festival mueca puerto de la cruz mai 2026

À Puerto de la Cruz, le festival Mueca transforme la ville en galerie à ciel ouvert

Une ville envahie par l’art

Puerto de la Cruz peut s’enorgueillir d’être, jusqu’à ce dimanche, l’une des villes comptant le plus grand nombre d’artistes au mètre carré grâce au Festival international d’art de rue Mueca. Peu avant midi ce samedi, José María Garrido et son épouse, Loly Gortázar, venus de La Rioja, se sont approchés du point d’information installé près de la Casa de la Aduana. Là, l’agent d’accueil et médiateur culturel Oswaldo Castillo fournissait une foule de renseignements au couple. « Nous nous sommes mariés et sommes venus en voyage de noces à Puerto de la Cruz. Pour nos trente ans de mariage, nous sommes revenus et avons découvert Mueca. Cela fait maintenant quatre éditions consécutives que nous y assistons », racontaient-ils.

Un programme riche et varié

Parmi la cinquantaine d’activités proposées dans une vingtaine de lieux du cœur de Puerto de la Cruz, entre l’esplanade portuaire et le Lago Martiánez — les points les plus éloignés l’un de l’autre —, Oswaldo Castillo, l’agent d’accueil qui tient le stand de l’organisation, glisse quelques recommandations. Il mentionne notamment les prestations de l’École municipale de musique de Puerto de la Cruz, une formation dirigée depuis l’année scolaire 1998-1999 par le lasallien Jesús Izquierdo. L’école compte aujourd’hui sept professeurs et trois cents élèves, dispensant des cours de chant, percussions, piano, saxophone et guitare. Bien que les préparatifs aient débuté dès six heures et demie du matin, les élèves ont donné trois concerts dans les rues portuenses de La Hoya, Esquivel et Quintana. Parmi eux, Alberto Carrera, né en 1949 mais tinerfeño depuis plus de quarante ans, date à laquelle il s’est installé à Puerto de la Cruz comme dentiste. Il y a deux ans, il a troqué ses daviers et autres instruments bucco-dentaires contre des instruments de percussion comme le bongo et la tumbadora, qu’il apprend depuis huit ans, et affiche un sourire parfait.

Des projets musicaux surprenants

Au fil de la promenade dans le Mueca portuense, on est surpris par le projet musical Flüa, né à Zurich mais au cœur canarien. Leur musique est enveloppante, mêlant chácaras, lapas, silbo gomero et enregistrements de terrain agrémentés de beats électroniques, de nuances tropicales et d’un message de durabilité porté par la compagnie Music Street Art. Pour paraphraser le dicton selon lequel de n’importe quel buisson peut surgir un lapin, à Puerto de la Cruz, pendant les jours du Festival international d’art de rue, l’art surprend le passant à chaque coin de rue. C’est le cas du récital proposé par le groupe Alizulh, formé à l’été 2022 à Las Palmas, qui se produit au croisement des rues La Quinta et Carrillo. Héctor et Santi racontent qu’il s’agit de leur premier Mueca. Tout a commencé par une amitié qui a donné naissance à des compositions, comme « Arrorró », titre qui ouvre leur premier album et qui résume leur style de musique expérimentale, d’ambiance et d’électronique introspective. « Nous touchons à tous les styles ».

L’après-midi, place aux artistes de rue

Passé l’heure du déjeuner, de deux à quatre heures de l’après-midi, lorsque la paix semble s’imposer pour recharger les batteries, arrive le rendez-vous avec Stefan Gög, de La Máquina de la Música, un homme-orchestre, artisan de l’instrumentation, qui, sous un parasol, rapproche l’univers musical de manière itinérante, cette fois-ci sur le côté de la rue Agustín de Betancourt. Avec les percussions de Bloko faisant trembler les pavés toujours plus usés de la ville, le rendez-vous est donné sur l’esplanade du port avec un prestidigitateur du bois qui, entre les jongleries, semble hypnotiser le public. Il s’agit de Federico Menini, avec son spectacle « Llar », qui a rassemblé parmi le millier de spectateurs deux anciens maires de la ville : le précédent, Marco González, et l’actuel, Leopoldo Afonso.

Une dernière journée à ne pas manquer

Et à partir de sept heures du soir, Abubukkaka et la compagnie du chorégraphe primé Daniel Abreu, avec « Selva », écrivent l’art en lettres majuscules, tout comme le panneau du kilomètre 32 de l’autoroute qui indiquait ce samedi : « Merci de tout cœur ». Ce dimanche, c’est la dernière chance de cette édition pour profiter de Mueca lors d’un rendez-vous avec le spectacle.

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