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Plainte contre quatre cadres de la Police Canarienne pour agression sexuelle

Une plainte qui s’alourdit

La plainte qu’une agente de la Policía Canaria a déposée contre quatre cadres du corps ne porte pas seulement sur du harcèlement moral, comme cela avait été rapporté jusqu’à présent. Dans son récit des faits, la fonctionnaire reproche aux personnes mises en cause, à titre indiciaire, trois autres délits : prévarication administrative, discrimination fondée sur le sexe et agression sexuelle, selon des sources du Tribunal supérieur de justice des Canaries (TSJC) confirmant ces informations.

Une enquête judiciaire ouverte

Le magistrat titulaire du tribunal d’instruction numéro 4 de Las Palmas de Gran Canaria a déjà ouvert une enquête préliminaire et a cité à comparaître le 10 mars, en qualité de mis en cause, les quatre personnes dénoncées : un inspecteur, un sous-inspecteur, un officier et un policier. La plaignante devra auparavant comparaître devant ce tribunal pour confirmer sa déposition et pouvoir exercer ses droits en tant que partie lésée dans la procédure. Des sources judiciaires précisent que ces quatre infractions sont bien celles qui figurent dans la plainte de l’agente.

À ce stade initial de la procédure, dans l’attente d’auditionner la plaignante et les mis en cause et d’analyser les preuves indiciaires, le juge d’instruction n’a pas encore qualifié les faits. L’enquête est couverte par le secret.

Une réaction interne immédiate

La direction générale de la Sécurité du gouvernement des Canaries a informé, le 20 février dernier, de l’ouverture d’une enquête interne à l’encontre de ces quatre cadres après avoir pris connaissance de leur convocation en tant que mis en cause. Dans un communiqué envoyé aux médias, le département de Nieves Lady Barreto (Coalition Canarienne) a expliqué que la Policía Canaria avait reçu un courriel avec ces convocations le 10 février et que, trois jours plus tard, l’Unité des affaires internes avait décidé d’ouvrir un dossier pour recueillir des informations.

La direction générale de la Sécurité, dirigée par David del Pino (sous-commissaire en disponibilité de la Policía Canaria), n’a pas détaillé dans cette note les accusations pesant sur les quatre cadres, mais a annoncé leur mutation vers une autre unité, ainsi que la garantie qu’ils ne croiseraient pas la plaignante aux mêmes horaires.

Des mutations difficiles à appliquer

En réalité, deux des policiers mis en cause (ceux de rang le plus élevé) étaient déjà affectés à une unité différente de celle de l’agente qui a porté plainte, laquelle est d’ailleurs en arrêt de travail depuis plusieurs mois en raison de ces faits. Selon des sources consultées par ce journal, le transfert des deux autres, qui partageaient bien la même unité, a été communiqué en interne. Quoi qu’il en soit, les mêmes sources soulignent qu’à Gran Canaria, il n’existe qu’une seule base, ce qui rend compliqué d’éviter toute rencontre dans les locaux.

Un inspecteur au cœur d’une précédente polémique

Le cadre de rang le plus élevé parmi les mis en cause est Ángel Nichel Acosta, un inspecteur qui a exercé les fonctions de président du jury des controversés concours pour le recrutement de 141 agents dans la Policía Canaria (la cinquième promotion). Ce processus de sélection fait l’objet d’une enquête du parquet provincial de Las Palmas après qu’un groupe de candidats a dénoncé un schéma d’irrégularités à toutes ses étapes.

Parmi ces présumées irrégularités portées à la connaissance du ministère public, les plaignants évoquaient le non-respect du devoir d’abstention d’Acosta, pour avoir formé des candidats au cours des cinq années précédant l’appel au processus de sélection. Pour étayer ces accusations, les candidats ont fourni, entre autres preuves, un enregistrement audio de 70 minutes d’un de ces cours que l’inspecteur actuel dispensait dans l’académie de cours particuliers dirigée par sa compagne. Malgré cela, le gouvernement des Canaries, par l’intermédiaire de la direction générale des Études, de la Formation et de la Recherche en Sécurité publique, a rejeté à deux reprises les incidents de récusation présentés, validant les explications fournies par le président du jury.

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