Inquiétude aux Canaries face à l’annonce de grève dans cinq aéroports
L’annonce d’un arrêt de travail des 33 contrôleurs aériens des aéroports de Lanzarote, Fuerteventura, La Palma, La Gomera et El Hierro suscite une vive inquiétude dans l’archipel. Le gouvernement régional et les organisations patronales du tourisme insistent sur la nécessité que les services minimaux, qui seront décrétés si aucun accord n’est trouvé entre les salariés et l’entreprise Saerco d’ici au vendredi de la semaine prochaine, garantissent une opérationnalité totale de ces cinq aéroports.
Un conflit social de grande ampleur
La date du 17 avril a été fixée par l’Union syndicale des contrôleurs aériens (USCA) et la CCOO pour le début d’une grève de caractère illimité. Ce mouvement affecte dans toute l’Espagne quatorze aéroports où le service de contrôle aérien a été privatisé – à partir de 2011 dans l’archipel canarien. Les neuf autres aéroports concernés sont ceux de Séville, Jerez, Vigo, La Corogne, Castellón, Burgos, Huesca et Ciudad Real.
Le secteur touristique craint le pire
Le président de la patronale hôtelière de Fuerteventura (Asofuer), Antonio Hormiga, a qualifié ce conflit de « pire grève » possible pour les Canaries. Le représentant patronal a souligné que des centaines de milliers de personnes transitent par les aéroports d’une communauté autonome « qui vit du tourisme ». Lui et son homologue de la patronale de l’hébergement de Lanzarote (Asolan), Susana Pérez, ont ajouté que la grève provoquerait une crise majeure pour la mobilité, un coup dur pour tous les Canariens devant utiliser les aéroports concernés. « Il s’agit d’infrastructures indispensables », a expliqué Mme Pérez, réclamant « des services minimaux atteignant les cent pour cent ».
Les syndicats pointent des conditions de travail dégradées
Face à ces inquiétudes, le porte-parole de l’USCA, José Luis Feliú, a expliqué que le préavis de grève fait suite à l’annulation « unilatérale et répétée » par l’entreprise des rencontres programmées pour aborder les revendications. Celles-ci portent en grande partie sur l’augmentation des effectifs pour mettre fin à une détérioration continue des conditions de travail. Les syndicats dénoncent notamment une « improvisation organisationnelle » permanente, entraînant des manquements aux périodes de repos. Dans un communiqué conjoint publié mardi, ils ont même alerté sur l’annulation de vacances déjà approuvées.
Un problème de sécurité selon les grévistes
Concernant les carences des équipes, M. Feliú a indiqué que la privatisation des tours de contrôle « a déjà entraîné une réduction du personnel ». Durant ces quinze dernières années, le trafic aérien a connu « une hausse notable » et, dans certains cas, les horaires d’ouverture des aéroports ont été étendus. L’augmentation du service sans accroissement du nombre de travailleurs génère, selon les représentants syndicaux, une surcharge qui menace même la sécurité des opérations. « Le pire, a poursuivi le porte-parole de l’USCA, c’est qu’il n’y a aucune prévision » pour améliorer la situation. Il a précisé qu’il ne s’agissait pas de recruter un profil sur le marché du travail, mais de former les nouveaux contrôleurs avant qu’ils ne puissent exercer leur métier en toute sécurité.
Les autorités appellent à la négociation
L’entreprise Saerco observe pour le moment un silence absolu. De son côté, la directrice générale des Transports du gouvernement des Canaries, María Fernández, a exposé la nécessité de régler la situation au plus vite, car l’enjeu dépasse l’impact sur la « principale source de revenus » qu’est le tourisme. « C’est ce que nous répétons sans cesse : ici, un retard d’une demi-heure à El Hierro peut obliger à reprogrammer un rendez-vous médical ou empêcher de se rendre sur son lieu de travail », a-t-elle déclaré lors d’une interview sur la chaîne de télévision canarienne. Elle a ajouté à ces problèmes la dépendance des îles au transport – maritime et aérien – pour l’approvisionnement en marchandises, plaidant pour que les deux parties « s’assoient » à la table des négociations pour désamorcer totalement le préavis de grève.
La crainte d’une insularité exacerbée
Le président d’Ashotel, la patronale touristique de la province de Santa Cruz de Tenerife, Jorge Marichal, s’est également dit préoccupé par la possibilité qu’une île se retrouve sans connectivité. La simple annonce de cette grève illimitée « n’est pas une bonne nouvelle », a-t-il exposé, surtout si la date du 17 arrive sans que le conflit ne soit résolu. Dans ce cas, M. Marichal s’est joint à la demande de « services minimaux très solides » pour éviter la paralysie.


