour le gouvernement canarien

La semaine prochaine sera décisive pour que le gouvernement canarien précise les mesures qu’il va adopter, une fois connues celles de l’État, et qu’il écoute les propositions des agents économiques et sociaux ainsi que des groupes politiques. Le président Fernando Clavijo a convoqué le Conseil Consultatif lundi après-midi – la convocation de jeudi ayant été suspendue en raison des intempéries – pour débattre des mesures anticrise avec les organisations patronales et syndicales. Il rencontrera mardi les porte-parole des groupes politiques, en marge de la séance plénière du Parlement.

Un Conseil de gouvernement extraordinaire avant la fin de la semaine pour approuver des actions n’est pas exclu, sinon elles seront reportées à la réunion ordinaire du Conseil de gouvernement prévue le 30 mars.

Les transporteurs demandent un plan d’équivalence

Les entrepreneurs du transport ont déjà réagi en avertissant que les mesures annoncées par le président Sánchez n’auront pas le même effet aux Canaries que dans le reste du pays. Les transporteurs se félicitent de la bonification de 20 centimes par litre de carburant, mais le reste des initiatives repose principalement sur une série de réductions de la TVA qui n’auront pas de répercussion dans l’archipel en raison de son régime fiscal spécial. Par conséquent, l’organisation patronale du transport espère que le gouvernement autonome et les conseils insulaires (cabildos) approuveront de toute urgence “un paquete de mesures pour équilibrer le niveau d’aides de l’État aux Canaries”, préviennent-ils.

Une inquiétude sur les mesures concernant le logement

Ce que dénoncent les organisations patronales espagnoles et canariennes, c’est leur inquiétude quant à l’inclusion, dans le second décret-loi royal, d’initiatives en matière de logement “étrangères à ce contexte et fruit d’une pression politique incompréhensible d’une partie de l’exécutif”. En particulier, elles expriment leur ferme rejet des mesures qui introduisent de nouvelles limitations au marché de la location.

Source

Scroll to Top
Share via
Copy link