Une taxe qui fait grincer des dents dans l’archipel
Le président de la Chambre officielle de commerce, d’industrie, des services et de navigation de Santa Cruz de Tenerife, Santiago Sesé, a vivement critiqué ce mardi la décision d’Aena d’imposer une nouvelle taxe sur le transport occasionnel de voyageurs dans les aéroports des îles, liée au stationnement des bus (guaguas) dans ses installations. Il a qualifié cette situation de “nouveau hold-up contre les Canaries”, estimant qu’elle représentera une augmentation considérable des dépenses mensuelles pour ces entreprises.
Un “grave préjudice économique” pour le tourisme
Pour Santiago Sesé, “les décisions d’Aena entraînent, une fois de plus, un grave préjudice économique pour l’archipel, qui continue d’être maltraité par l’entreprise majoritairement publique dont le modèle de gestion semble avoir pour objectif d’augmenter ses recettes, sans offrir en contrepartie d’améliorations réelles des infrastructures et services aéroportuaires”. Cette redevance, dont l’instauration est annoncée pour le mois de janvier de l’année prochaine, sera appliquée progressivement : d’abord dans les aéroports de Tenerife Sud et de Lanzarote, puis dans ceux de Gran Canaria et de Fuerteventura.
Elle pourrait représenter chaque mois un surcoût de plusieurs milliers d’euros pour les entreprises de transport, un “nouveau coup porté” à la chaîne de valeur du secteur touristique. Dans un communiqué, le président ajoute que cette mesure “ne supposera pas seulement une perte économique mais aussi logistique et environnementale, puisqu’elle ajouterait un nouvel obstacle au transport collectif, alors que ce qu’il faut promouvoir et favoriser, c’est l’utilisation des transports en commun comme une alternative prioritaire et plus durable face à l’usage du véhicule privé”.
Des infrastructures en dépit des profits générés
Santiago Sesé a considéré comme “particulièrement grave” que ces décisions soient adoptées dans un contexte où les aéroports canariens présentent des “carences évidentes” en matière d’infrastructures, de services et de maintenance. “Malgré le volume élevé de passagers et l’importante rentabilité qu’ils apportent au système aéroportuaire espagnol, les investissements n’arrivent pas avec l’intensité ni la rapidité que requiert une destination touristique de premier plan”, a-t-il rappelé.
Il a insisté sur le fait qu’on ne peut continuer à utiliser les aéroports canariens comme une source constante de revenus sans qu’il y ait un “retour juste” sous forme de modernisation, d’agrandissement et d’amélioration des installations. “Les îles ne peuvent supporter plus de charges économiques qui entravent la compétitivité du secteur touristique, principal moteur économique des Canaries. Il faut donc chercher des solutions opérationnelles qui ne supposent pas une augmentation du coût économique pour les entreprises”, a-t-il ajouté.
Des solutions alternatives proposées
Le président estime également que la solution ne doit pas nuire aux touristes. Il propose des alternatives, comme celles existant dans d’autres aéroports nationaux espagnols où des zones annexes appelées “bolsas reguladoras” (zones de régulation) ont été aménagées. Les véhicules de transport de voyageurs peuvent y attendre gratuitement avant d’aller chercher les passagers à la terminale, bénéficiant d’une heure à coût zéro pour effectuer le ramassage.
Cette solution est soutenue par la Fédération des entreprises de transport des Canaries et appuyée par la Chambre de commerce de Santa Cruz de Tenerife. Elles considèrent que toute mesure de cette ampleur doit faire l’objet d’un consensus avec les secteurs affectés, tout en tenant compte de l’impact qu’elle peut avoir sur l’ensemble de la chaîne de valeur du secteur et sur la durabilité, non seulement économique, mais aussi environnementale, de la destination.


