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Tenerife bat son record historique de dépollution des eaux usées

Tenerife atteint un pic historique de dépollution

Tenerife vient d’atteindre son maximum historique en matière de capacité de traitement des eaux résiduaires. La mise en service de deux grandes stations d’épuration, Los Letrados à Granadilla le 5 février dernier et la station Ouest à Guía de Isora ce jeudi 12 février, hisse le potentiel de traitement des eaux noires et d’élimination des polluants à des niveaux jamais vus auparavant sur l’île.

Un bond de capacité spectaculaire

Les infrastructures ne dépassaient pas les 25 hectomètres cubes en 2019, soit 25 millions de mètres cubes, ce qui représentait 40% de tout le débit résiduel généré annuellement par Tenerife. L’île dispose désormais de moyens capables de recevoir plus de 35 hectomètres cubes, soit plus de 50% de l’ensemble de cet affluent provenant des logements, commerces, hôtels, appartements et autres bâtiments connectés au réseau d’approvisionnement et d’assainissement insulaire. La couverture s’étend ainsi à plus de 80 000 habitants supplémentaires, sur une île qui frôle le million.

Une stratégie “zéro rejet” et des investissements massifs

L’amélioration sera encore plus significative dans un bref délai grâce à un investissement des administrations publiques dépassant les 230 millions d’euros. Deux autres projets sont actuellement en cours et donneront une nouvelle impulsion majeure à l’élimination des rejets liquides polluants dans les milieux marins et terrestres. Les travaux de construction de la station d’épuration de Montaña Reverón (municipalité d’Arona) et d’agrandissement de celle de Buenos Aires (Santa Cruz de Tenerife) sont bien avancés. Avec l’achèvement de ces travaux et d’autres actions prévues, le réseau de stations d’épuration de Tenerife se rapprochera très près du potentiel suffisant pour assainir 100% des eaux noires.

Au total, le débit résiduel généré par l’île chaque année est d’environ 62,5 millions de mètres cubes, une quantité équivalente à 9 260 piscines olympiques. Avec le début d’activité des usines de Granadilla et Guía de Isora, Tenerife compte désormais huit grandes stations d’épuration. Les nouvelles venues s’ajoutent à celles déjà existantes de Santa Cruz, Adeje-Arona, Güímar, Puerto de la Cruz et Punta del Hidalgo et Valle de Guerra à La Laguna. Deux sont en attente d’agrandissement : celle de la capitale, déjà mentionnée, et, à plus long terme, celle de Punta Brava, à Puerto de la Cruz.

La station Ouest de Guía de Isora entre en scène

Ce bond vers une île plus durable s’inscrit dans la stratégie “Vertido cero” (Zéro rejet) du Cabildo (conseil insulaire) de Tenerife. La conseillère à l’Environnement naturel, Blanca Pérez, rappelle que ces grandes usines sont « vitales et stratégiques pour relever les défis environnementaux » établis dans ce programme insulaire. La dernière incorporation à ce système complexe de stations, capables d’éliminer les substances toxiques générées par les habitants et les visiteurs, est la station de l’Ouest.

Aguas de las Cuencas de España (Acuaes), société d’État du ministère espagnol pour la Transition écologique chargée de la construction et de la gestion des infrastructures hydrauliques, a franchi une nouvelle étape jeudi dernier pour éliminer les rejets d’eaux usées non traitées correctement à Tenerife. Après les travaux de mise en service et les tests de fonctionnement, la connexion permettant l’entrée des premières eaux noires de Guía de Isora dans la station a été finalisée. Au cours des 12 prochains mois, le reste des débits de la municipalité de Guía de Isora et de celle de Santiago del Teide seront progressivement incorporés pour s’adapter à la capacité de l’infrastructure et assurer un épuration efficace.

Un réseau invisible et essentiel

Cet énorme progrès fait partie de la convention de collaboration signée par Acuaes et le Cabildo de Tenerife pour développer un ensemble d’actions d’amélioration de l’assainissement, de l’épuration et de la réutilisation du débit résiduel, des actions dans lesquelles 233,5 millions d’euros vont être investis. Ce système Ouest a nécessité un investissement de 37 millions. Il dessert les plus de 20 000 habitants de Guía de Isora et Santiago del Teide, avec un débit maximum de 12 000 mètres cubes par jour. Il est doté d’une technologie de pointe produisant un affluent réutilisable.

