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Offroad Tenerife se mobilise pour deux routes historiques dans le Teide

Un collectif se mobilise pour le patrimoine routier de Tenerife

La Comunidad Offroad Tenerife, portée par Francisco Mora, revendique le maintien de deux routes historiques qui traversent partiellement le parc national du Teide. Selon ce collectif, ces voies font partie intégrante du patrimoine routier, culturel et environnemental de l’île. L’association, qui compte actuellement une dizaine de membres actifs dans sa structure organisatrice, entretient des liens étroits avec de nombreux utilisateurs de véhicules 4×4 et de motos tout-terrain à Tenerife.

Deux routes emblématiques menacées de fermeture

À l’origine de cette mobilisation, deux tronçons dont l’avenir inquiète la communauté : les Montañas Negras, à Arico, long d’environ trois kilomètres, et la piste reliant Ramón Caminero à Izaña, sur le versant nord, précisément le tronçon de la Montaña de los Mallorquines, long d’environ six kilomètres. Selon Francisco Mora, ces deux itinéraires figuraient encore récemment parmi les pistes autorisées pour les véhicules motorisés, mais ils auraient été exclus après la mise à jour du Plan directeur d’usage et de gestion du parc national (PRUG). « Le PRUG ne stipule pas explicitement que ces routes spécifiques soient fermées, mais il indique que cette activité n’est pas compatible avec la conservation du parc national », explique Mora.

Un pompier forestier au cœur du projet

Francisco Mora, moteur de la Comunidad Offroad Tenerife, est pompier forestier avec 28 années d’expérience. Il soutient qu’une circulation ordonnée sur ces voies peut contribuer à la surveillance du territoire, à la prévention des incendies et à la préservation d’itinéraires à forte valeur historique. Selon ses estimations, l’île compterait environ 12 000 utilisateurs d’offroad, répartis entre véhicules 4×4 et motos. Parmi eux, quelque 8 000 seraient des motards, regroupant différentes disciplines allant des amateurs de trail aux adeptes d’enduro. Le collectif insiste sur la nécessité de distinguer ces pratiques et souligne que sa proposition ne vise pas un usage sportif extrême, mais un mototourisme régulé.

Des routes chargées d’histoire et de traditions

Au-delà de leur intérêt récréatif, ces pistes possèdent une valeur historique certaine. Mora rappelle qu’elles sont utilisées depuis le milieu du XXe siècle, et qu’elles sont même liées à des tracés plus anciens empruntés pour les déplacements traditionnels entre le nord et le sud de l’île. Il évoque également d’anciennes exploitations forestières, comme la production de charbon de bois, l’extraction de résine pour le calfatage des bateaux et l’exploitation du bois de pin canarien pour les demeures seigneuriales et les églises. Bien que ces activités aient disparu, les pistes conservent des fonctions actuelles, notamment pour la chasse et l’apiculture.

Une proposition pour un usage responsable et régulé

Face à cette situation, la Comunidad Offroad Tenerife propose une réglementation spécifique permettant de concilier différents usages de la montagne avec la protection des espaces naturels. Parmi les mesures avancées figurent la mise en place d’autorisations limitées, le paiement d’une contribution financière par les usagers et l’obligation de suivre une formation. Selon Mora, ceux qui emprunteraient ces routes devraient connaître la valeur historique, botanique, géologique et faunistique des lieux traversés. « Nous voulons que l’utilisateur apprenne où il circule et qu’il apprécie le contexte géologique, les champs de lave, les cratères et les différents étages de végétation », explique-t-il.

Un atout pour la prévention des incendies

Le collectif affirme également respecter les fermetures temporaires qui pourraient être décrétées en raison de conditions météorologiques défavorables ou de risques d’incendie forestier. Mora, fort de ses 28 années d’expérience en tant que pompier forestier du Cabildo de Tenerife, établit un lien direct entre l’usage contrôlé de ces pistes et la surveillance du territoire. Selon lui, la présence occasionnelle de motos ou de véhicules 4×4 peut jouer un rôle dissuasif face à d’éventuels comportements illicites, y compris les incendies criminels.

Changer l’image des amateurs de sports motorisés

L’un des objectifs du collectif est de lutter contre l’image négative qui, selon Mora, pèse sur les utilisateurs de véhicules motorisés dans les espaces naturels. Il reconnaît que certains usagers adoptent des comportements inappropriés, mais refuse que tout le secteur soit stigmatisé. « Nous savons qu’il y a des éléments discordants qui utilisent les motos ou les véhicules d’une manière qui ne devrait pas être, mais nous ne voulons pas nous concentrer sur ces cas. Nous voulons que la moto tout-terrain et le 4×4 commencent à être identifiés comme des éléments pouvant également participer à la conservation de l’environnement », affirme-t-il.

Un précédent historique : l’incendie de 1995

Mora rappelle également le rôle crucial joué par les motards et les utilisateurs de 4×4 lors du grand incendie de 1995 à Tenerife. À l’époque, ils avaient collaboré aux opérations de soutien, au transport de nourriture, au ravitaillement et à l’acheminement de volontaires dans des zones difficiles d’accès. Pour le porte-parole, cet exemple démontre que la société peut bénéficier d’une communauté organisée et connaisseuse du territoire.

Vers un avenir plus respectueux de l’environnement

La Comunidad Offroad Tenerife défend l’idée que l’avenir de ces activités doit passer par une relation plus fluide avec l’administration, une réglementation claire et un engagement en faveur de véhicules toujours moins polluants, y compris des modèles électriques. Le message central du collectif est que l’usage responsable de la montagne n’est pas incompatible avec sa conservation. « Si la montagne n’est pas vécue, elle finit par mourir », résume Mora. Partant de ce principe, le collectif demande que des routes qu’il considère comme anciennes, utiles et dotées d’une valeur patrimoniale ne soient pas perdues, et qu’un dialogue s’engage pour garantir leur préservation grâce à un usage ordonné.

Une réunion décisive avec les autorités insulaires

C’est cet argumentaire que les membres du collectif défendront mercredi prochain lors d’une rencontre avec Blanca Pérez, conseillère du Cabildo de Tenerife, et Pedro Millán, directeur insulaire en charge du secteur. L’issue de cette réunion pourrait être déterminante pour l’avenir de ces deux routes historiques et, plus largement, pour la pratique du mototourisme régulé dans le parc national du Teide.

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