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Shopping aux Canaries : les touristes dépensent plus qu’en Catalogne

L’étude de l’Association nationale du commerce textile, accessoires et cuir analyse également la nationalité des acheteurs. À l’échelle du pays, le classement est dominé par les Américains (27 %), les Mexicains (23 %) et les Argentins (15 %). Cependant, aux Canaries, le profil est différent et dominé par les Britanniques et les Allemands, dans la mesure où ces deux marchés ont concentré 50,7 % des touristes ayant visité l’archipel l’année dernière.

Le paradoxe canarien : des touristes qui dépensent, des résidents qui serrent la ceinture

Les Canaries reflètent une double réalité dans le domaine commercial. D’un côté, elles sont en tête du pays pour les dépenses liées au shopping touristique, portées par le poids des visiteurs étrangers et nationaux dans l’économie insulaire. Mais cette force contraste avec la faible dépense des résidents dans le commerce local. En effet, la dépense annuelle moyenne des Canariens dans ce domaine est la deuxième plus basse d’Espagne, juste devant les Baléares, avec une moyenne de 241,59 euros. Les faibles revenus des Canariens justifient cette grande différence.

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Qualité plutôt que quantité

Le modèle touristique des Canaries évolue clairement vers une amélioration des infrastructures et des services. L’objectif n’est plus seulement d’attirer toujours plus de visiteurs – 17 millions en 2025 – mais de faire en sorte que leur contribution à l’économie dépasse les 23 milliards d’euros atteints l’année dernière, sans pour autant saturer les îles. Dans cette optique, le commerce de détail s’impose comme un levier essentiel pour diversifier le secteur. Les touristes ne se contentent pas de payer leur hébergement ou leurs repas : ils consomment aussi des loisirs et font des achats de vêtements, accessoires, parfumerie ou électronique. Et ce phénomène a pris une telle ampleur que l’archipel a détrôné la Catalogne en devenant la communauté autonome où les visiteurs dépensent le plus en achats non essentiels, selon le dernier rapport « Le commerce textile en chiffres 2025 » de l’Association nationale du commerce textile, accessoires et cuir (Acotex).

Un impact positif sur tous les secteurs

José María Mañaricúa, président de la Fédération des entrepreneurs de l’hôtellerie et du tourisme de Las Palmas, souligne que la dépense touristique « a un impact positif sur tous les secteurs de l’économie ». Le commerce est un exemple flagrant de la façon dont le tourisme entraîne d’autres activités. « Le touriste, quand il vient aux Canaries, sort au restaurant, prend des taxis, va dans des centres commerciaux, achète des vêtements et toutes sortes d’accessoires », affirme-t-il. Ce n’est pas une nouveauté que les touristes dépensent au-delà de leur vol et de leur hébergement. Ce qui ressort du rapport, c’est que les Canaries ont maintenu le même pourcentage de dépenses touristiques que l’année précédente, tandis que la Catalogne a reculé d’un point.

Une croissance post-pandémie qui se confirme

Les données de l’étude d’Acotex indiquent que l’argent laissé par les visiteurs en Espagne a augmenté de 7 % par rapport à 2024, pour atteindre 134,743 milliards d’euros en 2025. La tendance poursuit ainsi la courbe ascendante amorcée après la pandémie et dépasse déjà de plus de 42,8 milliards les 91,912 milliards enregistrés avant que la Covid-19 ne stoppe net l’activité touristique. Pour ce qui est des achats non essentiels, les Canaries ont concentré 18 % des dépenses totales réalisées par les touristes en Espagne, soit le même pourcentage que l’année précédente et à égalité avec la Catalogne, malgré le recul de 1 % de cette dernière.

Un leadership qui défie la taille du marché

Ce chiffre est d’autant plus significatif que la Catalogne a accueilli plus de 20 millions de visiteurs l’année dernière et dispose d’un tissu commercial très puissant. Pourtant, les Canaries ont renforcé leur leadership touristique en se plaçant devant en matière de dépenses pour ce type d’achats. Viennent ensuite les Baléares (16 %), l’Andalousie (15 %), Madrid (13 %), Valence (12 %) et le reste des communautés, qui totalisent 8 %. L’étude révèle que la plus grande part des dépenses touristiques concerne le secteur de la mode et des accessoires, à hauteur de 87 %. Loin derrière, la culture représente 7 %, la bijouterie 3 %, l’électronique 2 %, tandis que la parfumerie et les autres produits pèsent 1 %.

