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Tenerife : fin de l’occupation illégale du Grand Hotel Callao Sport

Fin d’une occupation de dix mois à Tenerife

Le délai d’un mois accordé par l’Audience Provinciale de Santa Cruz de Tenerife pour l’évacuation des occupants illégaux du Grand Hotel Callao Sport est arrivé à son terme ce mercredi. Depuis les premières heures de la matinée, un important dispositif policier, composé de la Garde civile, de la Police locale, de la Police canarienne et de la Police nationale, a été déployé pour sécuriser l’entrée de la délégation judiciaire chargée de faire exécuter l’ordre d’expulsion.

Une évacuation sous haute tension

À l’intérieur des installations hôtelières, il ne restait plus qu’une vingtaine de personnes, qui sont sorties sans opposer de résistance. Avant de quitter les lieux, les agents de la Police nationale les ont identifiées pour vérifier qu’elles ne faisaient l’objet d’aucun mandat d’arrêt ou d’autres affaires judiciaires en cours. La majorité des occupants illégaux étaient déjà partis au cours des dernières semaines, notamment suite à un incendie ayant affecté le tableau électrique du complexe.

Ce mercredi matin, quelques minutes après sept heures, la tension est remontée d’un cran lorsque certains des derniers squatteurs ont mis le feu à des affaires à l’intérieur du complexe touristique. La lueur des flammes a fait craindre une reprise de l’incendie, comme cinq jours plus tôt. Les pompiers ont été immédiatement alertés, mais leur intervention n’a finalement pas été nécessaire : plusieurs occupants ont réussi à éteindre le feu avant qu’il ne leur échappe et ne se propage.

Un hôtel laissé dans un état “dantesque et déplorable”

Cet incident s’ajoute à une longue liste d’épisodes qui ont marqué les dix mois d’occupation, une période qui a suffi à laisser l’hôtel dans un état de dévastation profonde. Le pillage constant, les actes de vandalisme et le manque d’hygiène ont transformé le bâtiment en une ombre de ce qu’il était. Près de 300 personnes ont vécu illégalement dans ses dépendances depuis la mi-février, et l’impact de cette présence massive se perçoit à chaque coin.

Margarita Domínguez, administratrice unique de Construcciones Domasa SA, l’entreprise propriétaire de l’hôtel, résume la situation avec des mots sans équivoque : “dantesque et déplorable”. Elle est convaincue que l’immeuble est entièrement “détruit”. Depuis le début de l’occupation, les 92 chambres du Grand Hotel Callao Sport ont été occupées par des personnes résidant sans payer aucun service de base. La loi interdit à la propriété de couper l’eau ou l’électricité, ce qui a obligé Domasa SA à assumer des factures exorbitantes, notamment d’électricité, dont la consommation a triplé par rapport à la période de fonctionnement normal de l’hôtel.

“Nous avons payé plus de 30 000 euros de facture d’électricité, environ 13 000 euros de taxe sur les ordures, plus la taxe foncière (IBI). Nous nous sentons délaissés car, malgré nos démarches auprès de la mairie d’Adeje pour trouver une solution, elle ne nous a même pas répondu”, affirme Domínguez. Elle souligne également “les différences qui ont existé dans les décisions prises dans le domaine judiciaire, avec un tribunal d’Arona qui n’a pas résolu nos demandes et, d’autre part, l’Audience Provinciale qui a résolu l’expulsion en moins d’un mois”.

Une occupation aux allures de roulement permanent

Au cours des dix derniers mois, les voisins et les représentants de la propriété ont observé un mouvement constant de personnes entrant et sortant de l’enceinte. La plupart des occupants étaient des jeunes, mais on a aussi vu des enfants et quelques personnes âgées. Souvent, des véhicules haut de gamme arrivaient, d’où descendaient des familles avec des mineurs, qui restaient peu de temps avant de repartir, laissant la place à de nouveaux “locataires”.

Du projet touristique à la fermeture forcée

Cette situation contraste fortement avec les origines de l’hôtel. Domasa SA avait inauguré le Callao Salvaje Sport en 2009, après avoir reconverti des installations initialement centrées sur l’hébergement lié à l’activité sportive. Sans renoncer à cette orientation, le complexe avait alors misé sur le tourisme français et avait atteint la catégorie quatre étoiles, avec un effectif stable de 45 travailleurs.

Cependant, l’arrivée de la pandémie de Covid-19 et le confinement qui a suivi ont forcé sa fermeture. Bien qu’il ait brièvement rouvert en juillet 2020, il a de nouveau cessé son activité deux mois plus tard pour des raisons économiques. La propriété a alors décidé de mettre l’hôtel en vente, en ne conservant que des travaux d’entretien périodiques.

Le point de rupture : une tentative de vol qui a ouvert la voie

Le 18 février, une tentative de vol a marqué un point critique : des caméras et du matériel de surveillance ont été détruits, entre autres dégâts, nécessitant l’intervention de la Garde civile. Deux personnes ont été arrêtées – une troisième a réussi à s’échapper – et un agent a dû recevoir des soins médicaux dans un hôpital voisin. À ce moment-là, une douzaine de personnes vivaient déjà sur place et, à peine trois jours plus tard, ce nombre était passé à une cinquantaine, comme l’ont confirmé la Police locale et l’entreprise elle-même.

Construcciones Domasa a tenté d’enrayer la situation par la voie légale, en déposant deux plaintes, une civile et une pénale. Cependant, aucune n’a abouti ; le tribunal d’instruction numéro 2 d’Arona a même refusé les mesures conservatoires qu’ils avaient demandées. Pendant ce temps, aux alentours de l’hôtel, l’inquiétude des voisins grandissait. Les nuits étaient remplies de musique, de cris, de disputes et de bagarres, un panorama qui, selon certains, était devenu “le pain quotidien, jour et nuit”.

Un avenir incertain pour le Grand Hotel Callao Sport

Reste à savoir ce qu’il adviendra du Grand Hotel Callao Sport. Sa réhabilitation, encore incertaine, représente un défi dont l’ampleur ne peut se comprendre qu’en parcourant les couloirs vidés, les pièces endommagées et les espaces qui, un jour, ont abrité un projet touristique ambitieux et qui attendent maintenant que son futur se décide.

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