Le pic grippal met à nu les limites structurelles de l’hôpital
Le pic de gripe a révélé les faiblesses de l’Hôpital Universitaire des Canaries (HUC). L’espace limité dont dispose l’établissement a provoqué un débordement de sa capacité d’accueil ces derniers jours, contraignant à nouveau des patients à occuper des emplacements qui ne sont pas destinés aux soins. Selon les travailleurs, la demande aux urgences a fortement augmenté récemment, en raison notamment de la décompensation de patients pluripathologiques. Ces derniers, souvent âgés, présentent également un risque plus élevé de rester bloqués à l’hôpital malgré leur autorisation de sortie.
Une amélioration organisationnelle saluée par les syndicats
Les syndicats relatent toutefois une amélioration palpable de la situation des urgences par rapport aux années précédentes. « Depuis l’arrivée de la nouvelle cheffe l’année dernière, les choses se sont beaucoup améliorées », affirme Levy Cabrera, secrétaire général du Syndicat des Médecins de Santa Cruz de Tenerife. M. Cabrera souligne que les changements dans l’organisation interne, comme la limitation du nombre de gardes qu’un médecin peut effectuer par mois ou la modification des circuits de soins, « ont beaucoup aidé à améliorer » la situation de départ. Il rappelle que la saturation historique de l’hôpital avait poussé l’ancien directeur, Adasat Goya – aujourd’hui à la tête du Service de Santé des Canaries (SCS) – à prendre diverses mesures pour améliorer des urgences autrefois chaotiques, en réorganisant le service pour optimiser les infrastructures et les ressources humaines. Des mesures ensuite complétées par des recrutements. « Ce mois de février, cinq autres médecins seront embauchés et nous aurons alors l’effectif complet de médecins urgentistes », précise Cabrera.
L’espace, le problème récurrent et non résolu
Alejandro Gordillo, représentant du syndicat infirmier Satse à l’HUC, abonde dans le sens d’une amélioration : « Les urgences se portaient plutôt bien depuis un moment, ce que nous n’avions pas vu depuis longtemps ». Cependant, les deux syndicalistes s’accordent sur un point : l’espace reste insuffisant. C’est pourquoi, lors des pics d’affluence – le syndicat médical les estime à 300 patients par jour –, les urgences débordent. M. Gordillo insiste : dans des cas ponctuels, les soignants ont été obligés d’utiliser des zones non habilitées, comme des issues de secours, pour installer des patients. « Cette zone avait été fermée par l’inspection du travail en son temps, mais elle est ouverte la nuit et refermée au petit matin », explique l’infirmier.
Des ambulances bloquées, un fait contesté par la direction
M. Gordillo raconte même que des ambulances sont restées bloquées à leur arrivée à l’hôpital. « Nous avons vu des ambulances rendues inopérantes parce qu’elles attendaient des brancards », souligne le porte-parole de Satse, indiquant qu’une ambulance médicalisée transportant un patient en état critique a dû patienter car la salle de réanimation était « saturée ». Interrogé sur ce point, l’Hôpital Universitaire des Canaries s’est borné à démentir ces allégations. « Il n’y a eu à aucun moment de retenue d’ambulances aux Urgences. Il a pu y avoir des coïncidences, mais elles n’ont pas été retenues. »

