Une réunion demandée en urgence
Le gouvernement des îles Canaries a officiellement sollicité une rencontre avec Aena – le gestionnaire des aéroports espagnols – avant la fin du mois de juillet afin de réviser « en urgence » le nouveau dispositif qui restreint l’accès et le stationnement des bus à l’aéroport de Tenerife Sud. Cette requête fait suite aux incidents enregistrés le week-end dernier, où des touristes ont dû patienter plus d’une demi-heure dans des files d’attente. L’exécutif régional s’inquiète vivement de l’impact de cette mesure sur les transports collectifs, les entreprises de transport, la mobilité aéroportuaire et, plus largement, sur l’image touristique de l’île, principal moteur économique de l’archipel.
Un « tasazo » qui pose problème
La directrice générale des Transports et de la Mobilité, María Fernández, estime qu’il est nécessaire d’ouvrir « immédiatement » un espace de travail avec Aena pour analyser ce qui dysfonctionne, évaluer les conséquences de la mise en place de ce que l’on appelle déjà le « tasazo » (la hausse tarifaire) et trouver des solutions pour éviter que les problèmes ne se reproduisent. Le gouvernement canarien insiste sur le fait que la gestion des accès aéroportuaires doit être adaptée à la réalité opérationnelle des Canaries, où les bus constituent la seule alternative de transport public en commun pour relier les terminaux aux principaux centres urbains et touristiques.
Un manque d’information et de concertation
L’urgence de la réunion s’explique aussi par le fait que le gouvernement affirme « n’avoir reçu aucune information institutionnelle concernant la mise en œuvre définitive du système ». Dès décembre 2025, les Canaries avaient émis des réserves et, en janvier 2026, avaient demandé à Aena la suspension temporaire de la mesure ainsi que la convocation de la Commission de coordination aéroportuaire. Lors de cette instance, Aena avait, selon l’exécutif régional, annoncé un report de l’application du dispositif et promis d’étudier des solutions pour en réduire l’impact, notamment la création de zones d’attente et d’autres mesures organisationnelles. Or, le gouvernement canarien soutient qu’il n’a reçu depuis aucun détail sur l’évolution du dossier ni sur les alternatives envisagées. Aena, de son côté, a qualifié les incidents du week-end dernier de « ponctuels ».
Des retards inévitables qui pénalisent les transporteurs
Le principal point de désaccord porte sur le fait que la réglementation ne tient pas compte de paramètres courants dans un aéroport comme celui de Tenerife Sud. Les retards de vols, les contrôles documentaires pour les passagers internationaux, la livraison des bagages ou encore la nécessité de regrouper des voyageurs provenant de différents vols peuvent contraindre un bus à stationner plus longtemps que prévu au terminal. L’exécutif met en garde : ces retards ne sont pas toujours imputables aux entreprises de transport et les pénaliser risque d’augmenter les coûts, de compliquer l’organisation des transferts et de nuire aux tour-opérateurs. Il craint également qu’une opération plus contraignante pour les bus ne favorise le recours aux taxis, aux voitures de location et aux véhicules particuliers, entraînant une augmentation de la congestion aux abords de l’aéroport.
Corriger le tir avant la haute saison touristique
Le gouvernement a eu connaissance des premières difficultés par l’intermédiaire des entreprises de transport et des informations relayées dans les médias. Il souhaite donc que la réunion se tienne avant la fin du mois de juillet afin de corriger la situation au plus vite et d’éviter que le système ne continue de générer des problèmes en pleine période de forte activité touristique. La conseillère régionale des Travaux publics, du Logement et de la Mobilité défend l’idée que toute réglementation doit renforcer les transports collectifs, et non entraver leur fonctionnement. Selon elle, la situation affecte déjà le transport régulier de voyageurs, les conditions de travail des conducteurs, l’activité touristique et l’image des Canaries en tant que destination.
« Freiner de nouvelles perturbations et trouver une solution »
« La réunion doit servir à freiner de nouvelles perturbations et à trouver une solution avant que le système ne soit définitivement consolidé. Les incidents enregistrés ces derniers jours montrent qu’il est nécessaire d’ouvrir immédiatement un espace de travail avec Aena. C’est pourquoi nous avons demandé une réunion avant la fin du mois de juillet », insiste la directrice générale María Fernández. Elle rappelle que le fonctionnement des aéroports canariens exige davantage de flexibilité : « Les retards de vols, les contrôles documentaires pour les passagers internationaux ou la coordination nécessaire pour prendre en charge des voyageurs en provenance de plusieurs vols peuvent faire qu’un bus dépasse le temps de courtoisie prévu sans que cela relève d’une mauvaise pratique des entreprises de transport. »
Un appel au dialogue et à l’adaptation du système
Le gouvernement des îles Canaries demande désormais de suspendre les aspects du dispositif qui posent problème, de rétablir le dialogue institutionnel et de définir un système qui permette de concilier l’efficacité de l’aéroport de Tenerife Sud avec le fonctionnement normal des bus.
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