Un afflux de demandes dans les consulats des Canaries
La régularisation extraordinaire des migrants annoncée par le gouvernement espagnol a provoqué une augmentation notable des consultations dans les bureaux consulaires de l’archipel des Canaries. Avec cette nouvelle mesure, jusqu’à 30 000 personnes pourraient régulariser leur situation administrative dans les îles Canaries, l’un des territoires les plus exposés aux flux migratoires. Ce chiffre représente 5,2 % du total national. Au niveau de l’État, on estime que près d’un demi-million de migrants pourraient accéder à la légalisation de leur situation administrative.
Les consulats du Maroc et du Venezuela en première ligne
L’augmentation de la demande dans les îles s’est fait sentir avec une intensité particulière dans des consulats comme celui du Maroc. Après l’annonce de l’exécutif central, l’institution a confirmé une reprise des consultations effectuées par les citoyens marocains. Une situation similaire est enregistrée pour le Venezuela, l’un des principaux pays d’origine des migrants aux Canaries. Dans l’archipel, selon les registres officiels, résident environ 83 000 Vénézuéliens, une communauté qui a connu une croissance soutenue au cours de la dernière décennie et qui représente déjà 3,7 % de la population totale inscrite sur les registres municipaux.
Une hausse progressive des consultations
Dans ce contexte, le consulat du Venezuela estime que l’affluence des usagers a augmenté de 5 % à 10 %, tout en reconnaissant que cette hausse se produit de manière progressive. Les principales demandes des citoyens concernent la mise à jour des passeports, bien que – dans tous les consulats – la consultation la plus récurrente soit liée aux antécédents pénaux. Ce scénario répond aux exigences nécessaires pour bénéficier du plan de régularisation : l’une des conditions est de ne pas avoir d’antécédents pénaux et de ne pas représenter une menace pour l’ordre public.
Un avertissement contre les précipitations inutiles
Cependant, le secrétaire général du corps consulaire de Las Palmas et consul du Pérou, René Zevallos, met en garde : se précipiter pour obtenir ce document peut être contre-productif, surtout si l’on tient compte du fait que sa validité n’est que de trois mois. À cet égard, il estime que de nombreux citoyens devancent inutilement les délais. La prévision est que la période pour bénéficier de la régularisation s’ouvrira début avril et restera ouverte jusqu’au 30 juin. À partir de ce moment, l’administration disposera d’un maximum de trois mois pour émettre une décision.
Un accès immédiat à l’emploi et deux profils de bénéficiaires
Cependant, à partir du moment où la demande sera acceptée pour traitement – une procédure qui ne devrait pas dépasser deux semaines –, les personnes concernées pourront accéder à un emploi immédiatement. À cet égard, l’initiative prévoit deux profils de bénéficiaires. Premièrement, elle inclut ceux qui ont demandé une protection internationale avant le 31 décembre 2025, indépendamment du fait que le dossier ait été résolu de manière favorable ou défavorable. Deuxièmement, la mesure s’applique aux migrants dits économiques, à condition qu’ils puissent justifier de leur résidence en Espagne depuis au moins le 31 juillet 2025, ce qui implique de justifier d’un séjour continu minimum de cinq mois sur le territoire national avant la fin de l’année.
Capacité d’absorption et incertitudes persistantes
Dans le cas spécifique du Venezuela, le consulat prévoit pouvoir absorber sans difficulté le volume de demandes qui pourraient être présentées. Des attentes marquées par la réalité de la population vénézuélienne aux Canaries : la majorité des citoyens n’est plus en situation irrégulière, donc une partie significative dispose actuellement d’un statut administratif régulier. Malgré tout, ils estiment que leur capacité de traitement atteint entre 200 et 300 dossiers par jour. Cependant, il n’existe pas de chiffres exacts sur le nombre de Vénézuéliens qui pourraient bénéficier de la mesure, car les données relatives aux personnes en situation irrégulière relèvent des forces de police.
Malgré la forte augmentation des demandes, que Zevallos qualifie d’« incroyable », le représentant consulaire rappelle que l’exécutif n’a pas encore précisé les paramètres qui seront utilisés pour décider de l’octroi ou du refus des dossiers. Dans les cas où une personne aurait déjà initié une procédure de régularisation – par exemple, par le biais de l’« arraigo » (enracinement) –, cette demande serait vraisemblablement sans effet en bénéficiant de la nouvelle procédure extraordinaire. Cependant, une incertitude persiste sur ce qui se passerait si l’administration émettait une décision défavorable dans cette nouvelle démarche : il n’est pas clair si l’intéressé devrait recommencer la procédure depuis le début ou s’il pourrait reprendre le dossier précédent.


