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Tenerife : feu vert controversé à une méga-centrale solaire à Arona

Synthèse réalisée avec l’aide d’une intelligence artificielle à partir d’informations en espagnol. Source sous l’article.

Le gouvernement des Canaries a donné son feu vert à une nouvelle macro-centrale photovoltaïque à Arona, dans le sud de Tenerife. L’installation occupera près de cinq hectares de terrain et couvrira de panneaux solaires une zone au fort potentiel agricole ainsi que des espaces nécessitant une protection environnementale, ce qui ne manque pas de susciter des remous.

Un projet solaire d’envergure porté par Disa

Avec un budget dépassant les 259 000 euros, le projet, promu par la société énergétique Disa, affichera une puissance de près de cinq mégawatts. Pour acheminer l’électricité produite jusqu’au réseau, une ligne de moyenne tension devra être déployée. Or, ce tracé traverse des ravins protégés, un point qui a déjà généré des divergences de vues entre les différentes administrations.

Le principal conflit réside précisément dans le fait que cette ligne d’évacuation est censée emprunter des terrains classés par le Plan insulaire d’ordination de Tenerife comme « zones de protection environnementale », où ce type d’installation est généralement interdit. Le cabildo de Tenerife, l’organe de gouvernement insulaire, a estimé que ces tronçons n’étaient pas conformes au plan d’aménagement et a proposé d’étudier un tracé alternatif. Il a également réclamé une justification plus détaillée afin de déterminer l’impact environnemental et paysager d’une infrastructure de cette ampleur.

Un environnement naturel fragile en première ligne

Le parcours de la ligne affecte en effet un habitat d’intérêt communautaire composé de différentes espèces autochtones, comme l’euphorbe douce (tabaibal dulce) et les baleras (plantes typiques des zones arides), ces dernières étant associées au lit du ravin de Llano Azul. Pour cette raison, le rapport de la direction générale du milieu naturel oblige Disa, à titre de mesure de protection, à renforcer le balisage des zones sensibles et à éviter tout déversement dans le lit du ravin pendant les travaux.

Dans le même ordre d’idées, les rapports du cabildo ont fait remarquer que la centrale implique de renoncer à l’exploitation agricole potentielle de ces terrains, actuellement envisagés pour une future réserve agricole stratégique. Disa a défendu pendant l’instruction du dossier que la parcelle est inutilisée depuis plus de trois décennies, qu’elle ne dispose pas d’un réseau d’irrigation à proximité et que ses caractéristiques la rendent plus adaptée à la production d’énergie solaire. Le cabildo a néanmoins alerté sur le fait que l’accumulation de projets photovoltaïques pourrait réduire progressivement les surfaces disponibles pour la reprise d’activités agricoles.

La mairie d’Arona vent debout

De son côté, la mairie d’Arona émet également des réserves quant à l’emplacement de la centrale. Le conseil municipal considère que ces terrains peuvent être « stratégiques pour l’avenir de la commune » et pour l’expansion potentielle des quartiers voisins, situés à seulement 220 mètres de distance. Les élus mettent en avant l’impact paysager dû à la proximité des zones résidentielles et estiment qu’il n’est pas approprié d’installer une infrastructure de ce type « pratiquement collée » aux habitations. Ils assurent qu’ils continueront à défendre la préservation de ces sols dans le cadre de leurs compétences.

Un contournement juridique contesté

Malgré ces divergences, le projet a trouvé une voie pour contourner les incompatibilités détectées avec le plan d’urbanisme. En janvier 2025, le gouvernement des Canaries a déclaré l’installation d’intérêt général, puis, par le décret 101/2026, a ordonné son exécution et la modification du plan d’urbanisme concerné. Cette décision a été justifiée par la nécessité de stimuler la production d’électricité à partir de sources renouvelables aux Canaries. L’autorisation déclare désormais l’installation d’utilité publique, une disposition qui prend une importance particulière car elle permet d’intervenir sur les terrains nécessaires à la construction du raccordement au réseau.

Le problème est que Disa, bien qu’elle dispose des parcelles où seront posés les panneaux, ne possède pas une grande partie des terrains que traversera la ligne d’évacuation. Cette déclaration permet donc de recourir à l’expropriation forcée des biens et droits concernés si aucun accord n’est trouvé avec leurs propriétaires, rendant ainsi possible la réalisation du raccordement. Pour ce faire, l’entreprise énergétique disposera d’un délai maximum de cinq ans pour exécuter et mettre en service l’installation à compter de l’obtention du permis d’accès au réseau, avec une prorogation exceptionnelle possible jusqu’à huit ans.

Des conditions strictes avant le début des travaux

Toutefois, l’autorisation ne permet pas à Disa de commencer les travaux immédiatement. Le permis est conditionné au respect d’une série d’exigences environnementales, patrimoniales et techniques qui devront être satisfaites avant la phase de construction. L’entreprise devra notamment intégrer au projet d’exécution une section spécifique sur le respect de l’ordonnance insulaire régulant les installations photovoltaïques et éoliennes, ainsi qu’élaborer une étude des valeurs patrimoniales des terrains comprenant une prospection archéologique pour vérifier l’absence de vestiges ou d’éléments d’intérêt.

Par ailleurs, des contrôles environnementaux devront être réalisés pour évaluer l’impact sur l’œdicnème criard, un oiseau endémique particulièrement sensible à la transformation du sol et présent dans les environs de l’installation. Le suivi devra permettre de vérifier si la centrale provoque le déplacement de ces oiseaux, la perte de leur habitat ou des difficultés pour leurs déplacements. Pour leur protection, la clôture devra comporter des signaux visibles intercalés dans le grillage afin de réduire le risque de collision, ainsi qu’un éclairage nocturne par système de détection de présence.

La direction générale de la santé publique a également recommandé de réduire les émissions de poussières, de bruit et de vibrations pendant les travaux, et de réaliser des mesures des champs électromagnétiques dans les zones proches du tracé de la ligne d’évacuation. La flore autochtone susceptible d’être affectée par les mouvements de terre devra être protégée, avec un transfert en pépinière en vue de sa réintroduction ultérieure dans des zones libres de l’installation.

Si les travaux commencent finalement, la centrale, baptisée Llano de los Bebederos I, comptera 8 610 modules photovoltaïques de 700 watts chacun, capables de capter le rayonnement solaire sur leurs deux faces, installés sur des structures ancrées au sol.

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