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Canaries : mise en garde contre l’expansionnisme marocain

Un virage pro-marocain dangereux pour les intérêts canariens

Le secrétaire national aux Stratégies, Programmes et Formation de Nueva Canarias (NC), Román Rodríguez, estime que le positionnement du président du gouvernement espagnol, Pedro Sánchez, et du président des Canaries, Fernando Clavijo, en faveur des thèses autonomistes sur le Sahara « stimule et enhardit le Maroc ». Il met en garde contre l’expansionnisme marocain et ses graves conséquences pour l’archipel.

Des décisions prises dans le secret

Selon Rodríguez, ce virage pro-marocain de Sánchez et Clavijo a un point commun : dans les deux cas, les décisions ont été prises sans tenir compte de l’avis de leurs propres partis, le PSOE et Coalición Canaria (CC), ni du pouvoir législatif, puisqu’ils n’ont consulté ni le Congrès des députés ni le Parlement des Canaries. Le responsable politique souligne également le secret entourant la récente Réunion de Haut Niveau entre l’État espagnol et le Maroc, dont on ignore le contenu des discussions et les engagements qui ont pu y être pris.

Une mission commerciale controversée dans le Sahara occupé

Il dénonce par ailleurs qu’en parallèle, via l’agence gouvernementale Proexca, Fernando Clavijo a organisé une mission commerciale dans des zones du Sahara occupé, violant ainsi le droit international en cautionnant la présence de ces délégations commerciales à Dakhla, au Sahara Occidental. L’objectif avoué était de promouvoir le développement d’un port qui, de surcroît, entre en concurrence directe avec les ports canariens.

Les ambitions marocaines sur les ressources stratégiques

Román Rodríguez affirme que le Maroc a progressivement approuvé des lois unilatérales pour étendre sa Zone Économique Exclusive (ZEE), la faisant empiéter sur celle des Canaries. Cette manœuvre vise notamment à prendre le contrôle du mont Tropic, situé à près de 1 000 mètres de profondeur et riche en cobalt, tellure, dysprosium ou néodyme, ainsi que de la Dorsale Atlantique, qui recèle des terres rares et des minéraux à usage technologique civil et militaire. Ces revendications affecteraient directement les intérêts canariens dans les eaux entourant l’archipel, avec des implications en matière de sécurité maritime, puisque la délimitation influence la capacité de contrôle du Sauvetage Maritime, la lutte contre le trafic illégal et la surveillance du SIVE (Système Intégré de Vigilance Extérieure).

La bataille pour le contrôle de l’espace aérien et l’escalade militaire

Le responsable politique assure également que le Maroc tente depuis des décennies de modifier ou d’influencer l’espace aérien concernant les Canaries – géré par l’Espagne via ENAIRE – pour en gagner le contrôle stratégique. Cette pression s’exerce dans un contexte de modernisation militaire massive du Maroc, qui dispose du plus gros budget de défense d’Afrique. Cette modernisation inclut des drones turcs Bayraktar, des missiles balistiques chinois, des frégates FREMM et des chasseurs F-35, le tout dans le cadre d’alliances stratégiques avec les États-Unis et Israël.

Une souveraineté canarienne instrumentalisée

« Et dans cette escalade, des médias marocains osent insinuer qu’ils reconnaîtraient la souveraineté espagnole sur les Canaries, si l’État espagnol faisait de même avec le Maroc concernant le Sahara », dénonce NC. L’organisation politique rappelle qu’il s’agit de deux situations bien distinctes et que le Sahara est un territoire qui attend toujours l’application des résolutions des Nations Unies pour que son peuple puisse exercer son droit à l’autodétermination.

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