Un gigantesque cortège de camping-cars paralyse l’autoroute du Sud
Près de 400 camping-cars et fourgons aménagés homologués ont défilé ce samedi matin sur l’autoroute du Sud (TF-1) à Tenerife. L’Association Club écologiste Costa Adeje-Tenerife (ACAT) organisait une journée revendicative qui s’est soldée par une file interminable de ce type de véhicules, offrant un spectacle inhabituel à tous ceux qui se dirigeaient vers le sud de l’île.
Passé 13 heures, le convoi progressait à hauteur de Santa María del Mar en direction de Santa Cruz, après être parti à 11 heures de la station-service El Gomero, à Las Chafiras. Selon le président d’ACAT, Juan Martín, l’objectif était clair : montrer une fois de plus le mécontentement du collectif face aux restrictions qu’ils jugent discriminatoires.
Des restrictions jugées discriminatoires
Les manifestants dénoncent pêle-mêle les interdictions de stationnement, les panneaux limitant l’accès aux seules voitures particulières, les barres de hauteur qui bloquent le passage, les limitations temporaires de 24 heures, et surtout le manque criant d’espaces adaptés pour vidanger les eaux noires et grises. « Nous n’avons absolument pas entravé la circulation », a souligné Juan Martín en pleine mobilisation, tout en reconnaissant des ralentissements dans des zones comme la Rambla de los Menceyes, à Candelaria, mais liés au trafic habituel du samedi.
Le président de l’association a salué la coordination avec les forces de sécurité et s’est félicité du bon déroulement de l’opération. « 255 véhicules-habitations et ils continuent d’arriver. S’il vous plaît, que les nouveaux arrivants se dirigent vers le parking du Xanadú », avaient-ils écrit la veille sur les réseaux sociaux, le parking le plus proche de la station-service El Gomero étant déjà saturé.
Plus de participants que prévu
Entre 360 et 370 camping-cars et fourgons ont passé la nuit dans les zones de rassemblement avant de prendre la route à 11 heures. Les estimations de Juan Martín en milieu de parcours tablaient sur environ 400 véhicules, grâce aux ralliements progressifs à Arico ou Barranco Hondo. Abades et Candelaria ont été deux des localités traversées avant d’atteindre la capitale.
Le convoi comptait monter jusqu’au secteur de Las Chumberas une fois à Santa Cruz, emprunter la connexion vers le Sud (TF-2) et revenir au point de départ. Un parcours de près de 50 kilomètres pour donner de la visibilité à un message que les camping-caristes tentent de faire entendre depuis des années.
Le cri d’alarme écologique des camping-caristes
Abordant les revendications concrètes, Martín a insisté sur l’absence quasi totale de points écologiques pour vidanger et remplir les réservoirs des camping-cars. « Il n’y en a pratiquement aucun. C’est quelque chose que nous ne souhaitons pas voir perdurer, d’abord parce que c’est contre-productif, ensuite parce que c’est une atteinte à l’environnement », a-t-il expliqué.
Cette absence a un impact majeur sur les camping-caristes étrangers, qui, logiquement, ont moins d’attachement au territoire. « Ils vidangeront là où ils pensent pouvoir le faire, cela leur est égal, et c’est tout le collectif qui en subit les conséquences », a contextualisé le président d’ACAT.
Des solutions ignorées par les autorités
Selon Juan Martín, les autorités « ne veulent pas voir le problème ou l’attaquer de front ». Et d’ajouter, dans un registre canarien bien connu : « En d’autres termes, ils ne veulent pas prendre le taureau par les cornes ». L’association assure pourtant ne pas s’être contentée de se plaindre : elle a proposé des solutions concrètes, sans être entendue.
Le président dénonce une stratégie délibérée : « Ce qu’ils font actuellement, c’est réduire les espaces pour que nous ne puissions pas stationner ». Il cite en exemple les places de parking récemment peintes, mesurant 1,8 mètre de large sur 4,5 mètres de long, alors qu’un camping-car type fait 2,2 mètres sur 6. « C’est discriminatoire, laid et mesquin. C’est une petitesse de ce qu’ils nous font subir, à nous, le collectif des camping-caristes », s’est-il offusqué.
Un secteur économique qui dynamise les territoires
Juan Martín a tenu à rappeler que le secteur génère des revenus et dynamise l’économie locale. Il a invité les détracteurs des camping-caristes à « mettre le nez dehors, à aller dans les endroits fréquentés par les camping-cars et à demander au petit et moyen commerce ». Il a pris l’exemple d’Oroteanda et de la veille de cette mobilisation : « La station-service El Gomero s’est retrouvée à sec », a-t-il affirmé. « Les restaurants nous demandaient quand est-ce qu’on revenait. »
La précédente manifestation, en février 2025, avait déjà rassemblé quelque 350 véhicules parcourant les principales voies de l’île. Ce samedi, la scène s’est répétée dans des proportions similaires, voire légèrement supérieures. Mais l’impression qui domine au sein du collectif est que, loin de s’améliorer, la situation devient chaque jour plus complexe et restrictive pour leur activité.


