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Canaries : les accidents aquatiques ont bondi de 30% en 2025

Un bilan en demi-teinte pour la sécurité aquatique aux Canaries

Le « Carte des Accidents Aquatiques des Canaries 2025 », élaboré par l’association Canarias, 1.500 Km de Costa, livre une nouvelle fois des données sombres concernant les incidents et les décès liés aux littoraux de l’archipel. Malgré une légère baisse de trois cas, le nombre de décès enregistrés s’élève toujours à 69. En revanche, le chiffre des accidents aquatiques a, lui, fortement augmenté de 30% sur la dernière année, totalisant 241 accidents, dont 40 ont conduit à une noyade critique.

L’afflux touristique et l’imprudence en cause

L’auteur du rapport et président de la plateforme, Sebastián Quintana, a souligné que « cette augmentation est liée à la hausse de l’arrivée de touristes » et que 75% des accidents sont survenus par imprudence. L’incident le plus dramatique, a-t-il rappelé, a eu lieu au Puerto de La Cruz en novembre dernier. Cette analyse, réalisée pour la dixième année consécutive, révèle également que les accidents se sont produits sur 140 plages, points de côte et piscines naturelles répartis dans 46 des 88 municipalités de l’archipel.

Le document détaille par ailleurs 16 blessés dans un état critique, 25 graves, 70 modérés, 32 légers et 29 personnes secourues indemnes au cours de l’année passée. « Dans 30 municipalités canariennes, au moins un décès s’est produit », a ajouté Quintana.

Répartition des décès par îles : Tenerife en tête

Le rapport détaillé par îles indique que Tenerife concentre le plus grand nombre de décès par noyade (24), suivie de Gran Canaria (18), Lanzarote (13), Fuerteventura (6), La Gomera et El Hierro (3 chacune) et La Palma (2). La seule île à n’avoir enregistré aucun accident est La Graciosa, et ce malgré l’augmentation du nombre de touristes qu’elle a reçus.

Profil type de la victime et activités à risque

Le profil moyen des personnes décédées est celui d’un homme, âgé de 50 à 75 ans, touriste, qui se baigne sur le littoral en fin d’après-midi, « souvent sur des plages dépourvues de postes de secours », a souligné le journaliste spécialisé en prévention. Le rapport précise que l’activité principale au moment de l’accident était la baignade, qui représente 67% du total. Viennent ensuite les sports nautiques (9%), la pêche (8%), et les chutes à l’eau depuis une digue, une falaise, une promenade ou depuis des engins comme des parapentes ou des embarcations (4%). La plongée sous-marine représente 1% des cas.

L’auteur a insisté sur le fait que la majorité des victimes sont des touristes, les nationalités les plus représentées étant les Britanniques (17), suivis des Roumains et des Italiens (2 chacun).

Les points noirs du littoral canarien

Les plages concentrent 50% des accidents, suivies des ports et zones côtières (26%) et des piscines naturelles (16%). Les littoraux les plus dangereux ont été les piscines naturelles d’Isla Cangrejo à Tenerife, avec 6 morts, et El Charco Manso à El Hierro, avec 3. À Lanzarote, la plage d’El Papelillo et Los Charcones, ainsi que la côte de Botija à Gran Canaria, comptent chacune 2 décès.

Parmi les sites ayant enregistré le plus grand nombre total d’affectés (blessés et décès), on trouve la plage d’Almáciga et la côte de Puerto de la Cruz, à Tenerife, avec une dizaine de cas chacune. À Gran Canaria, sept accidents se sont produits sur la plage de Las Canteras, et six à Puerto del Carmen, Fuerteventura.

Par municipalités, Santiago del Teide et Adeje (Tenerife) ont enregistré sept décès chacun. Ils sont suivis de Teguise et Yaiza à Lanzarote avec quatre décès, et de Gáldar et San Bartolomé de Tirajana à Gran Canaria avec le même chiffre.

Alertes météo et appel à une meilleure communication

Lors de la conférence de presse de présentation du rapport, le journaliste a indiqué que sur 112 jours de l’année dernière, des alertes ou pré-alertes pour phénomènes côtiers adverses avaient été activées dans les îles, période durant laquelle 46% des décès totaux sont survenus. Le président de Canarias, 1.500 km de Costa a souligné qu’« il est nécessaire que lorsque une alerte pour conditions météorologiques adverses est activée, ce message atteigne les touristes ». Il a ajouté que des réunions avaient été tenues avec le gouvernement des Canaries et Promotour pour améliorer les outils de communication, « depuis l’affichage d’un panneau d’avertissement dans les hôtels jusqu’à l’information des clients par les propriétaires de logements type Airbnb ».

Vers des sanctions pour imprudence ?

La présentation de la carte des accidents a eu lieu dans les installations du Puerto de San Cristóbal, où Sebastián Quintana a évoqué avec regret le récent décès d’une enfant et de sa mère qui a consterné le quartier. De son côté, José Gilberto Moreno, directeur général d’Eco Puertos Autonómicos de Canarias, a demandé aux autorités de légiférer « pour sanctionner ceux qui, par une attitude imprudente, obligent les services d’urgence à intervenir, mettant en risque non seulement leur propre vie, mais aussi celle des secouristes ». Il a rappelé que les accidents aquatiques sont l’une des principales causes de mort évitable et a mis en garde contre le risque de se rendre sur des points du littoral dépourvus de sentiers, « promus sur les publications des réseaux sociaux ».

L’événement a également réuni Pablo Rodríguez, directeur général de la Présidence du Cabildo de Gran Canaria ; Carlos Esquivel, sous-directeur de la Protection Civile et des Urgences du gouvernement des Canaries ; et Ángel Sabroso, conseiller à l’Activité Physique et aux Sports du gouvernement des Canaries.

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