Aux Canaries, le parfum reste roi

Cependant, aux Canaries, le tableau est légèrement différent. Abbas Moujir, président de la Fédération des zones urbaines des Canaries (Fauca), prévient que la parfumerie est le produit le plus demandé. « On le voit, non seulement dans les zones touristiques, mais aussi, par exemple, sur les navires de croisière quand ils arrivent », note-t-il. Historiquement, l’archipel a acquis une réputation de destination où certains produits – comme les parfums, les cosmétiques, l’électronique ou le tabac – pouvaient être achetés moins chers grâce à sa fiscalité différenciée. La vente de fragrances reste ainsi l’un des principaux attraits pour les touristes, en raison de leur facilité de transport, de leur lien avec le cadeau et de la présence de marques reconnues.

La géopolitique assombrit l’horizon

Malgré cette première place au classement, les premiers mois de l’année montrent déjà un ralentissement des ventes dans l’ensemble de l’archipel, et particulièrement dans les zones touristiques. Abbas Moujir attribue cette tendance à « une possible baisse des dépenses sur place ». La réalité géopolitique actuelle dessine un scénario mondial qui a de nouveau fait grimper le prix du pétrole et du kérosène, avec un impact direct sur le transport aérien. Dans un territoire comme les Canaries, fortement dépendant de la connectivité aérienne et des flux touristiques, la hausse du prix des billets pourrait finir par réduire l’arrivée de visiteurs ou modifier leurs habitudes de consommation.

Un touriste qui dépense ailleurs

Autrement dit, même si le touriste maintient une dépense élevée en amont – par exemple en payant des vols plus chers ou des hébergements de catégorie supérieure –, cette somme ne se reporte pas toujours sur le commerce de rue, la restauration ou les activités complémentaires. C’est pourquoi le secteur commercial observe avec inquiétude comment l’incertitude internationale pourrait éroder l’un des piliers qui expliquait jusqu’à présent le leadership des Canaries en matière de shopping touristique. « Le touriste ira peut-être vers des zones plus proches, ce qui réduit le coût », ajoute le spécialiste. « Tout dépendra de l’évolution de la situation, des conflits régionaux et, surtout, de ce qui se passe au Moyen-Orient », précise Abbas Moujir.

Le marché allemand sous pression

Dans des pays comme l’Allemagne, les tensions régionales et la flambée des prix de l’énergie, ajoutées à l’absence de réformes structurelles et d’une stratégie claire pour retrouver de la compétitivité, assombrissent les perspectives de croissance. Et ce n’est pas une situation anodine pour les Canaries, car le marché allemand est l’un des émetteurs indispensables pour le tourisme de l’archipel, avec le marché britannique. Le lien est direct : plus la capacité économique des visiteurs est faible, plus leur marge de dépenses pendant les vacances est réduite.

Le profil du touriste aux Canaries

L’étude de l’Association nationale du commerce textile, accessoires et cuir analyse également la nationalité des acheteurs. À l’échelle du pays, le classement est dominé par les Américains (27 %), les Mexicains (23 %) et les Argentins (15 %). Cependant, aux Canaries, le profil est différent et dominé par les Britanniques et les Allemands, dans la mesure où ces deux marchés ont concentré 50,7 % des touristes ayant visité l’archipel l’année dernière.

Le paradoxe canarien : des touristes qui dépensent, des résidents qui serrent la ceinture

Les Canaries reflètent une double réalité dans le domaine commercial. D’un côté, elles sont en tête du pays pour les dépenses liées au shopping touristique, portées par le poids des visiteurs étrangers et nationaux dans l’économie insulaire. Mais cette force contraste avec la faible dépense des résidents dans le commerce local. En effet, la dépense annuelle moyenne des Canariens dans ce domaine est la deuxième plus basse d’Espagne, juste devant les Baléares, avec une moyenne de 241,59 euros. Les faibles revenus des Canariens justifient cette grande différence.

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