Un acte de haine en plein cœur touristique
Certains considèrent qu’il faut laisser passer ce genre d’attaques, arguant qu’en les diffusant, on fait finalement le jeu des intolérants, des racistes et de l’extrême droite dite “antisystème”. Pourtant, l’histoire regorge d’exemples montrant l’erreur que constitue le fait de se taire, de détourner le regard ou de penser que, tant que cela ne nous vise pas directement (pour paraphraser Martin Niemöller), l’inaction ou l’indifférence est préférable. C’est pourquoi nous relayons ici la dénonciation d’un fait survenu ce week-end, à partir de vendredi dernier, à Puerto de la Cruz, la principale ville touristique du nord de Tenerife.
Un cartel “vomitif” et potentiellement illégal
Un groupuscule d’extrême droite, dont les membres tiendraient sans doute dans quelques voitures, a placé un cartel vomitif, répugnant et potentiellement délictueux juste en face d’un des centres d’accueil pour mineurs migrants de la commune, en plein centre-ville. L’affiche avait heureusement été retirée ce dimanche à midi. Outre un délit flagrant d’incitation à la haine, l’avertissement signalant un “danger” parce qu’on traverse à cet endroit une “zone multiculturelle” reprend parfaitement l’idée-force, ancienne et persistante, de l’extrême droite raciste et intolérante. Un courant qui n’a simplement pas sa place en démocratie, mais dont le message continue de s’infiltrer, comme en témoignent les derniers résultats électoraux, y compris ceux de ce dimanche en Aragon.
Une réaction politique et des critiques
Le Groupe Socialiste de la mairie de Puerto de la Cruz a dénoncé ce dimanche sur les réseaux sociaux l’apparition et la présence de ce cartel pendant au moins deux jours en plein centre-ville. L’emplacement, l’une des zones les plus fréquentées de la station balnéaire, est en effet très passant : situé juste en face du centre, on y trouve une discothèque réputée ouverte tous les jours. C’est un point névralgique, avec la place El Charco juste en contrebas et une forte concentration de bars, restaurants, hébergements et lieux de loisirs nocturnes. Les socialistes estiment que l’action a été tardive et que le cartel aurait dû être retiré plus tôt, même s’il est vrai qu’il avait disparu ce midi.
Une action municipale saluée mais l’inquiétude persiste
Néanmoins, le premier adjoint au maire, David Hernández, de l’Assemblée Citoyenne Portuense (ACP), a également partagé sur les réseaux avoir retiré un cartel identique aux abords de la mairie. Dans ce cas précis, face à sa dénonciation sans ambiguïté, les autorités ont donc agi comme il se doit. Le problème est que cet exemple puisse faire des émules et qu’un jour, cela dégénère en attaques directes contre des mineurs qui, par ailleurs, ne font de mal à personne et qui, pour la grande majorité d’entre eux, se sont intégrés dans la ville comme n’importe quelle autre personne, quelle que soit leur couleur de peau, leur origine ou leurs rêves et leurs espoirs.


