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Le Teide vibre : une heure de pulsations sismiques détectées

Une vibration inédite dans les entrailles du Teide

Pour la première fois, les scientifiques ont détecté une vibration des profondeurs du Teide. Il s’agit d’un signal sismique très faible qui, pendant une heure, a mis les chercheurs en alerte. Cet événement survient après un week-end marqué par une augmentation de l’activité sismique sur le volcan, conduisant les autorités à convoquer une réunion extraordinaire. L’objet des discussions : l’escalade, très lente mais soutenue, de la sismicité que subit l’île depuis 2023.

Une réunion d’urgence du plan volcanique

Ce mardi, le gouvernement des Canaries a ainsi convoqué une réunion du Plan d’Urgence Volcanique des Canaries (Pevolca). Y ont participé les autorités ainsi que les membres du Comité Scientifique, incluant des chercheurs de l’Institut Géographique National (IGN) et de l’Institut Volcanologique des Canaries (Involcan). Lors de cette réunion, l’IGN a fait un point sur les derniers “pulsations sismiques” détectées sous la caldeira de Las Cañadas del Teide, dont cette dernière vibration d’une heure enregistrée ce mardi matin.

Une activité faible et habituelle, selon les experts

Il s’agit d’une activité très légère, presque imperceptible, que les scientifiques jugent conforme au comportement habituel du système volcanique de Tenerife. “C’est une activité commune sur d’autres volcans actifs dans le monde”, a affirmé Itahiza Domínguez, directeur de l’IGN aux Canaries. Il a insisté sur le fait que, dans ces endroits, un signal similaire fait partie de leur activité naturelle. “Sur les volcans d’Amérique du Sud, il est très habituel qu’ils aient ce type de signaux plus ou moins continus, et ils peuvent rester ainsi des années jusqu’à ce qu’ils finissent par entrer en éruption”, a-t-il précisé.

Tenerife, une île au cycle volcanique très long

Cependant, contrairement à ces sites, Tenerife est une île plus calme. “Tenerife est volcaniquement active mais avec une période de récurrence très élevée, comprise entre 100 et 200 ans”, a souligné le scientifique, rappelant que d’autres volcans entrent en éruption une fois tous les deux ans. Le signal a été détecté pendant au moins une heure. “Il a commencé à 8h45 et s’est terminé à 10h15, d’abord comme une petite pulsation, puis il s’est arrêté. Ensuite, il a vibré pendant près de 50 minutes d’affilée avant d’émettre une pulsation finale”, a détaillé Domínguez.

Une vibration si faible qu’elle passe inaperçue

La vibration est si légère qu’elle est presque imperceptible, aussi bien pour les capteurs que pour la population. “Il est vrai que nous l’avons détectée sur 10 ou 15 stations de l’île de Tenerife, c’est un signal très faible, personne ne s’en est rendu compte”, a-t-il souligné. Au cours des derniers jours, un total de 90 petits séismes, que les scientifiques ont baptisés “pulsations sismiques”, ont été enregistrés, les distinguant ainsi des autres tremblements de terre ou essaims sismiques. La dernière vibration détectée pendant une heure présente les mêmes caractéristiques.

L’origine : le mouvement des fluides en profondeur

“C’est comme la vibration d’une cavité ou d’une structure”, a expliqué Domínguez, affirmant qu'”il est impossible de lui donner une magnitude”. Son origine, comme il l’a précisé, réside dans le mouvement des fluides. “Il faut rappeler que Tenerife est une île volcaniquement active et que ce type d’îles a tendance à avoir du magma qui s’accumule sous la croûte, à environ 10 ou 12 kilomètres de profondeur, pendant de nombreuses années”, a-t-il rappelé, soulignant que le magma peut s’accumuler pendant des décennies. Ce mouvement magmatique affecte le système hydrothermal de Tenerife, “c’est pourquoi nous observons ces déformations et ces émissions de gaz”, a insisté le directeur de l’IGN. “C’est probablement ce que nous sommes en train de voir”, a-t-il conclu.

Pas de changement sur les autres indicateurs clés

Comme le répète le directeur de l’IGN, “il n’y a pas de changements dans les autres indicateurs”. Concrètement, “la déformation enregistrée depuis trois ans n’a pas changé” et “la quantité de dioxyde de carbone qui émane du cratère, et qui avait augmenté il y a quelques années, reste inchangée”, explique le scientifique. En effet, malgré ces événements, les chercheurs rappellent que ces mouvements n’ont rien à voir avec ceux observés à La Palma la semaine précédant l’éruption de 2021. “Nous ne voyons pas d’essaim sismique indiquant une éruption ni d’intrusion magmatique”, a finalement conclu Domínguez.

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