canaries rejets eau mer autorisation

Canaries : 398 rejets d’eau à la mer, la moitié sans autorisation

Un inventaire en baisse, des inquiétudes à relativiser

L’archipel des Canaries compte actuellement 398 points de rejet d’eau de terre vers la mer. C’est cinq de moins que l’année précédente, mais la moitié d’entre eux (51%) ne disposent pas d’autorisation. « Cela ne signifie pas qu’ils sont polluants », tient à clarifier Ángel Montañés, directeur général de la Transition écologique et de la Lutte contre le changement climatique, qui ajoute qu’il n’y a pas lieu de « préoccuper les citoyens ». Il maintient ouverte la possibilité que « si ce n’est pas 85% », comme annoncé initialement, du moins un chiffre proche de ce pourcentage obtienne une autorisation l’année prochaine.

Les difficultés pour parvenir à cette normalisation peuvent être « à la fois techniques et documentaires », poursuit Montañés. C’est pourquoi la liste des rejets non autorisés comprend des infrastructures aussi stratégiques que, par exemple, la station d’épuration des eaux usées (EDAR) du théâtre, dans la capitale de Grande Canarie. Le directeur général insiste sur le fait que dans la grande majorité des cas, même sans autorisation, il s’agit de rejets qui ne génèrent pas « d’impact environnemental ».

Si l’on ajoute ceux dont le processus de régularisation est en cours mais pas encore abouti, le taux de rejets non autorisés s’élève à 68,5%. Autrement dit, pour atteindre l’objectif fixé par le département de la Transition écologique et de l’Énergie du gouvernement régional il y a un an, il faudrait réduire ce taux de 53,5 points au cours des derniers mois de la législature, ce que Montañés considère encore possible.

Un optimisme fondé sur l’accélération des procédures

Le directeur général de la Transition écologique et de la Lutte contre le changement climatique fonde son optimisme sur l’accélération donnée à ces travaux ces dernières années. « De nombreuses discussions sont engagées », raconte-t-il à propos du travail mené dans ce domaine, ce qui lui permet de se montrer « très optimiste ». Les « procédures sont extrêmement complexes », ajoute-t-il, et si les engager constitue un grand pas, la résolution finale tarde à venir plus qu’il ne serait souhaitable.

La compétence du département est « très limitée », poursuit Ángel Montañés. Elle se limite essentiellement à « autoriser les rejets conformément à la législation en vigueur ». Ce sont les cabildos (conseils insulaires) et les mairies qui assument l’essentiel du travail, et c’est avec eux que la collaboration s’organise pour améliorer le degré de certification des rejets.

Des rythmes différents selon les îles

Il y a des acteurs plus ou moins actifs. Parmi les premiers, le directeur général cite le cabildo et les municipalités de Tenerife. « Ils travaillent de leur propre initiative », souligne-t-il, et ce depuis longtemps, tandis qu’à Grande Canarie « la préoccupation » pour ce sujet « est plus récente », note Montañés. Les plus grandes lacunes en moyens techniques sur cette dernière île expliquent en fin de compte l’existence de « rythmes différents » dans le traitement du problème.

Néanmoins, Montañés précise que l’intérêt « existe » partout pour réduire la pression des rejets non autorisés sur la liste gérée par sa direction générale. Il est certain que l’intensité du travail mené dans ce domaine déterminera l’arrivée plus ou moins précoce au point souhaité, une échéance qu’il estime pour Tenerife à « quelques années ». Atteindre ce jalon aurait en soi pour effet de montrer aux autres îles la possibilité d’obtenir le même résultat.

Un recensement évolutif et une technologie en progrès

Le recensement a été rendu public pour la première fois l’année dernière. Les travaux de recherche sont restés actifs et bien que les chiffres donnés à l’époque aient été très proches des chiffres définitifs actuels, le travail d’inspection en a découvert d’autres. « Et certains ont aussi été retirés », précise-t-il. Il illustre ce dernier cas avec une piscine qui disposait d’une autorisation de rejet à la mer, mais dont les propriétaires « ont acquis un nouveau système qui rend cela inutile », ce qui a conduit au retrait.

Dans le sens inverse, le travail d’inspection découvre de nouveaux rejets qui n’étaient pas auparavant au catalogue. « Nous avons contracté un nouveau système », indique Ángel Montañés. Les progrès technologiques permettent de détecter ce qui échappait auparavant à l’œil du département. Dans tous les cas, les rejets de plus grande taille sont contrôlés, ce qui constitue précisément le rôle principal de la communauté autonome dans ces situations. « Cela et accélérer les processus autant que possible », ajoute le directeur général, afin d’autoriser ceux qui n’ont pas encore de permis.

Tenerife et Grande Canarie en tête, le tourisme en cause

Par île, c’est Tenerife qui accumule le plus grand volume de points de rejet d’eau à la mer, avec 176 points, loin devant les 116 de Grande Canarie, deuxième île la plus concernée par cette question. Cependant, l’écart se réduit lorsqu’il s’agit de comptabiliser ceux qui rejettent sans autorisation : 73 points d’émission à la mer à Tenerife contre 70 à Grande Canarie.

Ces deux îles sont celles qui présentent la plus grande activité économique et, aussi, celles qui accueillent le plus grand volume de touristes. L’activité d’hébergement génère des besoins de traitement des eaux que les autres n’ont pas. La preuve en est que parmi les îles non capitalines, Fuerteventura (38) et Lanzarote (36) se distinguent comme les suivantes sur la liste, précisément celles où l’industrie de l’hébergement a le plus de poids dans leur PIB respectif. La Palma (17), La Gomera (11) et El Hierro (4) complètent le dernier décompte, arrêté la semaine dernière.

L’espoir d’un risque zéro

Les processus engagés dans toutes les îles pour la régénération des eaux usées maintiennent vivace l’espoir du directeur général de la Transition écologique et de la Lutte contre le changement climatique de voir un archipel à risque zéro de rejets polluants. Ce qu’Ángel Montañés affirme aujourd’hui, c’est qu’il n’existe aucun motif d’alarme et que la qualité générale des eaux côtières « est bonne ».

Source

Retour en haut
Share via
Copy link