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Immigration irrégulière : chute de 85% des arrivées aux Canaries

Une chute spectaculaire sur la route atlantique

Un total de 5 606 migrants sont arrivés en Espagne de manière irrégulière depuis le début de l’année jusqu’au 15 mars, soit une baisse de moitié par rapport aux données enregistrées un an auparavant (11 231 personnes). La chute est particulièrement prononcée dans les îles Canaries, où elle atteint 85,3%. Ces chiffres proviennent du dernier bilan bimensuel sur l’immigration irrégulière du ministère de l’Intérieur, publié ce lundi. Ils reflètent, malgré la baisse générale portée par l’archipel canarien, des hausses des arrivées par mer vers l’Espagne continentale (+45,01%) et vers les îles Baléares (+32,7%).

Le contraste des chiffres par voie maritime

Sur les 5 606 arrivées totales, la grande majorité (3 965) a eu lieu par voie maritime, à bord de 150 embarcations précaires. Cela représente 63,8% de moins qu’en 2025, où 10 948 personnes étaient arrivées dans le pays à bord de 254 “pateras” ou “cayucos”. Les îles Canaries, qui avaient enregistré un record d’arrivées irrégulières en 2024 avec 46 843 personnes, connaissent la baisse la plus forte par rapport à l’année dernière : depuis le 1er janvier, 1 334 migrants sont arrivés dans l’archipel, dont 60 au cours des 15 derniers jours.

La route atlantique, l’une des plus périlleuses au monde

La route atlantique est considérée comme l’une des plus dangereuses du monde. Ainsi, le 5 mars dernier, la Marine nationale du Sénégal a informé avoir secouru 139 migrants et retrouvé le corps d’un nouveau-né dans un “cayuco” qui dérivait depuis onze jours dans l’océan Atlantique. Selon le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), la majorité des personnes arrivant aux Canaries par cette voie proviennent du Sénégal (29,9%), du Mali (29,6%) et de Guinée (12,9%).

Hausse des arrivées vers la péninsule et les Baléares

Les accès par mer vers l’Espagne continentale ont, quant à eux, augmenté de 45%, passant à 1 469 personnes contre 1 013 l’an dernier. Depuis le début de l’année 2026, 80 “pateras” sont arrivées, contre 75 en 2025. Le 10 mars dernier, la Garde civile a intercepté une embarcation avec 37 migrants sur la plage de la Ensenada de la Fuente, à Águilas (Murcie). Deux jours plus tard, le service de sauvetage maritime a transféré au port de Motril (Grenade) 17 hommes, dont 15 du Bangladesh et deux du Sénégal, qui étaient à la dérive sur un canot pneumatique après une avarie.

Les arrivées recensées dans les îles Baléares ont également augmenté, avec 1 153 personnes contre 869 l’année dernière. Le nombre d’embarcations est passé de 39 à 55 sur cette période. On peut citer les trois “pateras” interceptées par la Garde civile le 13 mars avec 68 occupants au total à Ibiza et Formentera, ou les deux embarcations localisées avec 58 personnes sur l’île de Cabrera, au sud de Majorque, trois jours plus tôt.

La situation à Ceuta et Melilla

En ce qui concerne les villes autonomes, aucun migrant n’est arrivé à bord d’une embarcation à Ceuta depuis le début de l’année (contre 3 personnes à la même période en 2025), tandis que 9 accès de ce type ont été enregistrés à Melilla, contre 1 l’an passé. Selon les données du HCR, la majorité des personnes arrivant en Espagne de manière irrégulière par la route de la Méditerranée occidentale (vers les Baléares, la péninsule, Ceuta et Melilla) viennent d’Algérie (54,1%), du Maroc (18,5%) et de Somalie (8,3%).

Le nombre de personnes entrant à Ceuta par voie terrestre, ce qui inclut les accès à la nage, a été multiplié par 6 depuis le début de l’année par rapport à la même période de 2025 : de 266 alors à 1 604 maintenant, soit une hausse de 503%. À Melilla, ce type d’entrées a également augmenté, mais les chiffres sont beaucoup plus bas : de 17 l’année dernière à 37 en ce début d’année 2026.

Un phénomène minoritaire mais dramatique

Les arrivées irrégulières ne représentent qu’environ 6% du total des entrées de personnes étrangères en Espagne. Beaucoup de ceux qui arrivent de cette manière sont des demandeurs de protection internationale fuyant des conflits, des persécutions, la violence ou de graves violations des droits de l’homme dans leur pays. Le HCR a exprimé son inquiétude face aux morts et aux disparitions en mer. Selon ses données, 1 214 personnes ont perdu la vie sur la route des Canaries en 2025, et 484 sont mortes en tentant d’atteindre l’Espagne continentale, les Baléares, Ceuta ou Melilla.

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