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Logement aux Canaries : une proposition de loi socialiste rejetée

Une proposition pour lutter contre les inégalités

Seul Nueva Canarias (NC) a soutenu hier la proposition socialiste de créer un registre canarien des grands détenteurs de logements. Cette mesure s’inscrivait dans le cadre d’une loi que le groupe parlementaire du PSOE souhaitait faire adopter pour s’attaquer, selon les mots du député Sebastián Franquis, à « l’un des principaux facteurs d’inégalité ». Le manque de financement, l’absence de rigueur ou un interventionnisme excessif ont été les raisons invoquées par les groupes qui soutiennent le gouvernement régional pour justifier leur rejet.

Un parc immobilier très concentré

En défendant sa proposition de loi, Sebastián Franquis a estimé qu’« au moins 14 % » du parc immobilier des îles était « entre les mains de grands propriétaires ». Un taux qui double celui enregistré dans d’autres régions et que « le dernier rapport de l’association Provivienda porte même à 20,65 % ». Face à ce constat, outre le registre, la proposition de loi socialiste prévoyait de modifier le droit de préemption de la communauté autonome afin d’élargir le parc de logements publics. « Nous n’intervenons pas sur le marché privé », a assuré Sebastián Franquis, anticipant que c’est par là que viendrait une partie des critiques du bloc au pouvoir.

Les raisons d’un rejet politique

La députée Jennifer Trujillo (Parti Populaire) lui a donné raison. Outre le fait d’attribuer à Pedro Sánchez la responsabilité de « l’étranglement » de l’activité privée dans le secteur de la construction, elle en a profité pour citer le président du gouvernement espagnol à plusieurs reprises, établissant des liens entre le sujet et les squatteurs, la corruption ou les harceleurs. Avec le rejet de la proposition de loi, c’est aussi la proposition du PSOE d’exonérer de l’impôt sur les transmissions patrimoniales toutes les transactions portant sur des biens immobiliers « de moins de 200 000 euros destinés à une résidence principale ou à une location stable » qui est tombée à l’eau. En revanche, lorsque l’acheteur serait un multipropriétaire, le taux aurait été porté à 20 %. Et chaque euro collecté « serait destiné à la construction de logements », a poursuivi le député socialiste.

Critiques et alternatives avancées

Vox n’a pas non plus épargné Sebastián Franquis. La parlementaire Paula Jover perçoit le registre proposé comme « une liste noire » destinée à exposer ceux qui accumulent un nombre élevé de biens immobiliers. Parmi ceux qui pourraient figurer dans ce groupe, Paula Jover évoque les « petits patrimoines familiaux » qui « ont investi dans la pierre » et qui, si la loi était adoptée, deviendraient désormais « des suspects ». Du côté de Coalición Canaria (CC), Socorro Beato a exposé que la crise de l’accès au logement se résout en augmentant l’offre et en régulant le segment de la location touristique. La loi pour réguler les appartements touristiques a d’ailleurs obtenu le feu vert parlementaire il y a moins d’un mois.

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