Un réseau criminel démantelé pour escroqueries et exploitation
La Guardia Civil a libéré un octogénaire que des membres d’un réseau criminel établi à Bizkaia (Pays Basque) avaient isolé de son environnement familial. L’objectif du groupe était de contraindre l’homme à mendier et de l’utiliser pour commettre des escroqueries sur internet. Certaines victimes de ces arnaques résidaient aux îles Canaries, et les préjudices dépasseraient les 36 000 euros.
Dix-neuf interpellations dans le cadre de l’opération
Dans le cadre de cette opération menée par la Guardia Civil, dix-huit personnes ont été arrêtées à Bizkaia et une à Burgos. Trois autres individus font l’objet d’une enquête, comme l’a indiqué l’institution dans un communiqué. À ce jour, les enquêteurs ont identifié 121 victimes d’escroquerie et dix victimes d’usurpation d’identité. Les personnes lésées sont réparties dans de nombreuses provinces espagnoles, dont Santa Cruz de Tenerife et Las Palmas (Canaries), mais aussi Madrid, Barcelone, Valence, Malaga, ou encore Alicante.
Le mode opératoire : des annonces d’animaux piégées
L’enquête a débuté suite à une plainte déposée en février 2025. Une personne signalait avoir été escroquée après avoir payé 280 euros pour l’adoption supposée d’un chiot annoncé sur un site internet, sans jamais recevoir l’animal ni pouvoir récupérer son argent. Le groupe criminel, implanté à Bizkaia, publiait des annonces de vente ou d’adoption d’animaux. Il exigeait ensuite de ses victimes des paiements progressifs sous divers prétextes : vaccins, transport, puce électronique, cage… Les versements étaient effectués via Bizum (système de paiement espagnol) ou par virement bancaire.
Une organisation structurée et des comptes bloqués
Pour tromper les acheteurs, l’organisation utilisait de multiples lignes téléphoniques, comptes bancaires et documents d’identité falsifiés ou appartenant à des tiers. Les agents ont identifié 57 comptes bancaires et 23 lignes téléphoniques liés au réseau, qui ont par la suite été bloqués sur ordre judiciaire. Les auteurs présumés destinaient une partie de l’argent issu des escroqueries, ainsi qu’une fraction des prestations sociales qu’ils percevaient indûment (comme la Renta de Garantía de Ingresos et l’Ingreso Mínimo Vital), à des investissements en cryptomonnaies évalués à plus de 55 000 euros. La Guardia Civil estime à plus de 560 000 euros le montant total des aides sociales perçues frauduleusement.
L’exploitation d’un senior au cœur du système
Trois membres de l’organisation, appartenant à un même clan familial, maintenaient sous leur contrôle l’octogénaire libéré. Après l’avoir isolé de sa famille, ils l’ont contraint à mendier. Ils lui avaient également ouvert de nombreux comptes bancaires pour faciliter la commission des escroqueries. Les personnes interpellées se voient imputer les délits d’escroquerie en bande organisée, de blanchiment de capitaux, d’usurpation d’état civil, d’appartenance à un groupe criminel, de traite des êtres humains et de mauvais traitements sans blessure.