Pour maximiser cette capacité record, d’importants travaux sont encore nécessaires sur toute l’île, en dehors de l’agrandissement des stations et de la construction de nouvelles usines. Des complexes comme ceux de Granadilla et Guía de Isora nécessitent un vaste et imperceptible maillage de stations de pompage, de collecteurs et de conduites, pour la plupart souterraines, qui amènent le maximum d’eaux noires à leurs installations. Dans le cas de Guía de Isora, Acuaes a construit en parallèle la station de traitement et de pompage de San Juan, quatre autres stations de pompage et des conduites de refoulement permettant l’envoi depuis Santiago del Teide. Le contrat des travaux du collecteur des zones intermédiaires du système Ouest et de la connexion de Chío à ce collecteur a également été attribué.

Los Letrados : la réponse aux fermetures de plages à Granadilla

Seulement huit jours plus tôt, dans cet élan vers une durabilité sans précédent, la station d’épuration de Los Letrados, à Granadilla de Abona, démarrait ses moteurs pour la première fois. Cette municipalité, particulièrement touchée par les rejets en mer avec des fermetures de plages en série et permanentes, va bénéficier d’un investissement de 17,6 millions d’euros. Celui-ci permettra non seulement d’éliminer les rejets non traités provenant des quelque 60 000 habitants de la commune, mais aussi de réutiliser l’eau pour l’agriculture.

Comme pour Guía de Isora, la mise en marche de Los Letrados s’accompagne d’améliorations dans l’assainissement. Un réseau de collecteurs de 10 kilomètres a été déployé, recueillant les rejets des agglomérations urbaines de Granadilla centre, El Salto et San Isidro, et les conduisant par gravité vers la nouvelle station. Une conduite de refoulement de 8,5 kilomètres a également été construite, reliant la côte, de Los Abrigos et La Mareta, à la station de traitement et de pompage d’Ensenada Pelada, où un prétraitement complet est effectué avant un pompage vers Los Letrados.

Les prochaines étapes : Montaña Reverón et les agrandissements urgents

La prochaine infrastructure portée par Acuaes et le Cabildo ne tardera pas à entrer en fonction. Il s’agit de la station d’épuration de Montaña Reverón, à Arona, également dans le sud de Tenerife, dont les travaux sont très avancés. Elle deviendra l’épicentre du système Arona-Est San Miguel et comprendra 30 km de collecteurs, 13 km d’émissaires terrestres, 31,5 km de conduites de refoulement, neuf stations de pompage et quatre stations de traitement et de pompage. Avec un investissement de 30 millions, elle aura un débit moyen d’entrée de 24 176 m³ par jour, soit la capacité de nettoyer les rejets liquides d’une partie d’Arona et de San Miguel de Abona, au cœur touristique de l’île, des municipalités qui totalisent plus de 110 000 habitants.

Pour compléter cette évolution historique, deux grandes actions manquent. L’agrandissement de la station d’épuration de Santa Cruz avance, mais avec un retard considérable. Ce besoin existait pratiquement depuis sa construction dans les années 70, lorsqu’elle avait déjà été jugée insuffisante car recevant non seulement les eaux noires de la capitale, mais aussi d’une partie de La Laguna et d’El Rosario. L’agrandissement permettra de doubler la capacité de traitement et, au passage, d’éliminer les mauvaises odeurs subies par les riverains.

La station d’épuration de Punta Brava, à Puerto de la Cruz, qui dessert plus de 100 000 habitants de cette municipalité ainsi que ceux de La Orotava, Los Realejos et Santa Úrsula, s’est également révélée trop petite presque depuis son ouverture dans les années 90. Ce décalage est à l’origine de la crise des rejets à Playa Jardín, située à Punta Brava même, qui est restée fermée 349 jours entre 2024 et 2025. Le Cabildo a opté pour la construction d’une nouvelle station d’épuration au même endroit que l’actuelle. Il investira 25 millions d’euros et a déjà ouvert le processus pour attribuer les travaux.

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